La Tribune

Albert Jacquard (1925-2013) : « L’économie est basée sur une conception erronée du thème de la valeur »

Né à Lyon le 23 décembre 1925, le généticien Albert Jacquard est décédé mercredi 11 septembre, emporté par une forme de leucémie, à l’âge de 87 ans. © Reuters
Né à Lyon le 23 décembre 1925, le généticien Albert Jacquard est décédé mercredi 11 septembre, emporté par une forme de leucémie, à l’âge de 87 ans. © Reuters
Propos recueillis par Denis Lafay, Acteurs de l’économie  |   -  3603  mots
Cet entretien avait été réalisé en décembre 2006, presque sept ans avant sa disparition survenue mercredi à l’âge de 87 ans. Rien de ce que l’humaniste expose ici (publié alors dans les colonnes d’Acteurs de l’économie) n’a vieilli. L’« utopie » du généticien, également ancien élève de Polytechnique et de l’université de Stanford, appelle à réveiller les consciences qui enferment dans la logique économique tout ce qui, des ressources naturelles à la santé ou à l’éducation, devrait lui échapper. Un cri d’amour pour l’homme, de haine pour la marchandisation, et d’espérance pour ceux qui refusent la résignation. La Tribune publie également infra la préface qu’il avait rédigée en 2009 pour l’ouvrage « Autrement » (Acteurs de l’économie). Albert Jacquard y exhorte le lecteur à se « prendre en main » pour décider de sa vie et de la vie. Leçon d’altruisme, et là encore, une utopie salvatrice afin d’imaginer la planète et l’humanité « différemment ».

Qu'est-ce qu'une utopie ?
C'est ce qui n'est pas encore mais qui pourrait exister. C'est un rêve qu'hélas on n'a pas encore essayé d'exaucer. Une utopie doit être raisonnable, même très raisonnée. A cette condition, elle autorise la lucidité. Et c'est cette lucidité qui nous amène à constater que les êtres humains, parfois de bonne foi, se sont trompés. Ils ont cru que la terre était inépuisable, presque infinie. L'état de l'humanité fait la démonstration inverse.

Pour quelles raisons l'utopie est-elle à la fois si précieuse et si menacée ? Comment doit-on agir pour préserver l'espace d'utopie en chacun de nous puis dans la société ?
On ne peut pas concevoir l'avenir sans envisager l'utopie. L'avenir, par définition, n'existe pas. La nature ne connaît que le présent. Les hommes ont inventé un « demain », et leurs angoisses de ce demain les entraînent à l'orienter dans la direction qu'ils souhaitent. Cette singularité propre aux seuls hommes est merveilleuse, à condition de savoir l'utiliser. Ce qui n'est pas le cas, car ce demain nous le définissons collectivement selon la loi du marché, ce mythe ridicule de la « main invisible » qui convainc d'accepter de se soumettre au hasard.

Sommes-nous victimes du diktat du pragmatisme ?
Nous faisons le choix d'orienter toute l'activité humaine en fonction d'événements qu'il suffirait d'ignorer puisqu'ils ne représentent rien. Or on préfère créer des raisonnements intelligents autour de cette absurdité de la « main invisible ». Regardez les théologiens : ils produisent des concepts formidables, mais qui reposent sur la croyance. Et l'édifice intellectuel qu'ils érigent à partir de cette croyance est démesuré. C'est malheureusement cette même logique qui prévaut en économie.

Comment peut-on maîtriser cette « main invisible » ? Par la volonté collective ?
Une structure collective est certes nécessaire, mais elle ne peut encore être déployée. C'est pourquoi l'utopie apparaît aussi essentielle pour diriger la planète. Prenons l'exemple du pétrole. Intrinsèquement, rien ne permet de déterminer que le baril « vaut » 2 ou 1 000 dollars. La valeur du pétrole doit s'établir selon bien d'autres paramètres que ceux marchands. Ce « cadeau de la nature », épuisable, ne peut pas être fourni sans limite à tout le monde, et exige une gestion saine et équitable. Ce que nous refusons d'adopter, au risque d'approcher le pire du pire. Cette négligence et ce mépris sont monstrueux.

