Engie veut rafraîchir le Moyen-Orient

 |   |  612  mots
70% de la consommation électrique des pays du Golfe sont engloutis par les systèmes de froid
70% de la consommation électrique des pays du Golfe sont engloutis par les systèmes de froid (Crédits : DR)
L’énergéticien français acquiert 40% de Tabreed, numéro un des réseaux de froid dans les pays du Golfe, aux côtés de l’actionnaire historique, le fonds d’investissement d’Abu Dhabi Mudabala.

Présent dans les pays du Golfe depuis 30 ans dans la production d'eau potable et d'électricité produite par des centrales à gaz, Engie prend une participation de 40% dans Tabreed, le numéro un des réseaux de froid dans la région. Le fonds d'investissement Mudabala conserve 42% du capital de cette entreprise née il y a une quinzaine d'années, qui réalise un chiffre d'affaires de 350 millions de dollars (en 2016) et connaît une croissance annuelle de 5 à 6%.

Tabreed, qui, selon le communiqué envoyé ce 19 juin par Engie propose « ses solutions innovantes de climatisation dans le cadre de projets majeurs d'infrastructures aux Émirats arabes unis et aux pays membres du Conseil de coopération du Golfe (CCG) », dispose de 71 usines de refroidissement urbain situées dans les pays du Golfe, notamment à Abu Dhabi pour les îles Al Maryah et Yas et la mosquée de Sheikh Zayed, ou encore à Dubaï pour le métro et plusieurs centres commerciaux et de loisirs.

Une solution de refroidissement 50% plus économe

Permettant d'apporter le même service de climatisation qu'une installation individuelle mais avec une efficacité de 50% supérieure, les réseaux de froid sont « un élément clé de la ville du futur, cohérent avec les plans d'efficacité énergétique poursuivis par ces pays, notamment dans un contexte local de demande d'énergie croissante », explique Sébastien Arbola, Directeur Général d'ENGIE Moyen-Orient, Asie Centrale et du Sud, et Turquie.

Devant la baisse de la manne pétrolière et les engagements pris dans le cadre des dernières négociations sur le climat, ces pays misent sur l'efficacité énergétique pour limiter leurs consommations d'électricité, dont 70% sont précisément engloutis dans les systèmes de refroidissement.

Mudabala tient à conserver ses 40%, sinon Engie, qui a obtenu cette prise de participation pour 700 millions d'euros face à d'autres prétendants parmi lesquels des fonds d'investissement, aurait volontiers pris le contrôle de Tabreed.

« Nous avons acquis une participation dans une société en croissance - de 5 à 6% par an -, aux côtés d'un partenaire que nous connaissons bien puisque nous opérons deux centrales électriques ensemble, avec des perspectives intéressantes notamment aux Emirats arabes unis et en Arabie saoudite où les taux de pénétration sont encore faibles », résume Sébastien Arbola.

En effet, ils sont inférieurs à 50% dans les pays du Golfe, dont 10 à 15% en Arabie saoudite, 20% aux Emirats arabes unis et sous les 6% en Inde, ce qui laisse des marges de progression importantes.

Plateforme régionale pour le marché du froid

Le groupe français attend par ailleurs d'importantes synergies, « qui viendront de l'optimisation des réseaux auxquels nous apporterons toutes nos meilleures pratiques, et d'une force de frappe très renforcée au niveau des achats ».

En effet, alors que la puissance actuelle opérée par Engie en matière de réseaux de froid est équivalente à 684 MW, pour Tabreed c'est cinq fois plus.

« Non seulement cette prise de participation est un développement naturel pour Engie, assorti de contrats de long terme avec des clients solides, dans un environnement économique stable, mais elle sera également une plateforme majeure de développement régional pour les réseaux de froid », conclut Sébastien Arbola.

L'opération, soumise à l'accord des autorités réglementaires, doit être finalisée au troisième trimestre 2017.

Le groupe pourrait procéder prochainement à des acquisitions plus modestes dans l'efficacité énergétique dans les pays du Golfe, ainsi qu'à des opérations plus importantes dans les services spécialisés à des sites tels qu'hôpitaux ou aéroports en Inde, où il est aujourd'hui surtout présent dans le solaire et l'éolien.

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Commentaires
a écrit le 20/06/2017 à 10:58 :
C'est mubadala et non pas mudabala !

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :