Réduire la fracture numérique, une priorité pour la relance ?
Pierrick Yvon, AFP
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Alessandro Bianchi
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"Ce confinement a été vivable en partie parce qu'il y a eu le numérique": le secrétaire d'Etat au numérique Cédric O ne sera a priori pas démenti par des millions de Français séparés physiquement de leurs proches pendant deux mois, ni par les cinq millions de salariés passés brusquement au télétravail.
Entre les loisirs, l'école à la maison ou encore les effets du chômage partiel, le constat d'une "explosion des usages professionnels et de la consommation personnelle" est général. Mais la crise sanitaire a interrompu les efforts de l'Etat, des collectivités locales et des entreprises engagées dans le plan France Très Haut Débit (PFTHD), lancé en 2013 et doté de 20 milliards d'euros, et dont l'objectif initial était de couvrir 80% du territoire d'ici 2022. Elle a aussi mis en lumière une fracture numérique toujours criante: "dans les zones rurales, ça a été l'horreur", résume le maire de Deauville Philippe Augier, qui organisait mardi et mercredi les États généraux des Réseaux d'initiative publique (RIP), les collectivités qui financent le déploiement dans les zones rurales.
Dans le Calvados, le déploiement du Très haut débit (THD) via la fibre optique a pris selon l'édile "six mois de retard". C'est pourtant un des départements les mieux pourvus en la matière alors que des régions entières, notamment la Nouvelle-Aquitaine et Bourgogne-Franche-Comté, présentent de vastes zones blanches.
Géographique, la fracture est aussi celle des usages, de ces "13 millions de Français qui ne savent pas se servir d'internet", selon Cédric O pour lequel l'accès au numérique est un "droit", "quasiment aussi important que l'accès à l'eau potable, au gaz ou à l'électricité. C'est une question de service de base, une question démocratique aussi, pour s'informer".
Un outil démocratique mais d'abord économique: sursollicité pendant la crise alors que des filières entières étaient mises à l'arrêt, le secteur du numérique a prouvé sa résilience et doit désormais rapidement se muer en "pilier de la relance économique", selon le ministre de la Ville et du Logement Julien Denormandie.
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Pierrick Yvon, AFP