Vous rejoignez là l'économiste Patrick Artus, convaincu que les ressources naturelles constituent un bien collectif qui doit se soustraire à la propriété de quelques entreprises multinationales…
Les ressources naturelles forment le patrimoine commun de l'humanité. Le concept, merveilleux, déposé par l'Unesco pour les cathédrales et les temples, devrait être adapté à toutes les réalités non renouvelables de la nature.

La « valeur » créée par la croissance économique est parfois loin de nourrir la valeur humaine. L'utopie consiste-t-elle à tenter d'asservir la valeur économique à celle de l'homme, et à organiser autrement l'attribution du pouvoir ?
Sur ce sujet de la « valeur », la langue française est insuffisante. Comme pour le « temps », un même mot signifie plusieurs réalités. Les valeurs aux sens économique et humain n'ont rien de commun. Appliquer une valeur économique à des actes du type « garder un enfant » ou « aider un vieillard » n'a aucun sens. Sauf à considérer que cela coûtera toujours trop cher. La valeur d'un objet n'est pas fonction de l'objet lui-même mais seulement de ce que la société qui l'entoure en a décidé. Tel livre peut « valoir » 1 ou 10 000 euros selon l'intérêt qu'on lui porte. En définitive, toute l'économie est basée sur une conception erronée du thème de la valeur. Sans doute faut-il envisager l'élimination de ce mot.

Il faut donc être vigilant sur l'exploitation manipulatrice, à des fins d'image et mercantiles, que les entreprises font de ce mot…
Les entreprises créent une valeur économique. Mais les vraies valeurs sont ailleurs. Quelles sont-elles ? Par exemple l'intelligence. Celle d'un enfant forme une valeur extraordinaire. Et s'interroger sur le « coût » de son développement ou sur sa valeur marchande est inepte.

Comment la place, la crédibilité, la légitimité que nous réservons à l'utopie sont-elles liées à notre rapport à la mortalité, à notre besoin d'éternité, à la foi ou à l'absence de foi ?
Je me méfie des instructions de catéchisme qui, lorsque j'étais enfant, m'enseignaient que la vie sur terre servait à préparer la vie future. Je me contente de préparer ma vie actuelle, celle de mes enfants et de mes petits-enfants. Ce lien que vous évoquez consiste à refuser de se réfugier dans la foi en l'au-delà afin de préserver son sens de la responsabilité à l'égard de la réalité d'aujourd'hui. Le monde de demain, c'est moi qui le bâtis avec d'autres. Je me donne le devoir d'agir pour que ça fonctionne mieux.
Dès lors, l'utopie n'est plus un rêve et devient un projet d'humanité. Son initiation doit prendre pour fondement que tout homme est une merveille, et qu'il faut s'émerveiller devant l'homme. Sans l'adoption de ce postulat, il n'y a pas d'issue.

 A quoi s'expose une société qui entrave l'accès à l'utopie ?
Au désespoir. Et in fine à la popularisation des sectes : « Puisque rien n'est possible sur terre, je vais vous apprendre que tout est possible chez moi : scientologue, témoin de Jéhovah… ».

« J'atteins l'âge où proposer une utopie est un devoir », écrivez-vous. Ne faut-il pas enseigner que ce devoir concerne chaque âge, et que seulement à ce prix il est possible d'espérer cette « cité idéale » qui ambitionne l'épanouissement des humains ?
Absolument. Mon propos est à mettre en lien avec une angoisse personnelle qui croît avec l'âge. A 80 ans, le temps terrestre s'est amenuisé, le sentiment de l'urgence croît, les angoisses grandissent, alors qu'à 40 ans on se sent encore éternel.

Votre modèle d'enseignement, qui donne à chaque élève l'opportunité de créer sa propre utopie, n'a pas pour vocation de préparer à la vie active, de se soumettre à la réalité économique, ou de fournir à ce « moloch qu'est le marché, les hommes et les femmes dont il a besoin ». Comment pouvez-vous faire entendre cette démonstration aux centaines de milliers de jeunes aujourd'hui sans emploi ?
Il faut placer chacun dans les conditions de créer sa personne, de devenir quelqu'un, sans qu'il soit orienté vers une finalité productiviste et mercantile, sans qu'il soit façonné à ce que le « marché » va réclamer de lui. Dans les écoles de la banlieue parisienne, j'ai affaire à des gens un peu désespérés mais qui m'écoutent volontiers parce qu'ils préfèrent avoir pour objectif de se construire que de devenir des futurs patrons. Certes, gagner correctement leur vie est essentiel, mais ils ont compris que l'enjeu prioritaire est ailleurs, dans la réalisation d'eux-mêmes. Ce qui implique d'avoir une perspective. Résultat, ils sont moins désespérés lorsqu'ils m'écoutent que lorsqu'ils entendent les discours du richissime patron de Total.

Votre essai « L'utopie » (Stock) démarre par l'école et s'achève par l'école. Vous condamnez très sévèrement les systèmes de sélection, de notation et de concours de l'enseignement supérieur. En premier lieu pour l'accès à l'école, prestigieuse, dont vous êtes issu : Polytechnique. Celle-ci - comme d'autres - a-t-elle échoué dans ce qui constitue à vos yeux le cœur de l'éducation : « meubler l'intelligence » ?
Ces établissements ne savent pas s'y prendre, et pourtant le besoin est ressenti. Les jeunes ingénieurs sont parfaitement formés à construire des machines et des bâtiments. Mais il leur manque un plus : l'humanisme. Lorsque Mario Botta prépare la construction de l'école d'architecture de Lugano, il m'invite à enseigner « l'humanistique ». Pourquoi ? Parce qu'il avait saisi que ses étudiants devaient réfléchir à l'homme avant de plancher sur les plans de bâtiments, et qu'une dose d'humanisme était utile à l'accomplissement, à la densité, à l'utilité de leur futur métier.

Dans le germe humain, la société, les règles qui façonnent l'organisation, qu'est-ce qui constitue un obstacle à l'exaucement de votre utopie ?
En théorie, rien. En réalité, l'inertie, qui entrave la dynamique nécessaire à ce changement de cap que nous devons emprunter en urgence. Et cette inertie est parfaitement bien orchestrée et instrumentalisée. Qu'un ministre comme Thierry Breton ose nous engager vers une croissance annuelle sans fin de 3 % - qu'un élève du certificat d'études sait parfaitement incompatible avec l'état de la planète - relève de la falsification intellectuelle.

Vous êtes généticien, spécialiste des populations. Comment expliquez-vous que l'homme soit à ce point si peu capable de mettre son intelligence au service du « bon » et des autres, et si capable de détruire l'autre comme d'engager son autodestruction ?
On ne peut pas l'expliquer, seulement le constater. Ce qui apparaît majeur dans ce dévoiement, c'est le culte du pouvoir. De François d'Assise à Gandhi ou aux plus anonymes citoyens, la planète regorge de gens merveilleux, dénués de goût du pouvoir. Face à eux, toutes sortes de décideurs, énarques, polytechniciens et autres, appâtés par ce pouvoir que leur accès privilégié aux rouages décisionnels permet d'assouvir. Ma référence est un homme qui vécut deux siècles avant Jésus Christ. Un jour qu'il labourait son champ, on vint le chercher et on lui demanda d'intervenir pour sauver la République. « Toi seul peux y parvenir ». « J'ai mes champs à cultiver ». « Ca ne fait rien, viens ». Il se rendit à Rome, accomplit sa tache, et deux ans plus tard retourna à ses champs. Simplement parce qu'il n'avait pas envie du pouvoir. Il faut se méfier de tous ceux qui veulent le pouvoir : ils sont peu intelligents et/ou vicieux.

C'est dans ce même registre que vous vous élevez contre la hiérarchisation des êtres humains ?
Il ne peut exister de palmarès entre les hommes. Et il faut lutter contre le principe d'unidimensionnalité, au nom duquel on réduit l'individu à un mot et on détermine qu'un être est meilleur qu'un autre. C'est pour cette raison qu'à l'école il faut cesser cette logique, puérile, des concours, qui hypothèque la mission de l'éducation : participer à la construction de personnes différentes.

