Certains compteurs électriques surestiment largement la consommation réelle

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Les chiffres indiqués sur un compteur sont-ils forcément le reflet de la consommation d'un ménage ?
Les chiffres indiqués sur un compteur sont-ils forcément le reflet de la consommation d'un ménage ? (Crédits : REUTERS/Albert Gea.)
Les appareils de mesure électrique affichent des données erronées parfois six fois plus importantes que la réalité selon une étude menée par deux universités néerlandaises. Le compteur français "Linky" n'est pas concerné selon ses constructeurs.

| Article publié le 07/03, mis à jour le 21/03 avec une réponse commune des constructeurs de compteurs intelligents de type "Linky" et Enedis (ex-ERDF).

Les compteurs électriques intelligents mesurent-ils vraiment de façon précise notre consommation électrique ? La réponse à cette question peut paraître évidente tant l'objet semble indispensable dans notre quotidien. Pourtant, les mesures effectuées par certains compteurs peuvent donner des résultats complètement faussés - près de six fois supérieurs à la consommation réelle -, selon une étude publiée le 3 mars dans la revue scientifique IEEE Electromagnetic Compatibily Magazine.

Des compteurs inadaptés aux nouvelles ampoules

Menée par l'université de Twente (Pays-Bas) en collaboration avec l'université d'Amsterdam des sciences appliquées, l'étude a connecté neuf compteurs intelligents, construits entre 2004 et 2014, à un tableau électrique afin qu'ils mesurent la consommation de différents appareils. Au terme de l'expérimentation, cinq des neufs compteurs testés affichaient des données bien plus élevées que la consommation réelle - un écart allant jusqu'à 582% a été constaté - tandis que deux autres compteurs étaient nettement en deçà de la réalité - environ 30% - , comme le raconte un article publié sur le site de l'université de Twente.

La principale raison de cet écart est dû aux nouvelles technologies en matière d'éclairage domestique. Les nouvelles ampoules à basse consommation et LED altèrent en effet la forme "parfaite" du courant électrique, qui devient plus difficilement mesurable. Ainsi, les compteurs utilisant l'effet Hall, qui "produit une tension à l'image exacte du courant sortant", ont sous-estimé la consommation réelle. A contrario, ceux utilisant l'enroulement de Rogowski, qui mesure le courant alternatif, l'ont sur-estimée.

"Les compteurs électriques que nous avons testé répondent à tous les critères légaux et sont certifiés. Cependant, ces critères n'ont pas suffisamment tenu compte des dispositifs de commutation modernes", déplore Frank Leferink, professeur de Compatibilité électromagnétique à l'université de Twente, cité dans l'article.

Si ce problème peut sembler technique et lointain, il concerne potentiellement de très nombreux ménages, les compteurs communicants étant de plus en plus présents dans les foyers.

Le compteur français "Linky" pas associé à l'étude

Dans un communiqué de presse transmis le 15 mars, les constructeurs du compteur intelligent "Linky" (Sagemcom, Itron, Landis+Gyr, Ziv, Cahors et Elster) et l'entreprise Enedis (ex-ERDF) ont "certifié ne pas être associé à l'étude" néerlandaise, bien que le site d'Engie induise en erreur en écrivant que "le principe de comptage de Linky est plus ou moins le même que celui de son prédécesseur", qui utilisait l'effet Hall, sous-estimant la consommation réelle.

"Sagemcom, Itron, ZIV et Elster développent des compteurs Linky qui n'utilisent pas de capteurs à effet Hall ou Rogowski pour l'acquisition métrologique, car ils reposent sur une mesure réalisée via un « shunt » (résistance de faible valeur) pour les compteurs monophasés et/ou un transformateur de courant pour les compteurs triphasés. Le constructeur Landis+Gyr utilise une méthode différente de mesure basée sur une solution Embedded Coil qui garantit l'ensemble des exigences légales métrologiques pour toutes les conditions représentatives du terrain", détaillent les constructeurs dans leur texte.

"En matière de fiabilité métrologique, les compteurs Linky répondent à la norme MID", ajoutent-ils, précisant qu'elle "permet de s'assurer que les dispositifs de commutation, telles les ampoules à basse consommation ou LED, sont parfaitement intégrées et comptabilisées par les compteurs". Ces mêmes ampoules étaient responsables des erreurs de métrologie dans l'étude néerlandaise.

