Où va le prix du pétrole  ?

 |   |  816  mots
Aux Etats-Unis, le nombre de puits en activité s'élevait à 617 la semaine dernière, c'est encore loin du pic de 1.609 atteint auparavant, mais ce nombre augmente régulièrement tout comme le volume de la production.
Aux Etats-Unis, le nombre de puits en activité s'élevait à 617 la semaine dernière, c'est encore loin du pic de 1.609 atteint auparavant, mais ce nombre augmente régulièrement tout comme le volume de la production. (Crédits : Reuters)
Les prix du baril de pétrole ont baissé de 8% en quelques jours jetant le doute sur l'efficacité de la stratégie de réduction de l'offre de l'Opep. Une production américaine qui ne cesse de monter contrarie les efforts des autres pays producteurs et rend moins lisible l'évolution future des cours.

Le prix du baril de pétrole Brent a perdu en cinq séances plus de 8% de sa valeur, revenant évoluer lundi autour des 51,5 dollars. C'est son plus faible niveau depuis la mi-décembre quant il cotait 46 dollars juste avant la décision de l'Opep de réduire volontairement son offre pour soutenir les cours.

Brent

Ce brusque décrochage inquiète le marché nourrissant les doutes sur l'orientation des cours. Il a été provoqué par la publication des chiffres hebdomadaires des stocks de pétrole (et des produits pétroliers) américains qui affichaient une nouvelle hausse, la cinquième consécutive, maintenant ces stocks à leur plus haut niveau historique, à plus de 2 milliards de barils.

Des inventaires qui gonflent régulièrement signifient que l'offre est plus abondante que la demande. Le ministre de l'Énergie de l'Arabie Saoudite, Khaled Al Faleh, qui participait la semaine dernière à la grand-messe annuelle sur l'énergie à Houston (Texas), la CERAweek, s'est d'ailleurs publiquement demandé s'il ne sera pas nécessaire de réduire à nouveau la production.

Un accord de réduction partiellement respecté

Car même si l'accord de décembre de réduire de 1,2 million de barils par jour (mbj) a production de l'Opep pour la ramener à 32,5 mbj semble respecté (à 85%), grâce notamment à l'Arabie Saoudite qui compense l'indiscipline de certains membres, comme l'Irak et l'Iran, cela ne suffit visiblement pas.

Il est vrai que les non membres de l'Opep qui avaient accepté de réduire de leur côté l'offre de 560.000 b/j se sont montrés plutôt mauvais élèves (50% de réduction), notamment le premier d'entre eux la Russie.

Certes, la décision de décembre avait permis de faire remonter les prix du baril de la fourchette des 45-50 dollars à celle de 50-55 dollars, mais sans jamais véritablement pouvoir s'installer dans l'objectif des 55-60 dollars.

Cela devrait calmer les ardeurs des investisseurs qui sur le marché à terme continuent à parier sur une hausse des cours en prenant des positions « longues » acheteuses qui atteignent des volumes records. Un pari qui pourrait se traduire au second semestre par une correction à la baisse.

Car le ministre du Pétrole saoudien en reconnaissant que les pays producteurs vont devoir à nouveau consentir des réductions de l'offre admet que l'engagement de décembre sera loin de suffire comme il l'affirmait le mois dernier.

L'Arabie saoudite ne veut pas supporter seule l'effort de réduction

Surtout, il ne veut pas supporter seul le poids de plus en plus lourd de la baisse de la production, tandis que la plupart des autres pays producteurs profitent de l'effort, comme par exemple la Russie, deuxième producteur mondial derrière l'Arabie saoudite.

Si jusqu'à décembre, Ryad avait fait la sourde oreille à l'Opep pour soutenir les prix alors même que plusieurs membres de l'organisation comme le Venezuela réclamaient une action devant la chute des recettes vitales pour leurs budgets publics, sa stratégie a atteint ses limites.

Celle-ci consistait à réduire la profitabilité des puits américains voire l'arrêt pour certains qui avaient bénéficié de la révolution du fracking et de taux bas pour financer les investissements, et à renforcer ses parts de marché, notamment en Asie où le Royaume expédie quelque 70% de ses exportations pétrolières.

Or l'année dernière, le royaume a accusé le coup des prix bas du pétrole, non seulement ses revenus ne suffisent plus à boucler son budget national mais il se retrouve aussi attaqué sur ses parts de marchés.

Le nombre de puits en activité aux Etats-Unis augmente régulièrement

Quant aux Etats-Unis, le nombre de puits en activité s'élevait à 617 la semaine dernière, c'est encore loin du pic de 1.609 atteint auparavant, mais ce nombre augmente régulièrement tout comme le volume de la production.