Mais comment ne pas verser alors vers un inepte et dangereux égalitarisme ?
Bien sûr, je ne suis pas égal à un autre. Mais l'absence du signe « égal » n'autorise pas pour autant l'introduction des signes « plus grand » ou « plus petit ». Ces deux items ne valent que pour des ensembles définis par un nombre. Or nous ne sommes pas identifiables par un nombre. Si bien que l'on ne peut pas appliquer aux hommes les principes de supériorité et d'infériorité.

Vous expliquez précisément comment la lecture constitue l'axe cardinal de la construction de chaque intelligence. Votre cité idéale inclut-elle l'éradication de la télévision - vous osez une audacieuse comparaison entre Patrick Le Lay, président de TF1 mobilisé à « décerveler » les téléspectateurs pour les inféoder à la machine économique, et Joseph Goebbels - ?
Des centaines de milliers d'années ont été nécessaires pour créer le langage, fondé sur les sons. L'écoute de ces derniers enclenche un mécanisme intérieur qui développe l'image et la vision que nous aurons du mot. Et voilà qu'en l'espace de quelques décennies, on envoie non plus des sons mais des images qui bougent. Or notre cerveau n'est pas apte à traiter ces images. Devant le téléviseur, nous sommes immobiles, apathiques, face à ces images en mouvement qui accrochent et anesthésient l'esprit. La télévision provoque la destruction de l'intelligence, et ne peut pas être présentée comme utile.

Comment doit-on arbitrer entre les intérêts individuel et collectif ? Par exemple, alors que la carte scolaire est au cœur du débat électoral, comment les parents attachés au principe républicain de l'école publique doivent-ils agir lorsque ladite école publique dont ils dépendent n'est pas en mesure d'assurer l'éveil et l'épanouissement de leur enfant ?
Mes enfants ont toujours été à l'école publique. C'était certes plus rude qu'à Notre-Dame-de-Passy, mais ils ont gagné à être « en contact ». Il faut admettre que « ce qui nous fait, c'est ce qui nous fait mal ». En tant que parent, on voudrait que nos enfants n'aient jamais mal. Mais on a tort. Il faut de temps en temps qu'ils aient mal. Et d'ailleurs, ce mal, ils le connaîtront tôt ou tard. Pour cette raison, je considère que toute école devrait être publique et ouverte à tout le monde.
L'enjeu, plus général, est de reconstruire l'intérêt personnel de telle sorte qu'il soit conforme à l'intérêt collectif. Pour cela, il ne faut pas hésiter à être révolutionnaire.

Est-ce du sentiment de propriété dont notre civilisation est la plus malade ? Cet attachement viscéral au « besoin » de posséder forme-t-il le symptôme d'une société effrayée et recroquevillée ?
Cet attachement caractérise une société qui ne joue pas l'avenir. Le seul bien dont je suis propriétaire, c'est une maison que j'ai achetée dans le Lot, pour 20 000 Francs. L'ensemble de mes droits d'auteur a contribué à la rendre vivable, puis belle. Bien sûr, je n'aimerais pas qu'on m'en dépossède. Pour autant, je considère qu'il n'y a aucune raison pour que mes arrière-petits-enfants bénéficient d'un bien qu'ils n'auront pas mérité. Cette maison, je l'ai érigée grâce au fruit de mon travail. Ce qui, par définition, ne sera pas le cas de ma descendance. On ne devrait posséder que ce que l'on construit soi-même. Il apparaît donc nécessaire qu'au bout de quelques générations les biens soient retirés à la famille. C'est essentiel pour revaloriser le travail. Hériter constitue une forme d'enfermement.

L'attachement à l'héritage matériel constitue-t-il pour les parents le moyen de se dédouaner du seul véritable héritage qui vaille mais qu'ils accomplissent insuffisamment : celui du sens, de la culture, de l'ouverture, du dialogue, de toutes formes de construction immatérielle ?
C'est effectivement une déviation, un faux semblant, un cache misère dans l'échec. L'enjeu est pour eux de compenser leurs manquements éducationnels par un bien qui, malheureusement, n'aidera en rien leurs enfants à se bâtir.

Vous distinguez le « travail torture » du « travail action », élément de rencontres, de projets, de réalisation de soi-même. Cette distinction peut être portée sur un autre périmètre : des terrains de forte croissance, aussi inutiles que néfastes à l'individu et à la planète, sont dopés par le consumérisme et le mercantilisme, quand d'autres, aussi essentiels à la collectivité que la santé, la culture, l'éducation, sont négligés. La société est-elle prête à envisager la hiérarchisation des domaines qui doivent héberger prioritairement les investissements et la croissance ?
Ce vœu est nécessaire. Mais on ne peut l'envisager qu'à l'échelle mondiale, et à la condition d'établir une échelle commune des valeurs. La première voie consisterait à « planétariser » le système de soin. Comme l'indique Bernard Kouchner, tout médecin est sans frontière, et tout accès aux soins devrait être égal pour tous. Comment peut-on encore conditionner la distribution des médicaments à la nationalité ou aux moyens financiers des bénéficiaires… Ensuite, ce même effort devra être porté sur l'éducation et la justice, mais cette fois de manière plus compliquée puisque contrairement à toute maladie, identique à Sao Paulo ou Sidney, l'éducation implique des systèmes différenciés qui tiennent compte des spécificités domestiques.

L'enjeu est en définitive d'orienter la dynamique de « réussite » vers le bien collectif…
Absolument. Il faut faire « quelque chose de sa vie ». Et réhabiliter le droit aux erreurs, car c'est par elles que l'on comprend.

Donnez-nous une raison de croire en l'accomplissement de votre utopie alors que vous citez cette confession terrible de René Dumont : « L'homme est le pire danger pour tout ce qui peuple la planète. Lorsqu'il disparaîtra, les autres vivants pourront se réjouir de l'élimination du plus inquiétant des prédateurs »…
Vous et moi avons des enfants. Ils sont la raison pour laquelle je partage intellectuellement l'opinion de René Dumont mais m'en démarque dans la réalité. Ces enfants sont notre émerveillement, et nous donnent le devoir de leur laisser une terre vivable. Cet argument, qu'on ne comprend que lorsqu'on est parent, est le seul qui vaille. Mais il est capital.

Si vous étiez ministre, quel portefeuille aimeriez-vous gérer ?
L'Education nationale. Partout, j'écrirais : « Ici on enseigne l'art de la rencontre ».

_______

 

Préface d'Autrement (Editions Acteurs de l'économie)

L'économie du partage, par Albert Jacquard

Imaginons un lac dont la température est de deux ou trois degrés ; son eau est naturellement sous forme liquide ; l'hiver approche, la température descend à un degré, puis à zéro, rien ne change ; à moins-un ou moins-deux degrés l'eau est toujours liquide ; mais il suffit alors du moindre événement, un caillou lancé dans le lac, pour que d'un coup, sa surface se transforme en glace.

L'équilibre eau-glace était instable, le lac était en surfusion, prêt à changer d'état en un instant. Jules Verne, toujours à l'affût des curiosités scientifiques pour alimenter les aventures de ses héros, a utilisé un phénomène pour tirer d'affaire l'un deux ; isolé par l'eau, il est libéré par la glace ; il a suffit de jeter un caillou.

L'humanité de ce début de siècle apparaît semblable à ce lac ; elle est en situation d'équilibre instable, à la merci d'événements anodins qui pourront provoquer des conséquences planétaires. Le domaine où ce constat s'impose avec le plus d'urgence est celui des conflits entre nations ou entre peuples.

L'accumulation d'un stock d'armes nucléaires capables de faire disparaître en peu de temps toutes les espèces évoluées, dont la nôtre, peut mettre un terme définitif à l'aventure humaine. Il suffit, pour provoquer cette fin absurde, que l'un des détenteurs de ces armes choisisse de déclencher le suicide collectif généralisé de préférence à la soumission à la loi commune. Même les précautions prises par les démocraties pour désigner leurs responsables ne mettent pas à l'abri de tels comportements ; et les nations qui disposent de ces armes ne sont pas toutes des démocraties ; le pire est possible, mais notre imagination peine à prendre la mesure de la monstruosité de l'enjeu. Plutôt que de les regarder en face nous travestissons nos angoisses en les réduisant à un jeu de rôle, que certains stratèges présentent comme une simple "dissuasion".