>> Lire aussi Linky : ce qui va changer avec l'installation de ces nouveaux compteurs

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Commentaires
a écrit le 22/03/2017 à 23:19 :
Comme tout bon électronicien qui se respecte, je n'ai strictement aucune confiance dans ce matos facile à espionner par la quidam qui passe à côté, aussi, si par malheur on m'impose ce machin, je brancherais un vieux compteur industriel en amont du réseau pour surveiller tout ça.
Pour les lampes à leds , je ne pense pas qu'elles envoient des parasites sur le réseau, il y a un pont de diodes une self de lissage en série et un gros condo qui alimente le régulateur de tension comme une alim de télé ou de pc.
J'ai bien tenté de brancher la solution parfaite leds en pont en série sur un condensateur non polarisé, ça éviterait l'alim qui crame d'un rien car ça chauffe trop, mais pas de chance, les leds clignottent, 50hz ne leur plait pas, il leur faut du continu bien lisse.
J'ai sans doute au moins 20 lampes leds hs alims cramées, je les recycle dans les lampes de bureau, les piles de poche, ou install de camping car 11v convient.
Il ne faut pas jeter les lampes à leds, on peut en faire plein d'usages.
a écrit le 13/03/2017 à 18:01 :
Pour ma part, on m'a installé Lnki fin septembre 2016.
Depuis cette date, mes factures ont presque DOUBLÉ !!! +75% en décembre + 88% en février.
Rien que sur janvier et février 2017, je suis censé avoir consommé 5000 kWh, soit 50% de ma consommation moyenne annuelle calculée sur depuis 2011 (entre 9200 et 10500 kWh par an de 2011 à 2016).
Bien entendu, EDF refuse de considérer qu'il y a un problème.
FUYEZ LINKY!!!
a écrit le 13/03/2017 à 14:06 :
En effet l'étude montre que les compteurs utilisant un capteur à effet Hall sous-estiment la consommation. Si les Linky sont de ce type, où est le problème pour les abonnés concernés ?
a écrit le 12/03/2017 à 15:55 :
" Les nouvelles ampoules à basse consommation et LED altèrent en effet la forme "parfaite" du courant électrique, qui devient plus difficilement mesurable."
Autrement dit elles provoquent des perturbations "conduites" sur le secteur. Or ces perturbations conduites sont normalisées en valeur maximale pour ne pas perturber d'autres appareils (dont les compteurs). C'est donc sur le respect des normes CEM par ces lampes qu'il faut se pencher.
a écrit le 11/03/2017 à 17:39 :
En effet, la deformation des sinusoides courant de l'alimentation EDF engendrée par certaines électroniques (hacheurs de courant par exemple...) peut perturber les mesures de puissances. Dans ces cas on utilise des Wattmetres à haute frequence d'échantillonnage qui coûtent très chers et donc inutilisables pour du comptage d'abonné. L'expérience montre que dans les applications domestiques il y a très peu d'erreurs de mesure avec les compteurs accrédités. En tout état de cause, si il y a une erreur il s'agira d'une sous estimation de la valeur réelle, (la sinusoide de courant étant enveloppe du courant réel); Il faut donc croire que cette étude n'est pas très sérieuse, même si elle cherche à nous enfumer avec des termes savants ! ....
a écrit le 10/03/2017 à 21:39 :
Quand on voit les approximations sur les compteurs électriques, on peut se poser des questions sur la justesse et l' opportunité d' installer des compteurs de chaleur (ordonné par Mme Royal) dans les copropriétés; compteurs censés mesurés une consommation d ' énergie et devant d' après le ministère de Mme Royal être installés sur les radiateurs, instruments pour le moins précis.
a écrit le 10/03/2017 à 9:58 :
Les compteurs mesurent l'énergie d'une onde alternative pure 50Hz, si c'est haché, rien ne va plus (le système de modulation d'intensité lumineuse des Leds (lampe frontale inclue) se fait par modulation d'impulsions, ou succession d'impulsions. Faible 1000 (allumé un temps, éteint trois temps), fort 1110 (allumé trois temps, éteint un temps pour se reposer (ça chauffe quand même)), la rétine n'y voit que de l'intensité, grâce à la persistance. On l'entend bien avec un poste de radio en grandes ondes, les tensions en créneaux générant moult harmoniques (impaires je crois, souvenirs de Terminale mais en 1973, ça date).
Ma VMC avait un cosinus phi de 0,67-0,78, donc pas terrible, les compteurs des particuliers facturent-ils l'énergie réactive ? Espérons que non (Linky pourrait le faire si c'était décidé, me semble). La nouvelle VMC économique en énergie a un cosinus 1, ouf ! Les moteurs ont un mauvais cosinus phi (déphasage courant / tension) mais normalement, le constructeur y ajoute un condensateur (=surcout) pour avoir 1, ou voisin. Donc utiliser l'énergie au maximum, et ne pas pénaliser EDF.
a écrit le 09/03/2017 à 9:52 :
Il y a des normes de métrologie au niveau national et européen. Avec des homologations européennes d’appareils MID et des directives (Ex. MID 2004/32/CE).