Ainsi, la production américaine a touché un pic historique avec ses plus de 9mbj revenant à ses niveaux des années 1970. Et selon les projections du département de l'Énergie américain (DoE), elle devrait s'établir à 9,21 mbj en 2017 et 9,73 mbj en 2018, des estimations révisées à la hausse par rapport à celles de février. Et même franchir la barre inédite des 10mbj à la fin de l'année prochaine.

Le risque du sous-investissement

Tous ces éléments plaident en faveur de cours du baril évoluant sous les 50 dollars. Mais lors de la CERAWeek, l'Agence internationale de l'Energie (AIE) a indiqué que la demande mondiale dépassera les 100 mbj en 2019 mettant en garde contre le risque d'un sous-investissement dans de futurs projets qui conduirait à une offre limitée avec pour corollaire une forte envolée des cours.

Khaled Al Faleh ne disait pas autre chose, ajoutant que l'investissement dépend d'un niveau suffisamment élevé des cours pour attirer du capital. C'est ce qu'il devrait répéter à la prochaine réunion de l'Opep prévue le 27 mai.

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Commentaires
a écrit le 14/03/2017 à 21:33 :
On étoufferait dans les grandes villes qu'on s’inquiéterait encore du prix du pétrole?
Ridicule, on n'en veux plus, les maisons peuvent être très vertueuses, les voitures électriques, demain ces voitures électriques autonome et en partage, la mondialisation ne cesse d'imploser, etc..

Après nous avoir bassiné avec le pic du pétrole et donc la fin du pétrole (mais qu'avons nous pas lu sur le sujet!!!), pour mieux nous vendre des prix délirants, les sociétés occidentales ce sont misent a tourner la page :
Les vielles voitures (10-15 ans!?) sont déjà interdites à Paris et Grenoble
L'interdiction de tout les Diesel dans les grandes villes sont en discussion un peu partout (même dans les pays de l'Est, usuellement le grand débouché pour nos vielles voitures !) et ce dès 2020,
Encore plus fort, la prohibition de vendre des voitures Essence ou Diesel dès 2025 aux Pays Bas ou en Norvège ... alors que l'accord de Paris parlait plutôt de 2050.
Par ailleurs, le Wh de panneau photovoltaïque ne cesse de baisser, au point d'être la source d'énergie la moins onéreuse (s'il n'y avait tout ces intermédiaires).

Bref le vrai début de la fin pour le pétrole a bien commencé, et il ne faut pas se plaindre :
vous avez joué avec le feu avec cette propagande sur la fin du pétrole, et bien pour garder des débouchés il ne vous reste plus qu'à le brader ! C'est tout ce que vous pouvez faire !
a écrit le 14/03/2017 à 14:40 :
Il y a l’entente éventuelle des pays producteurs, qui ne diront jamais de quelles réserves ils disposent car cette information est trop économiquement stratégique. Mais il y a aussi et malheureusement les traders, ceux de l’ICE à Londres et ceux de Genève, qui alimentent le marché du pétrole papiers OTC, purement spéculatifs. Dans notre système néo libéral, les économistes et les éditorialistes confondent toujours volontairement investisseurs et spéculateurs. En employant le terme « investisseurs » on présente ces gens-là comme indispensables à l’économie. Ce sont en fait des faiseurs de « bulle » et des destructeurs de l’économie réelle. Il y a un juste milieu pour le prix des matières premières essentielles, qu’il serait bon de pouvoir fixer une fois pour toutes. Récemment encore, au micro d’une émission de France inter « on n’arrête pas l’eco »un responsable ELF avouait, en parlant des petits puits du bassin parisien, qu’ils étaient rentables, des 30 dollars le baril.Où est la volonté politique ??
a écrit le 14/03/2017 à 9:43 :
Ce qui est important, ce n'est pas le prix du pétrole, mais la comparaison entre le cout du travail et le prix de l'énergie. C'est impossible à comprendre pour un Français moyen.
a écrit le 14/03/2017 à 8:55 :
Ou l'incapacité entre les actionnaires de partager. Ils pourraient en s'entendant nous imposer un prix du pétrole stable mais ils sont tellement avides qu'ils tirent tous la couverture à eux en espérant être ceux qui profiteront le plus de leur manne. A une époque l'oligarchie savait prendre sur elle pour tenir une certaine cohésion entre eux, il faut croire que le déclin passant par là même ce petit pas grand chose ils ne savent plus faire.