Notre capacité d'auto-aveuglement a été rendue plus manifeste encore, dans le domaine de l'économie, par les récents soubresauts financiers. Tout s'est passé depuis 2008 comme si les décideurs en charge de notre Terre étaient à la barre d'un Bateau Ivre. Après avoir montré leur incapacité à maîtriser les événements, ils montrent maintenant leur incapacité à proposer de nouveaux concepts. Il est pourtant nécessaire de définir enfin clairement de quoi il s'agit : organiser au mieux la production et la répartition des richesses, qu'elles soient fournies par la nature ou produites par nous.

Il se trouve que l'accord est à peu près général sur les grands principes de liberté, d'égalité, de respect, tels qu'ils sont énoncés par la Déclaration Universelle. Elle a été adoptée par tous les Etats ; il devrait donc être possible d'en préciser les conséquences concrètes en les ajustant aux contraintes locales ; force est de constater que la réalité est très éloignée de cet idéal. Ainsi l'objectif proclamé d'égalité est à l'opposé de ce que décrivent les statistiques sur lesquelles tous les spécialistes sont d'accord : aujourd'hui un cinquième des humains consomme quatre cinquièmes des richesses disponibles. Cela signifie que le "riche" moyen consomme seize fois plus que le "pauvre" moyen. Il est utile de réfléchir un instant à ce que signifie ce rapport de un à seize pour la vie quotidienne, et il ne s'agit que de moyennes.

Quant à la liberté, elle doit être redéfinie pour tenir compte d'un fait que nous sommes contraints d'accepter : l'humanité est assignée à résidence sur sa planète ; la Terre est magnifique mais elle est limitée ; la découverte de ses richesses est maintenant suffisamment avancée pour organiser la dynamique du partage. Cette répartition est même le socle logique sur lequel fonder l'organisation des rapports des humains entre eux et avec la planète. Il était possible de négliger cette nécessité lorsque celle-ci nous apparaissait comme infinie et inépuisable ; nous ne pouvons plus nous bercer de cette illusion.

L'humanité est dans un état équivalent à la surfusion. Par notre activité, notre agitation, nos choix insuffisamment réfléchis, nous faisons les gestes qui font disparaître l'eau liquide et apparaître la glace. Nous vivons cette mutation. Nous pouvons nous en désoler ; nous pouvons aussi la regarder comme une occasion d'ouvrir de nouvelles perspectives.

A nous de décider.

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Commentaires

Naouak  a écrit le 18/09/2013 à 16:43 :

Ah, la bien pensance bisounourcienne.

La génétique et ses dérives....  a écrit le 16/09/2013 à 17:22 :

AJ est avant tout un généticien, autrement dit, il a le même discours en contradiction avec les faits, comme Albert Einstein le pacifiste inventeur à l'insu de son plein gré de la bombe nucléaire. AJ l'humaniste s'est d'ailleurs permis de descendre en flèche les surdoués, en s'appuyant sur des raisonnements dignes de ceux tenus dans les bistrots, et foulant au pied leur détresse. Ah, le penseur-gourou, qui sait tout sur tout...

Onze  a écrit le 15/09/2013 à 19:17 :

Radotage de vieux soixante-huitard, inepties économiques, propos phiosophiques confus, absence de proposition conctète, bref discours pour utopiste professionnel. Aucun intérêt.

Sont trop mignons ces humanistes  a répondu le 16/09/2013 à 17:08:

J'espère que longtemps encore, ce seront des ingénieurs qui construiront des ponts et pas les zumanistes du 16ème ou de banlieues qui ne sont pas "classables" d'après l'X-man Albert Jacquard.

Alala, sont beaux nos élites de rouge ! Heureusement, on forme encore des ingénieurs, pas des b...leurs de l'X ou de Centrale, mais des gadzarts, des Ensi de province ou dans Polytech' universitaires, au contact avec les réalités et cette matière (ouh' caca ...)

Oulipo  a répondu le 16/09/2013 à 17:09:

"Onze" comme ton Q.I. ?
Il faut savoir voir les choses avec un regarde neuf, et c'est ce que cet homme malgré son âge, a su faire bien mieux que pas mal de penseurs apparemment...
Mais je comprends que pour certains il soit plus reposant intellectuellement de ne pas remettre en cause l'équilibre du système mondial dans lequel nous vivons.
La critique négative, gratuite, fortuite, est facile, il suffit de voir ce que je viens de faire de ton commentaire plus qu'inutile.