Source ; http://www.lne.fr/fr/metrologie/metrologie_legale/metrologie-legale.asp
a écrit le 08/03/2017 à 18:34 :
pouvez me dire comment est relevé la consommation de référence??? C'est très important pour pouvoir discuter sur un sujet aussi important . Merci d'éclairer ma lanterne (sans jeu de mot)
Réponse de le 08/03/2017 à 21:14 :
Elle se calcule : il suffit de mesurer le temps d'utilisation d'un appareil et de multiplier cette durée par la puissance de l'appareil, on obtient l'énergie réelle" consommée ...
a écrit le 07/03/2017 à 17:28 :
" Les nouvelles ampoules à basse consommation et LED altèrent en effet la forme "parfaite" du courant électrique, qui devient ainsi plus difficilement mesurable".

2014 :
Plus de 7.000 emplois sont menacés en Europe par le retrait en 2016 des ampoules « éco-halogènes ». La dernière usine en Europe à ampoule à filament était en Italie.

Puis : En matière de qualité, la vigilance s'impose, ces ampoules étant exclusivement des produits d'importation. Seule une petite PME, Ledpower, a décidé de fabriquer en France, mais son chiffre d'affaires ne dépasse pas le million d'euros. Pour le reste, la très grande majorité des lampes à LED sont fabriquées en Chine, qu'elles soient de marque de distributeur ou d'un grand fabricant d'éclairage. Presque aucun industriel ne possède ses propres usines dans les LED, contrairement aux fluocompactes, et la plupart achètent leurs ampoules auprès de partenaires. Difficile de sélectionner le bon fournisseur parmi les quelque 2.000 usines qui fabriquent des LED en Chine...

Et enfin , en mars 2016 :
Meuse : la Chine implante une usine d'ampoules LED
a écrit le 07/03/2017 à 13:14 :
C'est peut-être aussi les anciens compteurs qui mesuraient mal.
Cependant, certains équipements génèrent des pics de courant très ponctuel sur une alternance de 50Hz. Et là je serai curieux de savoir comment le compteur calcul la moyenne sur une alternance, voir même est-ce qu'il effectue une moyenne !?
a écrit le 07/03/2017 à 10:52 :
C'est vrai ,depuis mon remplacement de compteur par un Linky ma consommation a diminué de + de 20%
Réponse de le 10/03/2017 à 2:33 :
Diminuer de +20% ne veut absolument rien dire.
a écrit le 07/03/2017 à 9:10 :
Bonjour à tous , ces compteurs dits "intelligent" dont personne ne veut ,sont tout d'un coup devenus "bêtes" , mais évidemment pas en France ...........Puisque on vous le dit !!!!
Réponse de le 07/03/2017 à 12:51 :
Ils sont communicants, ce sont des automates, aucunement intelligents (un mot qui fait moderne, 2.0, XXIème siècle).
a écrit le 07/03/2017 à 8:56 :
On voudrait plus de détails sur les compteurs français.
Par ailleurs il serait bon d'examiner pourquoi l'EDF se permet d'augmenter les annonces de prélèvements mensuels de plus de 30% ( alors que dans le passé la consommation ne correspondait même pas au prélèvements ) et ceci sans aucune explication.
Consommateurs réclamés.

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