Trump et la guerre des devises en 140 signes

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Dans cette guerre, Donald Trump pourrait être tenté de sortir des projets républicains qui veulent pénaliser les pays qui manipulent leur monnaie, d'autant qu'il dispose de la majorité dans les deux chambres.
Dans cette guerre, Donald Trump pourrait être tenté de sortir des projets républicains qui veulent pénaliser les pays qui manipulent leur monnaie, d'autant qu'il dispose de la majorité dans les deux chambres. (Crédits : Reuters)
Donald Trump est persuadé que la Chine manipule sa devise pour pouvoir être compétitive à l'international face à un dollar fort. Et est prêt à relancer la guerre des monnaies si besoin.

Donald Trump est un adepte fébrile du tweet : pas de bla-bla, une pensée résumée en 140 signes, rapide et efficace. Ainsi, peut-il faire bouger le dollar par quelques réflexions bien senties, que ce soit en invoquant le Mexique, la Chine ou encore une relance budgétaire.

Quatrième année de hausse

Ainsi, en 2016, le billet vert a renforcé sa suprématie pour la quatrième année consécutive, s'appréciant de 3,8% sur un an face au panier des six principales monnaies. Si l'on tient compte du seul dernier trimestre, la hausse est de 7%, un bond dû à l'élection de Donald Trump à la présidence des Etats-Unis, et aussi au mouvement de hausse des taux que la Réserve fédérale américaine a amorcé.

Elle se fait au détriment de la livre sterling, qui paie le Brexit, ou encore du peso mexicain qui a perdu près de 21% de sa valeur avec la volonté affichée de Trump d'ériger un mur entre les deux pays et mettre un terme aux délocalisations, notamment chez les constructeurs automobiles comme General Motor, Toyota et Ford.

Mais c'est surtout le yuan chinois qui inquiète avec une dévaluation de 7% face au billet vert. Depuis des mois, Donald Trump est obsédé par la Chine dont il considère qu'elle manipule sa monnaie pour gagner en compétitivité sur les marchés internationaux. Surtout, il veut réduire le déficit commercial avec la république populaire. Il se dit même prêt à imposer des taxes sur les produits chinois importés.

De quoi déclencher une vague de protectionnisme dans un monde devenu sceptique à l'égard de la mondialisation, et surtout relancer la course à la dévaluation des monnaies pour résister dans la bataille commerciale internationale.

Des projets républicains

Dans cette guerre, Donald Trump pourrait être tenté de sortir des projets républicains qui veulent pénaliser les pays qui manipulent leur monnaie, d'autant qu'il dispose de la majorité dans les deux chambres. En effet, la commission bancaire du Sénat et du comité de la Chambre des représentants pour les services financiers a planché sur ces questions en 2014 et 2015. A l'époque, on a surtout ciblé la Chine, mais ces projets visent tous les pays, même les... Etats-Unis.

De fait, si de tels projets étaient adoptés, la Réserve fédérale pourrait se voir imposer, outre le respect de critères comme celui de l'inflation et de l'emploi, d'autres comme le niveau des taux et celui de la masse monétaire, pour lesquels elle devrait justifier ses décisions devant les représentants. Ces deux derniers éléments influent en effet directement sur le niveau du dollar car une politique expansionniste fournit davantage de liquidités aux banques et aux marchés, favorisant l'appréciation des actifs financiers. Plus de dollars sur les marchés diluent la valeur du billet vert. De même, des taux faibles augmentent le niveau des emprunts et concourent à faire diminuer la valeur d'une monnaie.

Choix difficile

Evidemment, le mouvement inverse fait augmenter la valeur de la monnaie, comme on l'a vu avec le resserrement de la politique monétaire de la Fed qui a valorisé le dollar.

Donald Trump pourrait donc se retrouver face à un choix difficile: mettre un terme à une politique monétaire laxiste, dont il n'a jamais caché qu'elle était déstabilisante pour l'économie à long terme, mais qui rend le dollar plus faible, soit une politique monétaire plus restrictive qui favorise la valeur du billet vert. Or le dollar fort n'est pas bon pour l'économie américaine.

Reste une dernière solution, laisser la Réserve fédérale mener sa politique monétaire des petits pas. Il est vrai que Donald Trump n'a jamais fait allusion dans un tweet à sa présidente, Janet Yellen.

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Commentaires
a écrit le 11/01/2017 à 17:41 :
Trump est un commerçant, libre par rapport à l'idéologie plutôt extrémiste au sein du parti républicain et du parti démocrate US. Il aura certaines possibilités dans ses choix mais avec l'obligation d'avoir l'aval du congrès (en France c'est une caricature, le président n'est responsable devant PERSONNE, notamment pas devant l'assemblée nationale !).
Côté économie Trump en connait bien plus par la pratique avec ses affaires, que tous ces gugus qui étaient candidats au sein des deux grands partis US. J'ai été sidéré par le fanatisme de ces gens sensés représenter la population et pourtant si loin des réalités ! Cela fait peur ! Comme les candidats français dont aucun n'est issu de l'économie réelle (patron d'industrie, ingénieur, artisan ...) ni leurs équipes, et ne sont de ce fait même pas capables de définir un projet cohérent et constructif pour la France (de long terme et même de court terme !).
a écrit le 11/01/2017 à 12:09 :
Un vrai clown ce Trump heureusement le business ne se préoccupe pas de ce genre d'individu !
a écrit le 11/01/2017 à 10:14 :
En tout cas heureusement qu'il est là trump, ça permet aux journalistes de faire des milliers d'articles, eux qui le critiquent tant pourtant.

Et le brexit également !
a écrit le 11/01/2017 à 9:12 :
beaucoup de blabla de Trump pour finalement pas grand chose !

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