VERITE  a écrit le 15/09/2013 à 18:13 :

TRES bonne annalisse de ce grand m r qui a conpris que notre planette et en equilibre instable a causse de l homme predateur et glouton et vorace qui veut tout et tous de suite et engloutie en 100ans tous ce que la terre peut lui founir LA GRANDE QUESTION ET DEMAIN ,,? QUE VA T ON FAIRE ,?QUE LAISSERONS NOUS A NOS ENFANTS,,???

philspector  a écrit le 15/09/2013 à 11:14 :

si nous partageons vraiment l'utopie d'AJ, il est de notre devoir de la faire vivre et il y a urgence de communiquer sur les méfaits de la valeur posée il y a des siècles dans un monde surpeuplé et surconnecté.

le brave homme, les utopies, et le cynisme aboslu de notre époque  a écrit le 15/09/2013 à 0:56 :

Un brave homme que ce Monsieur Jacquard. Même si je ne partage pas ses utopies et bouts de ficelles, je pense utile pour notre monde de donner la parole à de doux reveurs. On en manque.
Me voila parti dans la lecture de cette interview que la Tribune croit bon de ressortir. Je me demandais bien pourquoi. J'ai compris après quelques minutes de lecture quand un pop-up publicitaire pour Kia et sa garantie 7 ans est venu interrompre la lecture de cettte interview.
Une pub qui vient interrompre le propos d'un doux reveur, qui te parle d'utopie. Oh Cynisme absolu ! Restez en paix Monsieur Jacquard, la Tribune fait vivre non votre utopie mais l'économie, la valeur économique.

@ le brave hommde, les utopies....  a répondu le 15/09/2013 à 12:26:

Il y a pourtant beaucoup de VRAI , n'en déplaise à certains, dans les dires de Mr Jacquard...! si l'on voulait" vraiment penser & faire, surtout ! différent......Pourquoi certaines utopies ne devraient elles pas se réaliser, pour le bien d'une grande partie de tous les hommes de bonne volonté?....

c est dingue  a écrit le 14/09/2013 à 11:47 :

l etre humain , que l on dit humain ou humanoïde ne veut surtout pas dire (saint ) l etre humain est un prédateur en puissance et la recherche du profit qui est sa quête quotidienne, voila pourquoi les problèmes ne sont pas prêt d être résolus , de l argent a ne plus savoir qu en faire et aucun partage . les riches sont 1000 a 100.000 fois plus riches que ceux des année 20 , et je suis très loin du compte , moi mon salaire a augmenter de 600 depuis 87 , avec des responsabilités en plus , par contre mon patron lui ne connais pas sa fortune

@ c'est dingue  a répondu le 15/09/2013 à 10:43:

++++++++++ !

Corso  a écrit le 14/09/2013 à 11:39 :

Il y a beaucoup de ces profiteurs inutiles que l'on dit "humanistes" alors qu'ils ne reconnaissent pas l'autre. Ils veulent créer leur église bien propre bien nette uniquement en pensée en n'acceptant pas l'action et l'empilage désordonné en apparence qui est celle de notre Eglise commune déjà existante. Ils dénoncent la société mais se sont aménagé comme un droit de prévalence à l'attribution des postes et des "pensions" dorées qu'ils pourraient refuser. Les défauts des uns qu'ils pointent sans nuance leur sert d'appui, de tremplin. Puis ils s'éloignent et enfin leur brouillard se dissipe qui cachait la clarté.

Centurion  a écrit le 14/09/2013 à 10:32 :

Il y a des idées dangereuses... Offrir à des décervelés des analyses de Albert Jacquard , c'est comme donner un coup d'épée dans l'eau...ou de la confiture au cochon. Aucun cochon ou cochonne , adeptes de la société de consommation et de manipulation ne peut se hisser au niveau de la hauteur de vue de A. Jacquard. En résumé , un cochon ne peut être qu'un cochon . Il est né pour obéir.

JM57  a répondu le 14/09/2013 à 11:52:

+ 100 : J'ajoute qu'un tel déversement de haine, sans justification, sur la mémoire d'un homme qui n'a tué ni volé personne, dessert ceux qui s'y adonnent en profitant du lâche abris de l'anonymat.

