Lendemains de fête difficiles pour les distributeurs

 |   |  511  mots
Les ventes de Noël s'avèrent correctes, de part et d'autre de l'Atlantique. Mais ne doivent pas être extrapolées à l'année 2010.

Noël est passé depuis une semaine tout juste, et l'heure est déjà aux bilans pour les distributeurs. Il faut dire que les fêtes de fin d'année peuvent représenter jusqu'à 40% de leur chiffre d'affaires annuel. "Correct" est le mot qui résume le mieux Noël 2009, selon le bureau d'études NPD. Aux Etats-Unis, les ventes des distributeurs ont ainsi grimpé de 3,6% entre le 1er novembre et le 24 décembre, période qui comprend Thanksgiving et Noël, d'après le cabinet de recherche SpendingPulse. Une performance à relativiser, ce laps de temps comprenant un jour de plus que l'an dernier. La base de comparaison est d'autant plus favorable que les fêtes de la fin 2008 s'étaient révélées catastrophiques, avec des ventes en chute de 2,3% au pays de l'oncle Sam, récession économique oblige.

La même nuance doit être apportée aux ventes des distributeurs du centre de Londres, qui ont bondi de 10% à 12% au cours du week-end précédant Noël, selon New West End Company, l'association qui représente ces commerces. Et cette envolée ne doit pas être extrapolée, prévient Andy Hughes, analyste chez UBS : "compte tenu de la situation fiscale au Royaume-Uni, la consommation risque de se détériorer en 2010". En effet, la TVA (taxe sur la valeur ajoutée), qui avait été abaissée de 2,5 points en 2009 afin d'aider les consommateurs en butte à la crise, remontera à 17,5% le 1er janvier. Résultat, Andy Hughes anticipe une baisse de 1% en moyenne des ventes des distributeurs britanniques, l'an prochain. La distribution américaine, elle non plus, ne se voile pas la face. "Le secteur se redresse, mais ce ne sera pas un long fleuve tranquille", compte tenu d'une reprise économique poussive, avertit Michael Niemira, chef économiste du Conseil international des centres commerciaux.

"Rally boursier"

Dans ce contexte, les valeurs de la distribution semblent chères. Comme la plupart des secteurs cycliques, l'indice Bloomberg de la distribution européenne affiche une forte hausse - de 55,4% - depuis janvier, très supérieure à celle de 21% enregistrée par le Dow Jones Euro Stoxx 50. Des titres comme PPR et Marks & Spencer flambent même de 78% et de 86%. Conséquence, la distribution européenne se paie en moyenne 17,8 fois le bénéfice attendu pour les douze prochains mois, alors que le marché se traite sur la base d'un multiple de 14 seulement, selon Bloomberg.

De son côté, avec une progression de près de 25% depuis le début de l'année, l'indice Bloomberg de la distribution américaine fait jeu égal avec le S&P 500. Et affiche un PER ("Price earning ratio", ou rapport cours sur bénéfice par action) de 17, guère éloigné de celui du S&P 500 (18). Pour David J. Abella, analyste au sein du fonds Rochdale Dividend & Income, le distributeur le plus à même de tirer son épingle du jeu en 2010 est Walmart, le grand spécialiste du discount. Lequel a échappé au "rally" boursier du secteur, puisque son cours perd 3,5 % depuis janvier.

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :