15 335 Pts (c)
-0,12 %
15 381 Pts (c)
+0,13 %
|
|
François Leclerc | 15/10/2012, 17:45 - 527 mots
La référence à la crise, que l’on ne peut pas qualifier de Grande Crise car l’appellation est déjà prise, est trompeuse. Non seulement parce que de financière elle est devenue économique puis sociale, et même politique, mais parce qu’elle a d’autres dimensions encore : celles d’une crise de la mondialisation, de l'épuisement des ressources de la planète et de la détérioration de l’environnement.
Ses causes proprement financières, sur lesquelles on ne s'interroge même plus, ont déjà été oubliées. Après avoir été réduites à la déconfiture des subprimes (ces prêts hypothécaires américains généreusement distribués), à un coût trop bas de l’argent favorisant le crédit, ou encore aux insuffisances de la régulation financière. Mais ne faut-il pas reconnaître que la machine sophistiquée à fabriquer de la dette, qui fonctionnait à plein rendement, est détraquée et ne va pas retrouver son rendement ? Comment, dans ces conditions, soutenir la consommation, ce contributeur majeur de la croissance économique (70% du PIB américain), si l’endettement permettait de suppléer la distribution inégale de la richesse ?
La crise de la mondialisation s’est manifestée autrement. Ayant abouti au basculement de l’axe économique de la planète, celle-ci a reposé sur une division des tâches qui se poursuit sur sa lancée et repose sur des principes élémentaires : aux pays à bas niveau de salaire la production des marchandises (et de certains services), aux développés le bénéfice de leur consommation, grâce au levier d'un crédit dont l'apport à la croissance ne cessait de progresser. Or ce modèle a été déséquilibré quand la montagne de dettes accumulées n’a plus été étayée par des montages financiers atteignant leurs limites et ne pouvant plus les supporter. Une gigantesque crise d’insolvabilité est alors brutalement apparue, qui a longuement été présentée comme une crise de liquidité. En Chine, un grand débat est ouvert à propos du changement de modèle de développement pour s'appuyer sur le marché intérieur. Qui, en Occident, va supporter et comment le poids du désendettement, et combien de temps cela va-t-il durer, sont des questions toujours en pointillés.
La détérioration accélérée de l’environnement et la perspective de pénuries de certaines ressources - matières premières, mais aussi terres cultivables et eau - ne peuvent plus être ignorées; impossible de continuer à longtemps biaiser avec elles. Le partage de ces ressources est l'un des grands enjeux de demain, l’entrée en jeu des pays émergents accélérant les échéances. Tout se combine donc et rend les recettes classiques de la relance inopérantes.
En dépit de la diversité de ses manifestations, la crise est unique : c’est celle d’un système parvenu à son apogée. Elle appelle une réflexion dérangeante sur la redéfinition et le partage de la richesse, sur les modèles de développement et de mondialisation, sur l’accroissement des inégalités sociales qui se poursuit, et sur l'obstacle au développement qu'elles représentent. Au final, sur la capacité du marché à être le maître d’oeuvre de l'activité financière et économique, conduisant à préconiser sa reprise en main. Le projet d’une extension de la démocratie politique à l’activité économique pourrait prendre corps, sans conduire à une économie administrée ou sombrer dans la professionnalisation comme l’action politique.
Décidément, l'économie est une affaire trop sérieuse pour être laissée aux mains des seuls économistes…
|
|
rogue a écrit le 16/10/2012 à 16:35 :
Pourquoi la democratie politique serrait elle liée a la bonne gestion des etats? Le parallele est un non sens rappellons nous winston churchill ' la democratie est le pire des systemes a l'exception de tout les autres " encore ne parlait il de croissance alors! La democratie politique n'a juste créé aujourd'hui qu'une dépendance forte entre l'Etat et le systeme economique et dans la démocratie politique cela a conduit a gaspiller des richesses. La chine a bien fait son bond en avant apres sa révolution culturelle! Je regrette mais ce billet est bien loin de valoir un pet de lapin
Pour une gestion de la démographie mondiale a écrit le 16/10/2012 à 02:41 :
Analyse tout à fait juste. On va en effet se faire raser par des rasoirs de crise multilames, comme par des vagues. Vague des subprimes, des prix des matières premières, de l'environnement et du réchauffement climatique (lié aux gaz à effet de serre comme désormais largement prouvé), de la raréfaction des ressources, de la surexploitation, de la démographie galopante etc Il y a un levier majeur analysé entre autres par l'Académie des sciences britannique et plusieurs Etats africains qui est la gestion de la démographie mondiale. En agissant entre autres sur ce levier et en faisant en sorte que 2 personnes n'aient dans la vie que 2 enfants, par une meilleure information, éducation, usage des aides etc on arrive relativement vite à stopper puis réduire la courbe démographique et impacter de nombreux aspects à la fois, la plupart tous positifs pour l'humanité, la planète, l'éducation, et peu d'impacts négatifs comme une pseudo croissance liée à la démographie qui ne fonctionne aucunement quand la plupart sont en situation alimentaire, de santé et d'éducation très précaires. Il est donc temps de gérer la démographie mondiale plutôt que d'attendre qu'elle se gère par des conflits et crises sévères multiples mortifères.
