LA TRIBUNE - Après de nombreuses déconvenues ces dernières années, Navya, rachetée au printemps par les groupes Gaussin et Macnica pour 5 millions d'euros, après avoir été placée en redressement judiciaire, semble à nouveau sortir la tête de l'eau. Quels sont les intérêts des deux groupes pour Navya et par où commencer ?
JEAN-CLAUDE BAILLY - C'est au moment du redressement judiciaire que Gaussin et Macnica ont décidé, ensemble, de faire une offre et de reprendre les actifs de la société Navya. Gaussin, acteur français des mobilités lourdes et propres pour les sites fermés, comme les ports, les aéroports, les sites industriels, possède aujourd'hui 51 % du capital. Et pour lui, il s'agit d'accélérer le développement des versions autonomes de ses plateformes. De son côté, Macnica, fabricant japonais de semi-conducteurs, distribuait déjà les navettes Navya au Japon et dans quelques pays asiatiques. Il possède aujourd'hui 49% de la nouvelle marque Gama, anciennement Navya, notamment pour renforcer le développement de son pôle Smart Mobility. Il y a des intérêts pour les deux groupes, Gaussin et Macnica, mais aussi pour Gama, qui est d'avoir des débouchés de court termes, de deux ordres : une unité commerciale plutôt « on road », sur le transport de passagers, et une autre, « off road », plutôt tournée vers toutes les activités logistiques.