Télécoms : le régulateur juge qu’une consolidation n’est pas « souhaitable »

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Sébastien Soriano, le président de l'Arcep.
Sébastien Soriano, le président de l'Arcep. (Crédits : Arcep)
Alors que le marché des télécoms a retrouvé le chemin de la croissance pour la première fois depuis six ans, Sébastien Soriano, le président de l’Arcep, le régulateur du secteur, craint qu’une énième tentative de fusion entre opérateurs n’entrave cette dynamique.

Le moteur ronronne enfin. Pas question de venir interrompre cette douce mélodie ! Voici, en somme, ce qu'a affirmé Sébastien Soriano au Figaro, ce vendredi. Pour le président de l'Arcep, le régulateur des télécoms, le secteur a enfin retrouvé des couleurs depuis la guerre des prix enclenchée avec l'arrivée de Free Mobile en 2012.

« Le revenu global des services mobiles croît de 1,8% sur un an, après six ans de baisse. Le secteur s'achemine vers une stabilisation, même si la courbe risque de connaître encore quelques à-coups, notamment du fait de la disparition du roaming, développe Sébastien Soriano. En dépit de la guerre des promotions, les prix moyens sont stabilisés. »

Surtout, les opérateurs se sont remis à investir dans la fibre comme dans la 4G. Un point-clé pour le régulateur. « Clairement, la machine à investissement est en train de repartir. Après une bonne année 2015, l'année 2016 s'annonce meilleure encore », dit le régulateur. Lequel salue particulièrement « le réveil » de SFR, et « une mobilisation toujours forte » chez Orange.

     | Lire Fin des frais de roaming, une fausse bonne nouvelle ?

« C'est le moment d'investir dans la fibre »

Dans ce contexte, le régulateur l'affirme clairement : « La consolidation n'est ni nécessaire, ni souhaitable. » Des mots forts du patron de l'Arcep. Concrètement, il craint qu'une énième tentative de fusion entre opérateurs ne vienne interrompre la dynamique actuelle. En 2014, lorsque SFR a été racheté par Numericable, le nouvel ensemble a par exemple, pendant un temps, suspendu ses investissements. C'est ce type de comportement que Sébastien Soriano veut éviter à tout prix.

« Alors que le marché trouve enfin sa dynamique à quatre, j'ai du mal à comprendre ce que les Français auraient à gagner d'une consolidation, insiste-t-il. Un nouveau cycle de négociations entre opérateurs ferait à nouveau perdre deux ans au secteur. Or c'est le moment d'investir dans la fibre. »

A noter que ce n'est pas la première fois que Sébastien Soriano met son grain de sel dans les orientations stratégiques des opérateurs. En janvier dernier, dans une interview au Financial Times, il avait notamment critiqué l'appétit de SFR et d'Orange pour les médias. Il redoutait, encore une fois, que cet intérêt ne freine leurs investissements dans la fibre ou dans la 4G.

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Commentaires
a écrit le 01/04/2017 à 17:03 :
Il faut surtout un régulateur européen et une consolidation européenne. La France n'est plus la bonne base pour les télécoms..
a écrit le 01/04/2017 à 8:55 :
Tout cela sent le manipulé de l'Élysée.

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