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Crise de la zone euro : quand l'histoire se répète...

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David Benamou, Président d'Axiom Alternative Investments | 29/06/2012, 09:57 - 762 mots

L'Histoire se répète : la crise des monnaies européennes des années 80 a trouvé son issue dans la poursuite de la construction européenne. La crise du financement des Etats de la zone euro qui trouve ses racines dans les aspects inachevés du traité de Maastricht ne pourra être résolue que par une nouvelle phase de construction européenne.

Avant l'acte unique qui en 1986 a permis l'achèvement du marché intérieur, la construction européenne n'avait pas avancé d'un pas depuis 1957. Les différentes tentatives des pays européens pour stabiliser le commerce « intra européen » avaient toutes fait long feu (Serpent monétaire, Système Monétaire européen) et l'Allemagne ne voulait pas entendre parler de la création d'une monnaie unique sans que les évolutions institutionnelles indispensables soient engagées.

Il a fallu attendre l'Acte Unique en 1986 pour que les quatre libertés fondamentales à l'existence d'un marché soient réellement instituées : la liberté de circulation des marchandises et des services, libre prestation, liberté de circulation des personnes et liberté des capitaux. Certaines d'entre elles (liberté de circulation des marchandises et des personnes) existaient en théorie depuis 1968, mais il a fallu attendre le début des années 1990 pour qu'elles entrent pratiquement en vigueur (abolition des barrières non tarifaires notamment).

Entre-temps, la crise monétaire faisait rage et menaçait d'explosion la CEE. Aucun des différents mécanismes de stabilisation des monnaies (Serpent et SME) n'était parvenu à convaincre le marché et les dévaluations des pays du sud se sont succédé. Rappelons qu'entre 1970 et 1990, la parité Franc / Mark est passée de 1,5 Francs = 1 Deutsche Mark à 3.4 Francs = 1 Deutsche Mark.

Pourquoi ? C'est sans doute l'inadéquation de la réponse offerte à l'époque par les européens qui était en cause : la mise en place de mécanismes techniques isolés pour stabiliser les cours des monnaies émises par des pays qui n'ont pas achevé les règles du jeu entre eux semble, avec 20 ans de recul, totalement absurde.

L'ensemble des pays futurs membres de la zone euro semblaient incapables de s'entendre sur des objectifs communs. C'est ce qui a été la cause du déficit de crédibilité de tous les mécanismes techniques de stabilisation. Seule la définition d'une orientation politique commune et surtout l'achèvement du marché intérieur a permis de sortir de la crise.

Le contexte de crise dans lequel se trouve actuellement la zone euro nous rappelle à bien des égards les années 80.

Le déficit de crédibilité dont souffre aujourd'hui la zone euro plonge ses racines dans les défauts ou les aspects inachevés du traité de Maastricht : l'absence de règles contraignantes a relégué les critères de convergence au rang de vœux pieux chez la quasi-totalité des pays membres, faisant de la mise en place de mécanismes de solidarité intra européenne un casus belli permanent depuis deux ans.

Comme dans les années 80, la seule issue est d'achever ce qui a été commencé !

La mutualisation des dettes des Etats ne peut résulter que d'un projet politique. Elle ne peut se réduire à un pur mécanisme technique. A l'image du serpent monétaire et du SME, l'EFSF et l'ESM n'ont convaincu ni les contribuables des pays du nord, ni le marché.

Il faut donc une feuille de route complète, à l'image de ce qui avait été construit entre 86 et 92. Celle-ci devrait à minima traiter les points suivants :

1. Définir les objectifs et surtout le symbole.

La monnaie unique était l'objectif ultime du traité de Maastricht. Il faut également un symbole et un aboutissement pour cette nouvelle phase de construction européenne. De ce point de vue, un des symboles de l'achèvement d'une Europe fédérale peut être la création d'un Trésor européen, doté de la capacité d'émettre des dettes mutualisées, symbole d'une solidarité financière et donc d'une Europe politique. C'est le résultat que l'on peut attendre de la convergence budgétaire et fiscale.

2. Définir les moyens pour y parvenir selon un calendrier réaliste.

Du traité de Maastricht à la mise en place de l'Euro, il a fallu 8 ans ! C'est a minima ce qu'il faudra pour faire converger les systèmes budgétaires et fiscaux, mettre en place et roder les systèmes de contrôles.

