Pétrole : comment la chute des prix accélère la consolidation du secteur

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Les prix du pétrole ont chuté de plus de 70% depuis juin 2014. Environ un tiers des entreprises d'exploration et de production de pétrole et de gaz naturel sont exposés à un risque élevé de cessation de paiement cette année, selon une étude. (Photo: au Kazakhstan, le 1er février 2016, ouvriers en opération de maintenance sur un puits du champ pétrolifère de Kyzylorda)
Les prix du pétrole ont chuté de plus de 70% depuis juin 2014. Environ un tiers des entreprises d'exploration et de production de pétrole et de gaz naturel sont exposés à un risque élevé de cessation de paiement cette année, selon une étude. (Photo: au Kazakhstan, le 1er février 2016, ouvriers en opération de maintenance sur un puits du champ pétrolifère de Kyzylorda) (Crédits : Reuters)
Un tiers des entreprises d'exploration et de production de pétrole et de gaz naturel sont menacées d'une faillite en 2016, selon une étude du cabinet Deloitte. En cause, les difficultés d'emprunter et les possibilités limitées de réaliser des économies.

Alors que les prix du pétrole ont chuté de plus de 70% depuis juin 2014, les risques de faillites sont particulièrement forts pour les entreprises du secteur. Environ un tiers des entreprises d'exploration et de production de pétrole et de gaz naturel sont exposés à un risque élevé de cessation de paiement cette année, selon une étude du cabinet de conseil Deloitte publiée mardi 16 février. L'enquête s'est intéressée à 500 entreprises d'exploration et de production de pétrole et de gaz naturel cotées dans le monde. Le cabinet de conseil décortique la stratégie de ces sociétés et des facteurs qui peuvent être susceptibles de précipiter leur faillite. Revue de détail.

Les emprunts menacés

Deloitte estime que 175 entreprises d'exploration et de production de pétrole et de gaz naturel sont placées dans la catégorie des entreprises à haut risque, c'est-à-dire disposant d'un faible taux de couverture de la dette. Elles ont accumulé une dette totale de plus de 150 milliards de dollars (134 milliards d'euros), estime-il..

Dès les deuxième et troisième trimestre 2015, les banques ont restreint l'accès aux liquidités pour les sociétés pétrolières, alors que jusqu'au quatrième trimestre 2014, période où la baisse des prix du pétrole était déjà enclenchée, les emprunts auprès des banques continuaient à augmenter. Aujourd'hui, la situation s'empire, explique le cabinet de conseil. L'US Federal bank regulator (autorité de régulation des banques américaines), par exemple, met la pression sur les établissements qui prêtent aux sociétés. Le ratio dette/Ebitda d'une grande partie des entreprises américaines d'exploration et de production de pétrole dépasse le seuil de 6  (ce ratio calcule le nombre d'années d'Ebitda nécessaires pour rembourser la totalité de la dette; un ratio trop élevé indique un risque d'impossibilité de rembourser).

Dette/ebitda pétrole

Conséquence: le cabinet estime que cela va empêcher de nombreux producteurs de pétrole de conserver leurs capacités d'emprunt au début de l'année 2016.

Des possibilités d'économies réduites

Depuis le deuxième trimestre 2014, les 500 sociétés étudiées par Deloitte ont économisé plus de 130 milliards de dollars en réduisant leurs investissements, en cédant des actifs ou encore en amputant les dividendes. Mais, cette année, elles pourront difficilement désinvestir car les actifs seront cédés à des prix plus bas, note Deloitte. La principale solution pour faire des économies "devrait passer par une nouvelle baisse des dividendes et une diminution des rachats d'actions". Et de renchérir : "La performance opérationnelle sera la clé de la durabilité des entreprises et de leur croissance."

Des prises de risques pas toujours justifiées ?

Malgré la fragilité de l'industrie pétrolière, Deloitte souligne que de nombreuses compagnies gardent un fort appétit pour le risque et les investissements, alors que la moitié d'entre elles ont "une faible  capacité à prendre ces risques" en raison de leurs mauvaises performances opérationnelles. Pourtant, 40% des actifs engagés dans les transactions, en termes de valeur, impliquent un engagement capitalistique fort et sont destinés à des champs qui ne produisent pas encore de pétrole, donc pas susceptibles de dégager un revenu rapidement.

En outre, 64% des  transactions en termes de valeur comprennent une dette représentant plus de 20% de la somme engagée, dans un contexte où les banques serrent la vis. Deloitte s'inquiète: "Ces motivations sont compatibles dans des périodes stables, mais sont-elles  justifiées dans l'environnement actuel ?"

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Commentaires
a écrit le 18/02/2016 à 9:30 :
Merci beaucoup pour cet article qui met parfaitement bien en évidence la surestimation de ce domaine économique depuis des décennies, seulement là en fait pour engraisser les actionnaires milliardaires à bon prix.

Nous pouvons donc estimer étant actuellement dans la vraie valeur du pétrole et que celle-ci était bien surestimée par la bourse, spéculation financière aidant, espérons que les prix bas en la matière demeureront cela ne pourra que purger cette économie d'un autre siècle.
Réponse de le 19/02/2016 à 10:41 :
Vous voulez exprimer une pensée ? Une opinion peut-être ? Avez vous des arguments pouvant enrichir mon propos par exemple ou bien est-ce seulement de la condescendance stérile avec une pointe de mépris tout de même ?

Je veux bien débattre moi ya pas de souci, mais si vous me répondez c'est pour tenter d'apporter ou d’enlever quelque chose hein de ce que je dis, ce genre de commentaire est sinon plus du parasitage qu’une envie de débattre d'une idée.

Merci.

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