Que valent vraiment les simulateurs de retraite en ligne ?

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Photo d'illustration. Ouvert au public depuis juin 2006, le simulateur officiel Ma Retraite en Ligne ne donne qu'une vision de la législation actuelle.
Photo d'illustration. Ouvert au public depuis juin 2006, le simulateur officiel Ma Retraite en Ligne ne donne qu'une vision de la législation actuelle. (Crédits : DR)
Du plus officiel au plus mercantile en passant par les plus militants: les simulateurs de retraite se multiplient en ligne pour répondre aux inquiétudes des actifs face à une législation complexe et changeante.
  • M@rel: officiel et (presque) omniscient

Ouvert au public depuis juin 2006, le simulateur officiel Ma Retraite en Ligne est accessible via le portail d'information du GIP (groupement d'intérêt public) Union Retraite (qui a succédé au GIP Info Retraite en 2014).

Gratuit, le simulateur permet aux salariés, indépendants ou fonctionnaires d'obtenir une évaluation de leur future pension à différents âges de départ, y compris en faisant des hypothèses sur leur carrière.

Surtout, il est connecté aux régimes auxquels l'assuré est affilié et les salaires annuels et trimestres acquis sont donc pré-remplis. En revanche, il ne donne qu'une vision de la législation actuelle et n'entend pas proposer de comparaison entre le système actuel et un régime universel de retraite par point.

Lire aussi : Retraites: le gouvernement parachève son projet tandis que la grève se durcit

  • CGT, Sud Education ou Snes: des simulateurs militants

Développés par les syndicats, ces simulateurs entendent donner "une projection de ce que pourrait être un système universel par points", à partir des informations encore très parcellaires données en juillet dans le rapport du Haut-Commissaire à la réforme des retraites de Jean-Paul Delevoye.

Ces simulateurs se veulent donc surtout pédagogiques, et mobilisateurs, en expliquant par exemple l'incidence de la valeur du point retraite sur les pensions. À côté des estimations obtenues, ces simulateurs fournissent des points de comparaison issus de leurs revendications ou de la situation actuelle.

"On fait le point sur la réforme. Sa logique change profondément le système que nous connaissons et va entraîner une baisse des pensions", écrit le syndicat d'enseignants Snes.

"Le simulateur individuel, il faut qu'on en ait fixé les paramètres. Quand je vois parfois des simulations qui sont faites par des journaux ou des gens qui font des sites, c'est de la pipe complète", avait dit en octobre le président de la République Emmanuel Macron interrogé sur le sujet lors du grand débat sur les retraites.

Pour ne pas risquer une fausse estimation, un collectif "citoyen", qui avait dénoncé en juillet les simulations trompeuses du gouvernement, a créé un faux simulateur qui ne donne pas de réponse individualisée mais renvoie à une représentation d'une baisse généralisée des pensions.

"Si le gouvernement conteste ces simulations, libre à lui de mettre à disposition des salarié-e-s un outil comme celui que nous proposons !", écrit de son côté le syndicat Sud éducation.

Lire aussi : Réforme des retraites : "l'oubli" très gênant de Jean-Paul Delevoye

  • Banques, assurances: et pourquoi pas un plan d'épargne ?

Les simulateurs proposés par les banques et les assurances sont surtout intéressés et servent à faire la promotion de leurs produits financiers. Beaucoup utilisent le même logiciel développé par la société Harvest, un éditeur informatique spécialisé sur les métiers du conseil financier et patrimonial.

"Ce simulateur vous permet d'estimer le montant de [votre retraite] et d'anticiper une potentielle perte de niveau de revenu, afin de prendre les bonnes décisions dès maintenant", écrit par exemple la banque HSBC.

"La réalisation d'un bilan retraite est souvent le préalable à la mise en place de solutions adaptées à la situation financière et professionnelle du futur retraité", avait déclaré dans un communiqué la directrice de la banque de détail et de l'assurance à La Banque Postale Catherine Charrier-Leflaive.

La société Maximis Retraite, spécialisée en optimisation de retraite et gestion de fin de carrières, a conçu de son côté un simulateur en ligne gratuit qui renvoie vers des offres de conseil, payantes.

Lire aussi : Retraites : "Nous tiendrons jusqu'au retrait", prévient Philippe Martinez

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Commentaires
a écrit le 11/12/2019 à 16:19 :
Une contribution sensée a disparu...
Bizarre.
Cordialement
a écrit le 10/12/2019 à 20:28 :
"et d'anticiper une potentielle perte de niveau de revenu" c'est habituellement le cas quand on prend sa retraite, qui gagne plus après qu'avant ? Entre 80% pour certains et 50% pour d'autres, on a jamais 100% des revenus antérieurs (sinon à quoi bon être actif ? :-) ). Pour ça aussi que le prélèvement à la source est censé éviter d'avoir à payer l'IR sur les revenus élevés de l'année précédente mais avec des revenus amenuisés, comme ça a été le cas dans le passé (besoin d'épargner pour ça, pas bon pour la consommation).
Avec le système à points, on saura chaque jour quelle sera la pension si on partait de suite, vs la valeur courante du point, quelque soit le parcours, les multiples métiers exercés. Des étudiants demandent même à en avoir, ces points, pendant leurs études, sinon ça les fera travailler longtemps. :-)
a écrit le 10/12/2019 à 18:29 :
Le nouveau système par point est bien plus simple que l'ancien qui était imprévisible sauf pour ceux qui font toute leur carrière dans une seule entreprise. Le montant global des recettes du nouveau régime universel est proportionnel à la masse salariale nationale. Il est vrai que la masse salariale des fonctionnaires, élus et contractuels est très imprécise...
Le nombre de points collectés par chacun représente sa part du gateau. Reste la question des points cadeaux octroyés pour autant de raisons qu'il y a de diversité d'emploi.
a écrit le 10/12/2019 à 13:35 :
Ça pue la défaite.

"Oui il y a bien une lutte des classes mais c'est ma classe, celle des riches, qui la fait, et nous gagnons." Warren Buffet
Réponse de le 11/12/2019 à 9:50 :
@ multipseudos:

"« Tout va très bien pour les riches dans ce pays, nous n’avons jamais été aussi prospères. C’est une guerre de classes, et c’est ma classe qui est en train de gagner »"

Et j'en remets une seconde: ""Le système des impôts a complètement dévié en faveur des riches aux dépens des classes moyennes. C'est dramatique.""

Bien entendu je t'ai signalé hein et si je peux pas et-c...

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