Télécoms : la Chine à l’assaut de l’Afrique

Renforce, xi jinping va s'efforcer d'amadouer donald trump
Jason Lee

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Jason Lee
Ils sont venus en force. Au Cap (Afrique du Sud), la semaine dernière, les entreprises chinoises étaient particulièrement nombreuses à Africacom, le plus grand événement dédié aux télécoms africaines. Équipementiers, opérateurs, spécialistes de la fibre optique ou des antennes mobiles, les industriels chinois sont venus en masse pour présenter leurs produits et, bien sûr, les écouler. Une déferlante qui, si elle ne date pas d'hier, a ébahi beaucoup d'observateurs. « L'importance des entreprises chinoises, c'est impressionnant, lâche un cadre d'un gros industriel français. Ils colonisent tout. »
Parmi les grandes entreprises chinoises présentes en Afrique, les équipementiers Huawei et ZTE font figure de leaders. Au Nigeria, au Congo, au Mali, au Cameroun, en Côte d'Ivoire ou encore en Tunisie, les deux géants ont multiplié, ces dernières années, les chantiers de déploiement de fibre optique et d'autres infrastructures dédiées à l'Internet fixe ou au mobile. En parallèle, un autre segment intéresse au plus haut point les groupes chinois : les câbles sous-marins.
À Africacom, la société Hengtong a notamment présenté le chantier d'un nouveau câble qui va relier, d'ici 2020, le Pakistan, Djibouti, le Kenya, l'Égypte et la France. Long de 12.000 km, il sera, plus tard, doté d'une extension vers l'Afrique du Sud. Baptisé PEACE ("Pakistan and East Africa Connecting Europe"), ce câble atterrira à Marseille. L'opérateur français Orange participe au projet, et disposera de capacité sur cette infrastructure.
Directeur des réseaux internationaux du numéro un français des télécoms, Jean-Luc Vuillemin explique pourquoi PEACE est si important aux yeux de Pékin.
PEACE permettra d'une part d'accompagner les entreprises chinoises qui utilisent la voie maritime pour exporter leurs marchandises, s'implanter, et de mener leurs affaires en Europe et en Afrique. Toutes ces sociétés, dans tous les secteurs, ont besoin de s'appuyer sur des infrastructures télécoms fiables et performantes. D'autre part, ce câble doit fournir aux géants chinois du Net, les fameux BATX (Baidu, Alibaba, Tencent et Xiaomi), un moyen de commercialiser leurs services sur le Vieux Continent et en Afrique. Et ainsi concurrencer leurs grands rivaux américains Google, Amazon, Facebook ou Apple.
Jean-Luc Vuillemin le rappelle : « Les réseaux de câbles sont souvent le reflet des flux d'échanges physiques qui existent à d'autres niveaux. » Dans ce domaine, les infrastructures affichées à Africacom par China Mobile, le plus grand opérateur du monde avec 880 millions d'abonnés, illustrent à merveille l'offensive économique de Pékin. Sur son stand, une carte de ses câbles intercontinentaux montre bien la volonté de la Chine de se projeter, via ses "nouvelles routes de la soie" terrestres et maritimes, en Europe et en Afrique.
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La carte des câbles terrestres et sous-marins de China Telecom illustre la politique économique de Pékin, qui veut écouler plus de marchandises et de services en Europe et en Afrique. (Crédits: DR)
En Afrique, le déploiement des infrastructures télécoms est jugé essentiel par Pékin pour se développer dans des secteurs stratégiques, comme les mines (dont celles des métaux rares, essentiels pour la plupart des produits high-tech, par exemple) et l'agro-business.
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Les investissements chinois dans les télécoms africaines devraient se poursuivre dans les années à venir, dans le sillage de l'essor d'autres activités industrielles. En septembre dernier, Xi Jinping, le président chinois, a affirmé que l'empire du Milieu consacrerait 60 milliards de dollars au développement économique du continent. Toutefois, « l'aide » chinoise fait de plus en plus grincer des dents. De nombreux observateurs fustigent la politique de Pékin, qui repose souvent sur des prêts aux États. Au point que ces derniers se retrouvent parfois dans une inquiétante situation de dépendance économique. À l'instar de Djibouti, qui accueille une grosse base navale chinoise, et dont la dette publique extérieure a bondi de 50% à 85% du PIB en deux ans.
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