Infrastructures, réseaux, nouvelles fréquences  : il va falloir investir

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Le plan très haut débit du gouvernement a pour but de permettre à tous les foyers français d'être connectés en fibre optique FTTH d'ici à 2022.
Le plan très haut débit du gouvernement a pour but de permettre à tous les foyers français d'être connectés en fibre optique FTTH d'ici à 2022. (Crédits : © Lisi Niesner / Reuters)
[ SÉRIE : Télécoms et investissement 1/4 ] En France et dans le monde, la consommation d'Internet va crescendo et les usages numériques explosent. Face à cela, les opérateurs télécoms doivent donc investir constamment dans leurs réseaux pour répondre à la fringale en bande passante des individus et des entreprises. "La Tribune" vous propose, en quatre parties, de faire le bilan français des télécoms.

C'est le nerf de la guerre. Dans les télécoms, l'investissement revêt une importance fondamentale. S'ils veulent conserver leurs précieux abonnés, les Orange, Numericable-SFR, Free et Bouygues Telecom ne peuvent relâcher la pression sur ce poste. Dans l'Internet fixe, ils consacrent ainsi des milliards d'euros au déploiement de la fibre optique sur tout le territoire. Cette technologie permet d'acheminer des monceaux d'informations bien plus rapidement qu'avec la vieille ADSL.

Dans le mobile, ils sont également engagés dans une course au très haut débit pour démocratiser la 4G. En ce moment, ils luttent pour obtenir de nouvelles fréquences, et ainsi faire face à l'augmentation du trafic. À l'heure où disposer d'un bon réseau devient fondamental, les opérateurs se sont aussi mis d'accord, sous l'impulsion du gouvernement, pour mettre un terme aux « zones blanches », ces communes où le mobile ne passe toujours pas. En parallèle, les acteurs sont de moins en moins centrés sur leurs activités de fournisseurs de connexion. Pour se démarquer, ils misent sur des services à valeur ajoutée, liés à l'Internet des objets ou aux services de vidéo à la demande.

Toutefois, en 2014, les investissements dans les télécoms ont baissé de 300 millions d'euros, passant sous le seuil des 7 milliards d'euros. La bataille pour le rachat de SFR explique en partie cette chute : dans l'intervalle, l'opérateur a levé le pied sur ce poste, ce qui n'est pas étranger à la dégradation de la qualité de service... Dans un climat de tension sur les prix, nombre de spécialistes jugent ainsi qu'un retour à trois acteurs géants, synonyme d'une moindre concurrence, pourrait leur redonner plus de marges de manoeuvre. En outre, les opérateurs télécoms français espèrent bien avoir leur part du gâteau des 315 milliards d'euros du plan Juncker, destiné à relancer la croissance au niveau européen.

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PREMIÈRE PARTIE : "La connexion domestique"

Internet fixe, la course à la fibre (1/4)

Le trafic Internet explose, c'est un fait. D'après une étude de l'équipementier réseau américain Cisco, celui-ci devrait être multiplié par trois durant la période 2014-2019 dans le monde. Outre le nombre croissant d'internautes, les usages nouveaux issus de la révolution numérique sont les principaux responsables de cette croissance. Flambée de la consommation de vidéos sur mobile, arrivée dans les foyers de la télévision 4K (ultra-haute définition), multiplication des objets connectés... Pour répondre à cette demande exponentielle en bande passante, les opérateurs sont donc engagés dans une course au très haut débit, synonyme de déploiement et de modernisation constante de leurs infrastructures.