3. Traiter les excès du passé pour donner l'idée d'un nouveau départ.

A l'image de ce qui a été proposé par l'association des économistes européens, je proposerais le transfert de la quote-part de dette excédant 60% du PIB à un fonds d'amortissement et créerais une taxe spéciale pour l'amortir sur une période longue (30 ans). Cette solution qui a déjà été utilisée par le passé pour la dette de la SNCF (SAAD) ou la dette de la sécurité sociale (CADES) permettrait à l'ensemble des Etats de partir sur de nouvelles bases.

D'autres éléments pourraient être intégrés comme un volet croissance ou encore la création d'un système de supervision des banques européennes incluant un fonds de sauvetage bancaire "dénationalisé"... Mais c'est avant tout dans un projet politique de long terme corrigeant les défauts actuels de l'UE que doivent s'inscrire les mécanismes techniques et non l'inverse.

Commentaires

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lucifer a écrit le 29/06/2012 à 20:50 :

Pour l'heure, François le désuet se voit contraint d'adopter la règle d'or dont il ne voulait pas. On est obligé de s'interroger sur sa personnalité!

Henri a répondu le 30/06/2012 à 16:55 depuis un Iphone :

Mon cher monsieur cornu, Vous êtes un peu candide, ça m'étonne pour le prince des enfers ... Sachez que pour être candidat à la présidence de la république, faut être frapadingue !

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jpde a écrit le 29/06/2012 à 17:13 :

L'idée et l'Europe ont commencé par des actes éminents politiques et anticipateurs de Briand à Churchill, desPères de l'Europe aux Mitterand/Kohl; on ne comprend pas que les grds fiefs techniques Banques Centrales, Affaires Etrangères etc...puissent donner le la ce n'est pas leur rôle et ils n'ont pas une responsabilité devant des peuples.Quant aux Européens ils sont moins europhobes que certains voudraient le laisser penser.

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Ben a écrit le 29/06/2012 à 16:43 depuis un Iphone :

Pour plus d'intégration il faut un sentiment national. N'en déplaise à nos politiques en totale décalage avec les peuples, il n'y a pas et il n'y aura pas de nation européenne car il ne peut pas y avoir de nation sans culture, langue, histoire voire même religion homogènes. Les peuples ne veulent pas de cet état européen. Depuis 20 ans, nos "décideurs" foncent tête baissée vers toujours plus d'Europe et lorsqu'ils s'aperçoivent que ça ne marche pas ils foncent encore plus. Tout ceci par pur idéologie. Il y a 20 ans lors de Maastricht, certains politiques courageux avaient prevenu qu'une monnaie sans politique monnetaire ( et donc sans état intégré) ne pouvait pas fonctionner dans le long terme. Ces politiques étaient taxés des pires ignominies ( xénophobie, faschisme, rétrogrades...) aujourd'hui tous s'aperçoivent qu'ils avaient raison... Combien l'idéologie euro fanatique va t elle encore nous coûter avant que la raison et le bon sens reprennent ses droits??

Moui a répondu le 01/07/2012 à 15:34 depuis un Iphone :

La France est artificielle, créée autour de Paris. Quels rapports entre Corse, Bretagne, Alsace et Paris ? Les économies sont différentes, les langues sont différentes (le français ayant été beaucoup plus artificiellement que l'anglais ne l'ait actuellement...). Nice est française depuis 150 ans, ne parlons pas de l'Alsace lorraine. Pour ma part je suis européen avant d'être français ayant plus en commun avec les européens u nord qu'avec ceux du sud corses niçois et marseillais compris.

Henri a répondu le 01/07/2012 à 20:53 depuis un Iphone :

Un pays par définition, c'est artificiel... Enfin je dis ça, je dis rien ! Tiens ! Et si je décrétais que mon bout de jardin est indépendant ? C'est où l'adresse de l'ONU ?

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Tomibiker a écrit le 29/06/2012 à 16:08 :

Encore de la dette toujours de la dette, rien que de la dette, Quand les états finiront par comprendre de vivre avec ce qu'ils ont et pas ce qu'ils n'ont pas en poche, ceci d'autant plus qu'ils ne peuvent plus rembourser acculés à la faillite !

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Un pays par définition, c'est artificiel... Enfin je dis ça, je dis rien ! Tiens ! Et si je décrétais que mon bout de jardin est indépendant ? C'est où l'adresse de l'ONU ?

par Henri le 01/07/2012 à 20:53

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