Les finances de Disney impactées par son grand plongeon dans le streaming

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La plateforme de streaming Disney + sera disponible à compter du 12 novembre aux Etats-Unis, à partir de 6,99 euros par mois.
La plateforme de streaming Disney + sera disponible à compter du 12 novembre aux Etats-Unis, à partir de 6,99 euros par mois. (Crédits : Capture d'écran / Disney +)
Le géant américain du divertissement a publié mardi 6 août des résultats trimestriels jugés décevants, avec un bénéfice net en baisse de 51%. En cause : l'intégration de la 21st Century Fox, racheté pour 71,3 milliards de dollars, et de nombreux investissements en prévision du lancement de Disney +, sa plateforme de streaming vidéo.

Période de transition pour Disney. La firme californienne a présenté mardi 6 août des résultats trimestriels jugés décevants. Son bénéfice net sur la période s'élève à la somme astronomique de 1,437 milliard de dollars, mais il est en baisse de 51% sur un an. Son chiffre d'affaires a bondi de 33% à 20,245 milliards de dollars. Ces montants sont pourtant inférieurs aux attentes des analystes, tout comme le bénéfice par action ressorti à 1,35 dollar là où Wall Street attendait 1,72 dollar. L'action abandonnait ainsi 2,7% vers 20H50 GMT, le premier choc étant passé alors qu'elle avait perdu près de 5% immédiatement après la publication des résultats.

"Nos résultats du 3ème trimestre (ndlr : de son exercice fiscal décalé) reflètent nos efforts d'intégrer de façon efficace les actifs de 21st Century Fox pour améliorer et faire progresser notre transformation stratégique", a expliqué le Pdg de Disney, Bob Iger, dans un communiqué.

Disney a conclu le rachat de la 21st Century Fox pour 71,3 milliards de dollars en mars dernier. Le groupe a été grevé par une performance très inférieure aux attentes de certains segments de Fox au cours du dernier trimestre. Ainsi, 21st Century Fox a perdu à lui seul 170 millions de dollars à cause du flop de "Dark Phoenix", la dernière itération de X-Men. Le Pdg de Disney a reconnu que les performances du studio étaient "bien en deçà de ce qu'il avait réalisé par le passé et très en deçà de ce que nous espérions quand nous avons fait l'acquisition", lors d'une conférence téléphonique avec des analystes financiers, rapporte l'AFP. "J'ai confiance que nous arriverons à redresser la situation (...) et vous verrez les résultats dans deux ans", a-t-il promis.

Prise de contrôle de Hulu pour muscler l'offre Disney +

En parallèle, Disney a également pris le contrôle opérationnel de la plateforme de streaming Hulu. Le géant américain détient désormais 60% d'Hulu, qui revendique déjà plus de 25 millions d'abonnés. Avec ces différentes acquisitions, Disney muscle sa capacité à proposer des programmes variés en vue du lancement de son offre de streaming Disney +, le 12 novembre aux Etats-Unis. C'est le plus gros pari du groupe pour sa transformation numérique, élu "plus grande priorité de l'entreprise pour cette année" selon la firme de Mickey Mouse.

| Lire aussi : Streaming : ce que Disney concocte pour s'imposer face à Netflix

Pour séduire les spectateurs, les plateformes de streaming se livrent à une guerre du contenu. Le challenge est identique pour tout le monde : proposer un large choix de programmes - y compris des contenus sous licence (vieux films, séries populaires, dessins animés cultes) - mais aussi des programmes originaux pour se distinguer de la concurrence.

"Disney+ va devenir le service de streaming exclusif de notre vaste vidéothèque de films et de séries, de tout le contenu National Geographic, de tous les films Disney, Pixar, Marvel et Star Wars à venir et une foule de programmes originaux de qualité (...)", a affirmé le patron de Disney.

Disney + casse les prix face à Netflix

Dans cette optique, Disney a décidé de récupérer l'intégralité de son catalogue qui dormait sagement chez Netflix. Le groupe s'attend à perdre 150 millions de dollars à cause de la cessation de contrats de licence avec Netflix cette année, selon un article de CNBC publié en mars dernier. Sans compter les dépenses engrangées pour la production de ses contenus originaux, pour lesquelles aucune communication officielle n'a été faite.

Alors que Netflix a pris une longueur d'avance depuis 2011, et revendique déjà plus de 151 millions d'abonnés dans le monde, Disney a décidé de casser les prix. Son service sera disponible à partir de 6,99 dollars par mois - quand l'offre Netflix débute à 9 dollars et jusqu'à 16 dollars. Selon l'AFP, le patron du groupe a annoncé une offre groupée comprenant Disney+, ESPN (les chaînes de sport) et Hulu pour 12,99 dollars par mois.

Le géant du divertissement pourrait devenir un adversaire de taille dans le streaming. À terme, Disney pourrait séduire 160 millions d'abonnés dans le monde, selon une note de JP Morgan dévoilée en mars dernier.

"Il existe aujourd'hui davantage de plateformes de streaming vidéo qu'il n'en restera à terme. Mais nous ne doutons pas que Disney + restera sur la liste des services devant prévaloir à long terme", écrit JP Morgan. "Notre confiance dans le succès résilient de Disney + provient de la reconnaissance inégalée de sa marque, de son contenu premium complet et de son écosystème sans précédent pour commercialiser son service."

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