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Financement des start-up: les fonds américains prennent le relais du capital-risque français

Christine Lejoux | 31/10/2012, 17:08 - 423 mots

Les fonds de capital-investissement étrangers ont participé à six des dix plus importantes levées de fonds réalisées par des start-up Internet françaises, entre le 1er janvier 2010 et le 30 juin 2012.
Le site de musique Deezer a levé 100 millions d'euros auprès du fonds américain Access Industries, en octobre 2012. Copyright Reuters
Le site de musique Deezer a levé 100 millions d'euros auprès du fonds américain Access Industries, en octobre 2012. Copyright Reuters

Le point commun entre Fotolia, Deezer et Criteo? Il s'agit là de trois pépites françaises de l'Internet, chacune oeuvrant dans un domaine bien spécifique, la banque d'images en ligne pour Fotolia, l'écoute de musique sur Internet pour Deezer et la publicité sur le Web pour Criteo. Outre Internet, ces trois jeunes entreprises, nées entre 2005 et 2007, ont en commun d'avoir bouclé une levée de fonds, cette année. Voilà qui pourrait laisser imaginer que, contrairement à ce qu'il prétend, le capital-risque français n'est pas mort.

Des fonds américains très présents

Erreur! Ce ne sont pas des fonds de «venture» français qui ont participé à ces tours de table. En mai, Fotolia a levé la coquette somme de 120 millions d'euros, auprès du géant américain du capital-investissement KKR. En septembre, Criteo a engrangé 30 millions d'euros, dans le cadre d'un tour de table réunissant les fonds d'investissement américains Softbank Capital, Adams Street, Bessemer Venture Partners, ainsi que SAP Ventures, la société de capital-risque de l'éditeur allemand de logiciels SAP. Plus récemment encore, les 100 millions d'euros levés par Deezer, en octobre, lui ont été apportés par le fonds d'investissement américain Access Industries.

Les fonds étrangers présents dans six levées sur dix

D'une manière générale, «les levées de fonds significatives impliquant une entreprise française et des investisseurs français sont très rares», observe Grégoire Menou, associé au sein du cabinet KPMG, qui vient de publier la première édition d'un «observatoire des levées de fonds Internet». Observatoire selon lequel les investisseurs étrangers ont participé à six des dix plus importantes levées de fonds réalisées par des start-up françaises de l'Internet, entre le 1er janvier 2010 et le 30 juin 2012.

Le capital-risque français manque de moyens

Et les fonds de capital-risque français, où sont-ils, que font-ils? S'ils ne sont pas présents au capital des stars françaises de l'Internet, c'est tout simplement parce qu'ils n'en ont plus les moyens. Au premier semestre 2012, le capital-investissement français a levé 1,8 milliard d'euros seulement, auprès d'investisseurs institutionnels et particuliers, soit 28% seulement des fonds levés sur l'ensemble de l'année 2011.
La conséquence des futures réglementations Bâle III et Solvabilité II, relatives au renforcement des fonds propres des banques et des assureurs européens, et qui restreignent la capacité de ces derniers à continuer à jouer leur rôle de traditionnels pourvoyeurs de fonds du capital-investissement. Résultats, les investissements du private equity français dans des PME et des start-up ont chuté de 43%, au premier semestre, à 2,3 milliards d'euros. Heureusement que les fonds étrangers sont là pour prendre le relais, n'en déplaise aux adeptes du patriotisme économique.
 

Commentaires

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hnaudin a écrit le 03/11/2012 à 12:40 :

bonjour j ai entendu une autre explication de la part de criteo. Pour se developper aux usa ils ont volontairement fait entrer des vc americains, idem pour le japon.

