Les cryptomonnaies, une révolution pas uniquement monétaire ?

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LA CONTROVERSE. Depuis l'annonce retentissante de Facebook de lancer sa propre cryptomonnaie, le "Libra", en 2019, les banques centrales, garantes des monnaies traditionnelles, ont accéléré leurs recherches sur le sujet. Pourtant, selon Vincent Lorphelin, co-président de l'institut de l'Iconomie, le sujet est loin d'être uniquement monétaire.

Les crypto-monnaies vont-elles finir par entrer dans les usages du quotidien ? Rien n'est moins sûr, depuis la défection d'un nouveau partenaire au projet Libra, la crypto-monnaie du géant Facebook cette semaine. Après PayPal, Visa, Stripe, Mastercard, Booking et eBay, c'est au tour de l'opérateur britannique Vodafone de faire un pas en arrière, écartant toutes possibilités pour ses abonnés d'accéder potentiellement à des services ou de payer grâce au Libra. Résultat, les crypto-monnaies peinent encore à trouver la voie du consommateur. Elles doivent aussi répondre aux craintes des régulateurs publics.

Pourtant, l'intérêt des banques centrales pour le sujet, ne fait, lui que de croître. Depuis un an, leurs travaux en vue de la création de leurs propres monnaies numériques ont progressé, selon un sondage publié jeudi par la banque des règlements internationaux (BRI), en riposte au projet du géant Facebook.

Fin 2019, 80% des banques centrales interrogées avaient lancé des travaux sous une forme ou une autre, contre 70% un an plus tôt, a indiqué la BRI dans un communiqué, après avoir sondé 66 banques centrales.

A la fin de l'année, 40% d'entre elles étaient passées du stade de la recherche purement théorique à l'expérimentation ou à l'étude de faisabilité d'une version numérique de leur monnaie, tandis que 10% étaient arrivées au stade de la mise en place de projets pilotes.

Libra le déclencheur d'initiatives politiques

Initialement prévu pour le premier semestre 2020, le projet Libra a déclenché une levée de bouclier des banquiers centraux et décideurs politiques, inquiets des risques pour la stabilité du système financier, les questions de lutte contre le blanchiment d'argent mais aussi de protection des données personnelles.

Malgré les avancées, 70% des banques centrales répondent qu'un lancement de versions numériques de leur monnaie est encore "peu probable" dans un "futur proche".

Toutefois, 10% d'entre elles disent qu'un lancement à court terme d'une version à visée généraliste -soit à destination du grand public, en complément des pièces et billets- est désormais "probable", soit deux fois plus qu'il y a un an, notait la BRI.

Les banques centrales ont-elles raison de ne percevoir que la valeur monétaire du Libra et des cryptomonnaies ? Pas selon Vincent Lorphelin, co-président de l'Institut de l'Iconomie, dans ce format «La Controverse» qui apporte un éclairage rationnel aux croyances qui prospèrent sur les réseaux sociaux.

Lire aussi : Face à Libra, la Banque de France va tester une monnaie digitale de banque centrale

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Commentaires
a écrit le 30/01/2020 à 9:52 :
Les crypto monnaies ne sont pas des monnaies, sauf quand elles servent à payer des rançons aux hackers.
Un concept très brillant, vraiment !
a écrit le 30/01/2020 à 9:43 :
Entièrement d'accord, nous savons très bien que l'europe de la finance déclarant vouloir se mettre à une monnaie numérique ne se fait qu'en réaction à la déclaration de facebook de vouloir en mettre une sur le marché.

Or la monnaie de facebook va proposer une liberté que la finance internationale empêche du fait de son monopole sur ce qui ne devrait être au final qu'un simple outil, et c'est pour ça que le consortium financier européen veut la faire interdire mais ça ne marche pas, alors ils veulent proposer une alternative qui sera aussi crédible que le traité de lisbonne et de maastricht.

LEs mecs n'ont fait que nous priver des quelques outils que le capitalisme devrait proposer et il voudrait ensuite que de nous mêmes nous ne quittions par leur asservissement destructeur.

Vite la libra et le frexit par la suite ! Sortons de la dictature financière mortifère qui n'a quesang et larmes à nous proposer.

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