Le Numa veut accélérer et changer d'échelle... à l'image des nombreuses startups que le pionnier des accélérateurs français de jeunes pousses accompagne. Installé depuis dix-huit mois dans un immeuble rue du Caire (2e arrondissement de Paris), devenu le point de ralliement de l'écosystème numérique parisien, l'ex-Silicon Sentier veut partir « à la conquête du monde » : après l'ouverture d'un Numa Moscou en mars, l'association, née il y a quinze ans, compte s'implanter « dans 15 écosystèmes dans les quatre années à venir», dont deux autres de plus cette année.
Sur la carte présentée, on distingue quelques villes possibles, Tunis, Le Caire, Pékin, Buenos Aires. Les Frenchies n'iront pas sur les terres des références mondiales de l'accélération, le californien Y Combinator et Techstars, de Boulder, au Colorado, qui a ouvert des antennes à Londres et tout récemment à Berlin. « Il n'y a pas besoin d'un Numa dans la Silicon Valley » reconnaît Marie-Vorgan Le Barzic.
Le Numa revendique un savoir-faire : depuis la création du programme du Camping, il y a quatre ans, l'équipe a accéléré 76 startups, dont 90% sont toujours en activité, qui ont levé 30 millions d'euros en cumulé et fait l'objet de rachat (comme Mesagraph par Twitter) pour 50 millions d'euros. En mars, 650 startups ont déposé leur candidature pour la nouvelle saison qui va démarrer, alors qu'une trentaine seulement seront retenues.
Des contacts ont été pris avec des partenaires locaux déjà actifs sur place, avec lesquels créer un Numa en co-entreprise, dans un lieu préexistant, comme en Russie avec Ob'vious. L'objectif est de créer un pont entre l'écosystème français et local, afin d'aider les startups françaises à s'exporter et démultiplier les possibilités de collaboration.
Le Numa - pour numérique et humain - s'est fixé pour objectif dans les quatre ans à venir de participer à la transformation numérique de 250 grandes entreprises, d'accélérer 700 startups, dont deux tiers de françaises, et d'y investir, pour un montant cumulé de l'ordre de 24 millions d'euros (y compris les plus-values réinvesties). Le Numa "puissance 15" devrait réaliser 13 millions d'euros de chiffre d'affaires en 2019, contre 2,6 millions l'an passé.
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Pour cela, l'association, à l'origine de la création de la Cantine en 2008, se transforme en entreprise (SAS), en transférant ses actifs, pour ensuite ouvrir son capital, en menant une campagne de financement participatif en actions sur la plateforme Smart Angels (ticket de 500 euros minimum donnant droit à 5 actions), une opération d'"equity-crowdfunding" inédite baptisée "yes we crowd", afin de lever au minimum 100.000 euros et au maximum 1 million d'euros, le plafond légal, représentant au plus 12,5% du capital.
Cette première étape sera suivie d'un autre tour de table pour compléter les besoins de financement de ce plan de développement ambitieux, estimés à « moins de 10 millions d'euros.» En 2014, le budget annuel du Numa était de 3 millions d'euros, couvert aux deux tiers par ses ressources propres (locations d'espaces de coworking, notamment), le solde par les partenaires (Orange, BNP Paribas) et un reliquat de subvention de la Région Ile-de-France. Le Numa a d'ailleurs déposé un dossier de candidature auprès du fonds French Tech Accélération, doté de 200 millions d'euros et géré par Bpifrance, qui vient de réaliser son tout premier investissement dans l'accélérateur lyonnais Axeleo.
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L'équipe du Numa a préféré se projeter à l'international que de s'implanter dans des métropoles French Tech, estimant que le travail avait déjà été fait avec le réseau des Cantines. Lieu incontesté de rassemblement des acteurs du numérique à Paris, le Numa devra en revanche dans dix-huit mois à deux ans faire face à la concurrence de la Halle Freyssinet, « le plus grand incubateur du monde » financé par Xavier Niel, qui devrait accueillir 1.000 startups et organiser des événements, et doit devenir le lieu emblématique de la French Tech et la future locomotive de l'entrepreneuriat numérique français. Mais le fondateur et actionnaire de Free a précisé que la Halle « s'intégrerait dans l'écosystème parisien. »
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