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Pour investir en etant Francais a écrit le 02/11/2012 à 14:59 :

... Parti comme c est parti sur le matraquage des investissement Francais, vaut mieux expatrier sa societe de capital risque a l etranger et profiter des juteux avantage fiscaux d etre considéré comme un investisseur etranger.... Ou comment se tirer une balle dans le pied, ce P de gouvernement d amateur neo-communiste me fait g....er

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WTF a écrit le 01/11/2012 à 14:09 :

Précision : SoftBank Capital est le fond (basé aux US) de SoftBank Corp (société Japonaise).

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WTF a écrit le 01/11/2012 à 09:25 :

Corrections : 1 - SoftBank c'est Japonais, pas américain... 2 - Il manque pour Criteo les fonds Yahoo! Japan. Sinon en effet, les fonds français ne sont pas assez importants pour de telles levées, mais est-ce bien grave ? Une levée de fonds de round C/D/E ne revet souvent pas le même niveau de risque que les levées réalisées au démarrage de la société et là où il est important que nos startups soient financées, c'est bien a leur démarrage. Quand les startups sont confirmées le but d'attirer des sociétés étrangères au capital permet aussi de s'ouvrir les marchés étrangers... c'est une étape nécessaire... typiquement il est quasiment impossible pour une startup française de s'implanter aux US sans avoir un fond américain au capital.

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supermario a écrit le 01/11/2012 à 01:52 :

Ben oui les fonds des "riches" Américains font du capital risque a condition que le cashback revienne vite car le long terme ils connaissent pas...J'espère que pour ces boites le marché va croitre et surtout que les marges et les bénefs aussi car pour l'instant ça rapporte pas beaucoup/investissements...et la petite musique de la bulle internet de 1999 qui éclate revient à mes oreilles...attention à la casse. Il y'a 5 ans MySpace comme Second Life étaient devant tout le monde dans les réseaux sociaux...Aujourd'hui on oublierait presque qu'elles existent...mais bon dans le virtuel...

@supermario a répondu le 02/11/2012 à 14:56:

Second Life est plus un MMO-Site de rencontre qu'un reseau social

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Mao a écrit le 31/10/2012 à 22:24 :

Nous n'avons pas de sociétés de capital risque qui puisse se mesurer à la puissance de feu de leurs homologues US. Question de dimension tout autant que de mentalité. Le constat n'est pas lié au contexte actuel mais celui-ci n'aide pas c'est clair.

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chikopolo a écrit le 31/10/2012 à 19:55 :

Est-ce que les investisseurs institutionnels US sont aussi contraints par les réglementations Bâle III et Solvabilité II ? Si oui, comment font les sociétés de private equity/venture capital US pour lever des fonds auprès des institutionnels US ?!! Est-ce que Bâle III et Solvabilité II c'est encore des règlements que les américains ne vont pas s'appliquer à eux-même pour favoriser leur économie pendant que nous européens on va se tirer une balle dans le pieds !

yvan a répondu le 31/10/2012 à 21:33:

Manque de "chance", Chikomachin. Ils n'ont jamais respecter bale2 car que pourraient-ils vraiment respecter..?? Money before all.

Moi a répondu le 31/10/2012 à 22:55:

Tout simplement parce qu'il s'agit de fonds de PE et ils ne sont donc ni des banques ni des assureurs = pas de Basel III ou Solvency II....

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yvan a écrit le 31/10/2012 à 19:45 :

Il est évident que les US font tourner leur planche à billets pour racheter le monde avant les Chinois. Mais, globalement, ce n'est pas une très bonne nouvelle pour eux car les vrais entrepreneurs se rendront très vite compte de l'entourloupe.

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churchill a écrit le 31/10/2012 à 18:37 :

d'un autre cote, la france fout les boites dehors et vomit sur les investisseurs, c'est pas trop etonnant, si? ( hormis pour les ' experts' du gvt francais, qui s'interrogent et vont donc creer des commissions)

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bonjour j ai entendu une autre explication de la part de criteo. Pour se developper aux usa ils ont volontairement fait entrer des vc americains, idem pour le japon.

par hnaudin le 03/11/2012 à 12:40

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