Si le groupe de Mark Zuckerberg parvient à dominer le marché des casques de réalité virtuelle, il peine à créer des applications à succès pour son métavers, dont la fréquentation est faible. La technologie, bien que prometteuse, semble encore trop immature aux yeux des utilisateurs, ce qui fragilise Meta à court et moyen terme. Décryptage.
C'est un anniversaire peu festif. Dans moins de dix jours, Meta, ex-Facebook, fêtera les un an de son virage stratégique dans le métavers, marqué par son changement de nom. Le fondateur du groupe, Mark Zuckerberg, l'avait lui-même annoncé à l'occasion de la conférence annuelle Facebook Connect, et c'est de nouveau lui qui s'est présenté devant le public à l'édition suivante, renommée Meta Connect, qui se tenait la semaine dernière.
Entre ces deux événements, le cours de l'action Meta s'est effondré de 60%, frappé plus de deux fois plus fort par la crise des valeurs tech que les autres Gafam (Google, Amazon, Apple, Microsoft). Dit autrement, le groupe a perdu plus de 700 milliards de dollars de valorisation. Le changement d'identité n'explique pas à lui seul cette chute, mais il y a participé.
Mais la sauce n'a pas encore pris auprès du grand public, les consommateurs. Les ventes de casques de VR n'ont pas explosé comme prévu et surtout, le groupe peine à peupler ses métavers, rassemblés dans sa plateforme Horizon Worlds. Celle-ci ne fédère que 200.000 utilisateurs actifs dans le monde, une douche froide pour Meta. Résultat, pour chaque dollar investi dans sa branche Reality Labs, le groupe en perd cinq. Alors forcément, l'entreprise était attendue au tournant à sa conférence annuelle, pour voir comment elle redresserait la barre.
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Mark Zuckerberg a commencé avec la présentation d'un nouveau casque de VR, deux ans après celle du Quest 2, le dernier en date. Le nouvel arrivé dans la gamme de Meta s'appelle le Quest Pro, et il s'agit d'un appareil premium, qui comme son nom l'indique, s'adresse au marché professionnel et notamment aux architectes et autres ingénieurs avec des besoins de modélisation 3D. Une poignée de médias américain, dont The Verge, ont pu tester le précieux objet. A 1.499 dollars, soit près de quatre fois le prix du Quest 2, le Quest Pro intègre deux technologies très attendues. D'un côté, le « eye tracking », c'est-à-dire le suivi précis du regard grâce aux caméras, qui permet entre autres un meilleur rendu des expressions faciales. De l'autre, la réalité mixte, c'est-à-dire la possibilité de voir son environnement réel et les objets virtuels en même temps.