Il fallait oser ! a répondu le 16/10/2012 à 08:51:
"Gérer la démographie mondiale" : tu t'es vu quand t'as bu ? On imagine sans peine la jouissance des collectivistes à la vue des longues files d'enfants, devant l'infirmerie scolaire, attendant de se faire stériliser entre un cours de math et un cours de français. Quel plaisir d'esthète de se lancer dans la chasse aux femmes ayant eu leur deuxième enfant ! A quand l'avortement toléré jusqu'à 24 mois après la naissance (au-delà de 24 mois, on élimine la mère) ? Alors, on la commence quand et avec qui, la gestion de la démographie mondiale ?
Les guignols de l'économie a écrit le 15/10/2012 à 19:14 :
Ahhh, le retour du sociologue marxiste de pacotille qui est persuadé de comprendre quoi que ce soit à l'économie. Toujours amusante, avant le JT, cette diffusion régulière des guignols de l'économie.
Les guignols, suite... a répondu le 15/10/2012 à 20:11:
Donc, cette fois-ci, en passant rapidement sur la bonne vieille blague de la consommation qui soutiendrait la croissance, délire keynésien qui confond joyeusement création et destruction de richesses, il nous rabâche la désormais classique fadaise malthusienne : on va tous crever ! Vous noterez que Malthus lui-même, le premier de la longue lignée des décroissants, nous avait déjà fait le coup des terres arables en quantités insuffisantes et des ressources naturelles qui s'épuisent. L'innovation des malthusiens contemporains se niche plutôt dans le concept de détérioration de l'environnement du fait des activités humaines. Après avoir échoué à nous faire avaler la légende du RCA, maintenant que les températures refusent obstinément de monter et qu'on cherche désespérément les centaines de millions de réfugiés climatiques qu'on nous avait promis-juré-craché pour 2010, les décroissants concentrent leurs efforts sur d'autres thèmes catastrophistes qu'ils espèrent un peu plus crédibles. Mais ce faisant, ils avouent à la face du monde la motivation profonde de leur idéologie : leur haine viscérale de l'humanité. Eh oui, le progrès consiste depuis toujours à maîtriser, à ordonner, à soumettre la nature aux besoins de l'humanité. Prétendre arrêter ou même inverser le processus de croissance, de soumission de la nature à l'humanité, revient sans aucun doute possible à entrer en lutte contre l'humanité, toutes ressemblances avec les thèses des dictatures meurtrières du XXe siècle n'étant absolument pas fortuites. Pas étonnant que les marxistes soient aussi nombreux à s'être recyclés dans l'écologie politique : criminels un jour, criminels toujours.