Pour ce qui concerne l'Internet fixe, c'est notamment la raison pour laquelle le gouvernement a lancé le plan « France très haut débit ». Concrètement, celui-ci vise à offrir des connexions ultra-rapides à tous les foyers de l'Hexagone, d'ici à 2022. L'initiative repose en priorité sur le déploiement de la fibre optique directement chez l'abonné (aussi appelée FTTH, pour Fiber To The Home) sur tout le territoire national. Grâce à des tubes en verre flexibles et extra-fins, cette technologie permet de transmettre de grandes quantités de données via des signaux lumineux. Celle-ci s'avère largement plus rapide que l'ADSL, et vise à remiser, à terme, le vieux réseau cuivré aux oubliettes.

fibre

Un plan très haut débit à 20 milliards d'euros

Très ambitieux, ce plan n'en reste pas moins coûteux. Et la facture est salée, puisqu'elle s'élève à environ 20 milliards d'euros. Dans le détail, le plan repose sur deux moteurs essentiels. Le premier concerne les zones denses, comme les grandes agglomérations. Ici, les opérateurs déploient la fibre sur leurs fonds propres, pour un montant global de 6 à 7 milliards d'euros. Le second concerne les zones les moins peuplées, où les opérateurs ne vont pas spontanément, car celles-ci sont bien moins (voire pas du tout) rentables. Dans ce cas, les collectivités territoriales (départements, régions...) bénéficient d'aides de l'État pour assurer le raccordement. Sachant que ces investissements représentent entre 13 et 14 milliards d'euros.

Les deux locomotives de ce plan sont Orange et Numericable-SFR. Pour respecter le calendrier, le gouvernement scrute donc à la loupe leurs engagements d'investissements. Quitte, au besoin, à rappeler les intéressés à l'ordre. De fait, à Bercy, on n'a guère apprécié que SFR ait levé le pied sur ses investissements en attendant que l'Autorité de la concurrence donne son feu vert à son rachat par Numericable. Cette décision a eu « un effet en termes de production et de livraisons de prises [FTTH, ndlr] au premier trimestre 2015 », constate-t-on laconiquement au ministère de l'Économie. Ces inquiétudes traduisent le fait que derrière ces raccordements, se cache un énorme enjeu de compétitivité, à l'heure où disposer d'une bonne connexion devient aussi important que l'eau ou l'électricité.

"Si l'industrie aéronautique européenne [Airbus et ses sous-traitants, ndlr] est compétitive, c'est notamment parce qu'elle est bien servie par le secteur des télécoms", illustre Benoît Loutrel, le directeur général de l'Arcep, le régulateur de secteur.

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>> [ SÉRIE : Télécoms et investissement ] Lundi prochain à 19 heures, dans le Quotidien Numérique, retrouvez la 2e partie : "La guerre des fréquences est déclarée"

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Commentaires
a écrit le 14/09/2015 à 19:08 :
fichtre, quel optimisme! on investit quand on a des perspectives, pas quand le client a de gros besoins mais ne veut rien payer!
je veux pas etre mechant, mais les telecoms en france, ca sert a financer les retraites via les licences, ca sert a financer les droits d'auteur, les artistes, le service publique ( tv et consors), etc et la liste est longue, le tout avec 4 operateurs a des tarfis ' 2 euros tout gratuit tout illimite rembourse en cmu'
l'heure est plutot a l'arret massif des investissements, jusqu'a ce que ca se normalise!! comme dans toute industrie, industrie petroliere en tete actuellement!
faire ' des investissements justes, donc pas rentables', y a qu'en france qu'on voit ca !!! faudra trouver d'autres idiots!
a écrit le 14/09/2015 à 14:11 :
Ca ne date pas d'hier, alors bon, mais eux ils veulent que ça sorte de la poche des gens, enfin bref...

L'héritier, la sécurité est une utopie, rien est inviolable...
Réponse de le 14/09/2015 à 17:35 :
Suis tout à fait d accord ! Rien n est inviolable mais si les entreprises cryptage y un peu plus leurs données ou leurs conversations ! On ne servirais pas les ricains chinois et autres sur un plateau d argent ! Décrypter coûte cher ! Donc on évite ainsi les filets dérivants de la NSA avec les mots clés et autres ! Ç est le bon sens😜 ! Mais a croire qu il n'est pas français vu tes propos ! 👹☺️
a écrit le 14/09/2015 à 12:28 :
Ils oublient cependant d investir dans la sécurité voix et data pour la flotte mobile des entreprises ! Seul Vivaction via Square une Pme française le fait ! On livre tout notre savoir à la NSA sur un plateau disait richard Marry le président de Vivaction !

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