La Tribune

Le capital-risque américain se reconfigure en forme... d'haltère

Le capital-risque américain a levé 20,6 milliards de dollars en 2012, un montant en hausse de 10%. Copyright Reuters
Le capital-risque américain a levé 20,6 milliards de dollars en 2012, un montant en hausse de 10%. Copyright Reuters (Crédits : (c) Copyright Thomson Reuters 2010. Check for restrictions at: http://about.reuters.com/fulllegal.asp)
Christine Lejoux  |   -  456  mots
Le président de la National Venture Capital Association file la métaphore sportive pour expliquer la concentration du capital-risque américain, dominé par des méga-fonds et par de petits fonds spécialisés.

Alors que le capital-risque français voit ses ressources se tarir, celles du «venture capital» américain augmentent. Au pays de l'oncle Sam, les sociétés de capital-risque ont levé 20,6 milliards de dollars en 2012, un montant en hausse de 10%, selon la National Venture Capital Association (NVCA) et Thomson Reuters. Mais, si les fonds de pension et autres investisseurs institutionnels continuent de se montrer prodigues envers le «venture capital» américain, ils deviennent très sélectifs.

Un capital-risque en forme d'«haltère»

Au point que l'industrie du capital-risque aux Etats-Unis est en train de se reconfigurer, en prenant la forme d'un... haltère, d'après Mark Heesen, président de la NVCA. Avec, à l'une des extrémités de ce fameux «haltère», de très grands fonds, qui investissent dans tous les secteurs d'activité et partout dans le monde et, à l'autre extrémité, de petits fonds de niche, spécialisés par industrie, par pays ou par stade d'investissement. Ce sont ces deux catégories de fonds qui ont les faveurs des investisseurs. Les fonds de taille moyenne, représentés par la barre du haltère, ont en revanche toutes les peines du monde à lever des capitaux.

55% des capitaux levés par cinq fonds

Très grands ou beaucoup plus petits, «certains fonds de capital-risque ont réalisé de très beaux investissements, qui ont débouché sur des plus-values énormes, ces dernières années. Ce sont donc eux qui attirent les investisseurs, et cela explique pourquoi le secteur du venture capital se concentre de plus en plus, aux Etats-Unis», explique l'associé londonien d'un fonds de capital-risque américain. De fait, plus de la moitié (55%) des 3,3 milliards de dollars levés par le «venture capital» américain, au quatrième trimestre 2012, ont été récoltés par cinq fonds seulement.

700 millions de dollars pour le nouveau fonds de Sequoia Capital

Au sommet de ce «top five» se trouve le gigantesque Sequoia Capital, avec son Global Growth Fund, qui a récolté 700 millions de dollars au quatrième trimestre, une somme destinée à être investie dans des start-up du monde entier. Or, Sequoia n'est autre que le fonds de capital-risque qui avait investi 11,5 millions de dollars dans YouTube, en 2004, lequel YouTube avait été racheté moins de deux ans plus tard par Google, pour 1,65 milliard de dollars. Une somme qui avait permis à Sequoia de multiplier sa mise de départ par 43! Mieux, l'introduction en Bourse de Google, en 2004, avait permis au même Sequoia Capital et à son confrère Kleiner Perkins Caufield & Byers de gagner 8 milliards de dollars, soit... 320 fois l'argent qu'ils avaient investi ensemble dans le moteur de recherche, cinq ans plus tôt. Le succès attire le succès.

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Commentaires

Entrepreneur  a écrit le 16/01/2013 à 16:16 :

C'est vrai que nous pouvons qu'être admiratif devant le succès de Sequoia Capital. Personne ne croyait à Google quand ils ont investi. En France, les fonds de capital-risque ne financent que des dossiers sans risque... Ils attendent que le business model soit prouvé et 100% sûr. En agissant ainsi, ils ne financent jamais les projets d'innovation de rupture qui sont pourtant les seuls à pouvoir devenir les "Google" de demain.

gugu  a écrit le 15/01/2013 à 18:45 :

comme ça ils pourront continuer à acheter nos pme