Uber, Netflix, Airbnb, WeWork : quand le mythe de la Silicon Valley se fracasse sur la réalité
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© Robert Galbraith / Reuters
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Tous voulaient « changer le monde ». Révolutionner nos usages grâce au numérique, détruire la « vieille économie » , casser les rentes, et devenir très riches au passage. Dans les années 2010, Uber, Netflix, Airbnb et WeWork ont été les têtes d'affiche de la Silicon Valley. Après les Gafam, qui ont chamboulé l'ordre mondial de l'économie dans les années 2000, ces nouveaux disrupteurs ont incarné la puissance de la révolution numérique, grâce à des innovations qui ont pris les acteurs traditionnels de cours et chamboulé durablement le paysage.
Ainsi, grâce à Netflix, il est désormais dans les usages de centaines de millions de personnes de regarder la télévision par Internet et de laisser à un algorithme le soin de nous suggérer des contenus adaptés à nos goûts, à regarder quand bon nous semble. Rentrer chez soi le soir quand les transports en commun sont fermés n'est plus un problème : Uber a simplifié et démocratisé l'usage du transport de passagers avec chauffeur et a forcé la profession des taxis à se moderniser. Airbnb a permis à n'importe quel particulier de louer son bien et de partir n'importe où dans le monde sans passer par un hôtel, tout en bénéficiant s'il le souhaite de prestations dignes de l'hôtellerie. Enfin, WeWork a contribué à démocratiser le travail collaboratif et hybride en transformant l'immobilier de bureau en une prestation de services modulable à loisir.
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Ces innovations d'usage majeures ont été récompensées par une adoption massive du grand-public et des valorisations extraordinaires. En 2021, Netflix, Airbnb et Uber ont atteint leur pic historique en Bourse : plus de 300 milliards de dollars pour le premier, 120 milliards pour le deuxième et 91 milliards pour le troisième. De son côté, WeWork a connu son pic en 2019, quand il était valorisé 47 milliards de dollars avant son entrée en Bourse, avant que sa bulle n'explose.