La Tribune

Le dénicheur de Facebook en pince pour les start-up françaises

Le fonds Accel Partners, l'un des premiers à avoir cru en Facebook, a injecté 60 millions d'euros dans des start-up françaises, ces trois dernières années. Copyright Reuters
Le fonds Accel Partners, l'un des premiers à avoir cru en Facebook, a injecté 60 millions d'euros dans des start-up françaises, ces trois dernières années. Copyright Reuters (Crédits : (c) Copyright Thomson Reuters 2011)
Christine Lejoux  |   -  529  mots
Le fonds de capital-risque américain Accel Partners, l'un des premiers à avoir parié sur le succès de Facebook, a investi 60 millions d'euros en France, au cours des trois dernières années. Et il ne compte pas en rester là.

Thierry Petit et David Dayan, ce sont un peu nos Mark Zuckerberg à nous. Comme le jeune patron de Facebook, les co-fondateurs de Showroomprive.com ont été repérés par Accel Partners. Ce fonds américain de capital-risque, spécialisé dans les nouvelles technologies, est l'un des premiers à avoir misé sur le succès de Facebook, en 2005. Certes, Accel Partners semble avoir eu moins de flair avec Groupon, dont les derniers résultats ont encore déçu la Bourse. Mais le fonds est également le dénicheur de Spotify et de Rovio, l'éditeur du jeu sur mobiles Angry Birds, qui sont deux autres «success stories» célèbres.

Il y a deux ans, c'est au tour de Showroomprive.com, créée en 2006 par les Français Thierry Petit et David Dayan, et spécialisée dans les ventes privées sur Internet, de recevoir 37 millions d'euros de la part d'Accel Partners. Une jolie somme mais Accel n'hésite pas non plus à investir de «petits» tickets de 100.000 euros dans de très jeunes start-up, qui n'en sont encore qu'à la phase de l'idée.

Une société rentable depuis sa création

Aujourd'hui, Harry Nelis, associé chez Accel, se dit «très satisfait» de son investissement dans Showroomprive.com. Non seulement le chiffre d'affaires de la société -qui devrait ressortir à 250 millions d'euros cette année, selon Thierry Petit- a plus que triplé depuis 2009, mais, de plus, «l'entreprise est rentable depuis sa création, ce qui est rare dans ce secteur», souligne Harry Nelis. Une réussite qui, du propre aveu de l'associé d'Accel Partners, permet de compenser d'autres investissements moins heureux dans l'Hexagone.

En effet, Showroomprive.com n'était pas le premier fait d'armes d'Accel Partners en France. Au cours des trois dernières années, le fonds a investi 60 millions d'euros dans des start-up françaises. Son dernier investissement remonte au début de l'année, quand Accel a injecté 7,5 millions d'euros dans covoiturage.fr, au côté de ISAI, le fonds d'entrepreneur monté par Pierre Kosciusko-Morizet, Geoffroy Roux de Bézieux, Stéphane Treppoz et Ouriel Ohayon.

Des entrepreneurs de premier ordre

Pourquoi un tel intérêt pour la France, de la part d'un fonds de «venture capital» américain, qui gère près de 10 milliards de dollars d'actifs dans le monde? «Nous investissons en France car ce pays compte des entrepreneurs et des ingénieurs de premier ordre. De plus, avec 60 millions de consommateurs, la taille du marché français est tout à fait intéressante», explique Harry Nelis.

Le projet du gouvernement d'alourdir l'imposition des plus-values de cession d'entreprises, qui avait débouché sur la révolte des «pigeons» le mois dernier, ne va-t-il pas refréner les ardeurs d'Accel Partners en France? «Ce projet rend la vie plus difficile, pour les entrepreneurs comme pour nous», regrette Harry Nelis. Qui a néanmoins la ferme intention «de procéder à de nouveaux investissements en France, dans des start-up capables de devenir numéro un ou numéro deux dans leur secteur, comme c'est le cas de Showroomprive.com [devancé en Europe par Vente-privee.com, la société de Jacques-Antoine Granjon, Ndlr].» A bon entendeur...

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Commentaires

Tout s'explique  a écrit le 01/12/2012 à 11:19 :

La société américaine d?investissement In-Q-Tel (IQT) a été créée en 1999 par la CIA avec pour mission d'identifier et investir au niveau mondial (avec l?aide logistique et financière de la CIA) dans des sociétés développant des technologies de pointe pouvant servir les intérêts et la sécurité des Etats-Unis. Presque aussitôt, le fonds d'investissement Texas Pacific Group (TPG) prenait 26% du capital du français Gemplus, leader mondial de la carte à puces, et plaçait à sa tête Alex Mandl, ex-administrateur d?IQT ! Facebook, gigantesque système de fichage mondial (volontaire !), a aussi des liens avec IQT à travers ses actionnaires (Accel Partner). Détail important, les conditions générales précisent que les utilisateurs accordent à Facebook une licence non-exclusive, transférable, sous-licenciable, sans redevance et mondiale pour l?utilisation des contenus publiés sur Facebook ou en relation avec Facebook (licence de propriété intellectuelle). Et tout le monde adhère sans discuter !

complot  a répondu le 03/12/2012 à 16:17:

c'est grace à Facebook que Ben Laden ce serait fait prendre d'ailleurs!
Les illuminés de la théorie du complot sont tellement rigolos!

PS: Gemalto (anciennement Gemplus) est maintenant dirigé par Olivier Piou: ancien du FBI, de la CIA ou du KGB?

Bas breton  a écrit le 01/12/2012 à 0:09 :

Et toc les investisseurs ne sont pas effrayes par le gouvernement actuel. Encore une idée toute faite qui tombe.

Investisseur  a répondu le 01/12/2012 à 0:27:

Les investisseurs sont surtout polis et diplomatiques tant que l'issue de la punition n'est pas connue...

Toc ? Bof  a répondu le 02/12/2012 à 15:05:

TrÚs clairement, c'est bien parceque la France reste un pays avec plus de 65 millions d'habitants à haut niveau de vie qu'il continue à y avoir des investissements qui rentrent. Cela reste un bon marché.
En revanche les mesures du gouvernement sont prises en depit du bon sens pour les entrepreneurs, en France et pour l'étranger, tout ça pour gagner quelques deniers..
Même le FMI déclare publiquement aujourd'hui que l'austerite, c'est peut être pas la meilleure chose..

Antoine  a répondu le 08/05/2013 à 8:41:

Bien sur que les investisseurs sont effrayés par le gouvernement actuel et de manière général par l'interventionnisme d'etat (demandez aux PDG d'Orange et de Yahoo si ils sont satisfaits de l'intervention du gouvernement concernant dalymotion). Les 60 millions d'euros d'accel partners sont une goutte d'eau par rapport aux dizaines de milliards d'euros qui chaque année inondent le marché américain des start up.

Yahek  a écrit le 30/11/2012 à 22:03 :

on a d excellents entrepreneurs mais l Etat leur met des batons dans les roues,quel gachis

toby75  a répondu le 01/12/2012 à 15:59:

Ce sont plutôt les français pisse-vinaigre qui leur mettent des bâtons dans les roues avec des "ça ne marchera jamais" ou des "c'est pourri, c'est français".