Alors est-ce que cela vient de leurs incompétences et compromissions naturelles ou bien en sommes nous au stade où les conséquences de ces nombreux ressentiments sont dépassés mais que la crise mondiale qu'ils génèrent est en train de les emporter eux et leurs logiques néolibérales d'aliénés bref la panique totale en gros, difficile à dire même si des signes récents ont tendance à valider cette dernière.

"Acquérir la puissance cela se paie cher. La puissance abêtit" Nietzsche
Réponse de le 14/03/2017 à 9:12 :
vous parlez certainement des etats actionnaires russes, venezueliens, iraniens, saoudiens
bref, de politiciens sans scrupules qui gerent l'argent public ' comme des bons peres de famille qui s'en remettent une louche sociale' pour eviter les emeutes chez eux
Réponse de le 14/03/2017 à 13:23 :
Tiens ma réponse n'a pas été validée !?

Non je ne fais pas d'obsessions comme vous je dénonce tous les actionnaires, étatiques et privés qui de toutes façons sont plus ou moins liés.

SI vous pouviez arrêter de faire des fixettes sur tel ou tel phénomène votre qualité d'expression bondirait d'un coup, là c'est votre subjectivité qui saute avant tout à la figure, merci.
Réponse de le 14/03/2017 à 13:44 :
Ce que vous demandez s appelle un cartel. Et c est interdit aux societes privees car ca signifie que les producteurs s entendent pour plumer le client en imposant des prix eleves. Bien qu interdit, la pratique existe toujours car s il y a peu d acteurs, c est tentant de s entendre: par ex la telephonie mobile en france avant free

Dans le cas du petrole, l opep est un cartel (mais comme c est des etats, on ne peut rien dire) mais ils representent maintenant pas assez pour decider du prix. Pire comme l explique l article, ils ont tellement besoin de l argent du petrole car ils ne produisent rien d autre qu il sont obliges de depasser leurs quotas

PS: l economie dirigee a laquelle vous aspirez exitait. ca s appellait l URSS et ca c est pas tres bien terminé
Réponse de le 14/03/2017 à 14:29 :
"Et c est interdit aux societes privees"

Bah la défiscalisation c'est interdit aussi non ?

Détourner de l'argent public aussi c'est interdit normalment non ?

S'entendre sur les prix, c'est pas interdit non plus ?

Laisser les anarchistes commenter dans les forums là on voit bien que c'est limite par contre, pas trop quand même...

Depuis quand l'oligarchie ne fait pas ce qu'elle veut ? Pas besoin de faire des réunions officielles hein, on dirait que je vous l'apprend alors que ce que je dis vous le savez très bien.

"PS: l economie dirigee a laquelle vous aspirez exitait. ca s appellait l URSS et ca c est pas tres bien terminé "

Ah ben tiens une obsession ! L' URSS maintenant le truc disparu depuis 30 ans ! Et j'ai de la chance vous vous ête retenue vous n'avez pas parlé de la Corée du nord et de Mitterrand, tout n'est pas encore perdu.
a écrit le 14/03/2017 à 5:55 :
Je dois etre myope car a la pompe je n'ai pas encore remarqué !
Réponse de le 14/03/2017 à 8:58 :
Exacte, les hausses sont appliquées bien plus vite que les baisses quand ces dernières le sont parce que nombreuses baisses du pétrole ne sont pas répercutées tout simplement.

A chaque fois qu'un président affirme qu'il va s'y attaquer au final c'est toujours le lobby pétrolier qui a le dernier mot.
Réponse de le 14/03/2017 à 9:26 :
je vous offre les lunettes
pour payer le socialisme, il faut de lourds impots justes et reenchantes; ca tombe bien, a la pompe vous payez 80% d'impots divers et varies, et avec 20% vous payez le travail et les investissements
maintenant faites le calcul: 8% de 20%, ca fait 1.6%, donc oui, vous risquez de ne pas voir grand chose!
Réponse de le 14/03/2017 à 18:45 :
@churchill
J avoue. + 1
a écrit le 13/03/2017 à 21:55 :
Que de l'intox. Aucun des pays du cartel n'est "fair". Et ceux qui n'en font pas partie sont tous opportunistes... Faire une entente pour limiter l'offre, qui pouvait y croire? Juste de l'intox pour spéculer à la bourse, et ça a marché
La loi de l'offre et de la demande, de l'info vraie ou fausse entre stock/capacité de production/raréfaction de la matière.
Bref rien de neuf sous le soleil du moyen orient.
Réponse de le 17/03/2017 à 16:16 :
c'est vrai cool merci je vous aimes. bazardée

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :