Lever des fonds en période de crise, mission impossible pour les startups?
Corentin Dautreppe, AFP

Photo d'illustration
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La jeune pousse Boks est plutôt originale, en cette période d'assèchement des liquidités: elle s'apprête à communiquer sur la clôture d'une levée de fonds! Elle a été finalisée "juste avant le confinement", explique à l'AFP son co-fondateur Olivier de Rodellec.
Malgré tout, le plan de vol de l'entreprise d'une dizaine de salariés, qui veut faciliter la réception des colis à domicile, est bousculé.
Idem pour l'entreprise de scooters électriques partagés Cityscoot, qui a vu son activité diminuer "de 90%" depuis le début du confinement, et a clos une levée de 30 millions d'euros fin février. "Nous avons suffisamment de trésorerie pour tenir, mais notre plan d'investissements est en suspens, et nous pourrions enregistrer un exercice en perte, contrairement à notre objectif de rentabilité", explique un porte-parole de l'entreprise à l'AFP.
Un acteur du capital-risque de la place parisienne estime même, sous couvert d'anonymat, qu'"à peu près 10%" des entreprises de son portefeuille font face "à un risque létal".
Dans ce contexte, la priorité pour les capital-risqueurs n'est pas de miser sur de nouvelles pousses, mais de sécuriser les entreprises qu'ils ont déjà dans leurs portefeuilles.
Le secrétaire d'Etat au Numérique Cédric O s'attend lui aussi à une forme de "frilosité" de la part des fonds de capital-risque, à qui il a demandé jeudi d'assumer "leur part de soutien aux startups".
Le coprésident de la commission "venture & growth" de France Invest, l'association française du capital-investissement, craint pour les très jeunes entreprises qui n'ont pas encore trouvé leur modèle, ou pour celles qui "avaient déjà beaucoup grossi et réussi à lever beaucoup de financement" sans rentabilité.
Quant au fond dont il est associé, Whitestar Capital, il investit dans des start-up déjà au stade de l'internationalisation. Elles sont moins à risque, mais il leur a été recommandé "d'adopter des mesures financières pour avoir 12 à 18 mois de cash" en cas de crise prolongée.
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Cédric O a annoncé jeudi que l'Etat maintiendrait, à travers Bpifrance, son soutien aux entreprises innovantes, comme les années précédentes. Et présenté un plan d'aide censé aider les startups à survivre à la crise.
De quoi réchauffer les capital-risqueurs frileux?
Corentin Dautreppe, AFP