Scientifique a répondu le 16/10/2012 à 02:24:
@ "les guignols suite" : il faudrait éviter de relayer l'idée des lobbies de faire porter le chapeau du réchauffement climatique scientifiquement bel et bien avéré à des gens favorables à la décroissance, donc de sortir de vos géguerres capitalistes anti-capitalistes. Il y a bien réchauffement climatique et ce n'est pas une invention politique, le scientifique suédois Arhénius évoquait déjà il y a plus de 100 ans le problème d'excès de C02 et Ges. Et même les climatosceptiques jusqu'ici les plus avérés en conviennent. Donc stop au lobbying ou aux mauvaises informations si vous n'êtes pas scientifique : Berkeley Earth Surface Temperature montre que la température terrestre a augmenté de 1,4°C au cours des 250 dernières années dont 0,8°C pendant les 50 dernières années. La totalité de ce réchauffement est probablement liée aux émissions humaines de gaz à effet de serre. Le projet Berkeley Earth Surface Temperature a fait appel à des méthodes statistiques sophistiquées développée par Robert Rohde afin d?évaluer la température terrestre lors de périodes plus anciennes. Ainsi, toutes les sources d?erreurs utilisées par les sceptiques pour contester l?origine anthropique du réchauffement ont été prises en compte : biais dû au chauffage urbain, sélection des données utilisées, faible qualité des informations provenant de certaines stations météo, correction humaine des données. ?Nous démontrons qu?aucun de ces effets perturbateurs potentiels ne biaisent nos conclusions?, déclare Richard Muller. Les calculs effectués par l?équipe invalident la théorie des cycles solaires chère aux climato-sceptiques. ?Notre analyse concerne une période assez longue pour nous permettre de chercher l?empreinte de l?activité solaire basée sur l?enregistrement de l?historique des taches solaires. Cette empreinte est absente?, conclue-t-il. Pour lui, l?augmentation de la température terrestre observée depuis 250 ans ne peut donc être attribuée au soleil. http://blog.slate.fr/globule-et-telescope/2012/07/29/richard-muller-la-conversion-publique-dun-climatosceptique/ Comment le lobby des climato-sceptiques s?organise : Des fuites révèlent les efforts des lobbys climato-sceptiques pour influer sur les politiques. http://bigbrowser.blog.lemonde.fr/2012/02/15/fuites-comment-le-lobby-des-climato-sceptiques-sorganise/#xtor=RSS-32280322 Le changement climatique est devenu un enjeu économique, pour lequel de grosses entreprises énergétiques et des fondations, organisées en groupes de pression, n'hésitent pas à faire retarder les lois de régulation ou à innonder le marché de publicités soutenant des politiciens de droite.http://www.slate.fr/lien/50367/science-lobby-anti-scientifique-industrie-climatosceptique Climat : les marchands de doute exigent des certitudes Historienne des sciences et professeur à l'université de San Diego en Californie, Naomi Oreskes décrit, dans une enquête fascinante, comment l'incertitude propre à la recherche scientifique a été instrumentalisée par les climato-sceptiques. http://www.actu-environnement.com/ae/news/climat-naomi-oreskes-marchand-doute-15370.php4#reactions-form
john galt a répondu le 16/10/2012 à 14:34:
@Scientifique : sauf qu'il n'y a pas de réchauffement climatique ... Ce n'est pas parce que tout le monde répète la même bétise que celle-ci est vraie. Il n'y a qu'en France où il n'y a pas de débat sur les OGm, gaz de schiste, réchauffement climatique parceque c'est interdit par les versions officielles. Or, il n'y a pas de réchauffement climatique : 90 % du CO2 émis dans l'atmosphère vient de l'évaporation terrestre et maritime, dans les années 70, on évoquait le refroidissement climatique et la fin du monde dans les glaces au 21 ième sicèle (mais qui s'en souvient ??) personne ne parle de l'optimum médiéval où les températures étaient bcp plus hautes, ce qui a profité à l'homme (d'où l'apparition des prénoms), etc etc etc ... être scientifique, ce n'est pas répéter bétement ce que tout le monde dit, c'est aller vérifier, c'est se remettre en question. Parfaitement impossible pour des communistes comme Jorion qui n'ont pas encore accepté la chute de l'URSS et la monstruosité avérée du communisme/socialisme ...
Zorro n'est toujours pas arrivé a écrit le 15/10/2012 à 18:19 :
Mon commentaire idem que pour "Derrière le choc fiscal, le poids du système social" : Chicago a voulu (en gros depuis reagan-tatcher) rétablir le taux de profit (en baisse tendancielle), mais sans assumer le contre-progrès que cela pouvait signifier. Donc par la dette. Chez les anglo-saxons ce fut par la dette privée (cf le summum subprimes), chez les européens, la dette publique (social). Tout cela a maintenu une fausse demande. Maintenant faut casquer : la question est qui va le faire ? (sans oublier que nous avons eu la bonne idée de passer en Europe allemande : sous l'éteignoir Euro). Ite in Asia, hic missa est (est ou east, si je puis dire). Finalement la Scor (partiellement) et P. Jorion F. Leclerc (totalement, article ci-dessus) ont une même analyse, pas les mêmes conclusions. je dirais que la Scor ne veut pas tout reconnaître. Avec les libéraux "persistants" on risque encore de perdre du temps. Et trop de temps, c'est souvent trop tard ensuite.
john galt a répondu le 16/10/2012 à 14:36:
le taux de profit n'est pas en baisse tendancielle ??? pourquoi depuis Reagan tchacher ? le progrès est lié au profit, les entreprises de l'URSS ne faisaient pas de profit, regardez le progrès de l'URSS ... aucun rapport entre le taux de profit et la dette publique ou privée,m ais de quoi parlez vous ??? Depuis quand il ya des libéraux ou le libéralisme est appliqué ??? ouvrez les yeux, utilisez votre raison (ie : soyez libéral) lisez contrepoints.org