JM57  a répondu le 14/09/2013 à 11:52:

+ 100 : J'ajoute qu'un tel déversement de haine, sans justification, sur la mémoire d'un homme qui n'a tué ni volé personne, dessert ceux qui s'y adonnent en profitant du lâche abris de l'anonymat.

Centurion  a répondu le 14/09/2013 à 13:03:

@ JM57. Cette haine est justifiée , JM57...les cochons et les cochonnes savent qu'ils sont de simple PIONS et PIONNES , incapables de penser par eux-mêmes et définitivement coupés de ce qui fait un homme libre. Et la liberté conduit au seul pouvoir véritable dans son action sur le monde. Les cochons et les cochonnes HAISSENT ce qui les dépasse.

Democratix  a répondu le 14/09/2013 à 17:53:

Les communistes sont les véritables pions et pionnes. Ils obéïssent aveuglément à un idéal révolutionnaire débilitant où finalement ceux qui en prennent la tête vivent en aristocrates, exigeant du peuple qu'il les suive sans réfléchir. Datchas, enfants en universités à l'étranger, résidences hotellières réservées...

@democratix  a répondu le 15/09/2013 à 11:20:

Je suis entièrement d'accord avec vous. Et en vous lisant, je constatais qu'on pourrait dire exactement la même chose pour les tenants du libéralisme ou capitalisme. Au fond, c'est a se demander si les tenants du communisme ou du capitalisme ne sont pas des pions, qui obéissent et défendent a ce qu'il croit être l'idéal, au profit de leaders. Avez vous vu a quelle vitesse surprenante les leaders de l'URSS sont devenus des oligarchies multi millionnaires. Et avec quelle discrétion les leaders communistes chinois sont devenus les plus riches de Chine, tout en restant au pouvoir ?

Voui  a répondu le 15/09/2013 à 12:00:

Sauf que la chine est maintenant contrairement à ce que ce nom indique , une dictature libérale : systéme économique libérale (pour les entrepreneurs chinois pas pour les occidentaux ils ne sont pas fous) , pas de syndicats , manifestations de salariés soignées à la matraque et au camps de travail. La Chine le système idéal de tout bon libéral.

@ VOUI !  a répondu le 15/09/2013 à 12:27:

La Chine, il y a une quarantaine d'années se nommait par certains visionnaires .." Le péril Jaune ..! "..........

Théophile  a écrit le 13/09/2013 à 23:10 :

Il est clair que tout ce que les intellectuels imaginaient aux XVIème et XVIIème siècles relevait de l'utopie : économie de marché et libéralisme, mécanique newtonienne...Ils racontaient eux aussi beaucoup de bêtises à leur époque. Tout le problème est en fait de devoir communiquer avec ses contemporains ;o)

la preuve par 9  a écrit le 13/09/2013 à 21:51 :

AJ c'est la preuve qu'on peut avoir fait l'X ou l'ENA et raconter des bêtises. Mais ça on le savait déjà depuis 40 ans dans ce pays. Rien ne vaut le bon sens paysan, avec un peu de savoir vivre et d'amour du prochain.

Mathieu  a répondu le 15/09/2013 à 22:28:

Mettre l'X et l'ENA dans le même sac montre l'ignorance que vous avez de ces 2 formations.
L'X forme des ingénieurs capables de discernement pour diriger ... de grandes entreprises dont nous sommes fiers.
L'ENA forme des politiques capables de parler pour faire adhérer le plus grand nombre à leurs idées.
AJ vient de province, c'est un scientifique et philosophe qui a la tête sur les épaules et qui a très bien compris qui sont les Hommes.
J'ajoute qu'il a également été à Stanford.

DEHORS  a répondu le 16/09/2013 à 13:57:

"L'X forme des ingénieurs capables de discernement pour diriger" ça veut dire que tous les autres n'en sont pas capables, et ceux qui ne sont pas ingénieurs encore moins. Franchement, on ne devrait pas vous accorder la publication.

tony  a écrit le 13/09/2013 à 20:49 :

La valeur objective baril de pétrole entre "2 et 1 000 dollars !!! "...et la pensée de AJ entre celle de Oui Oui et de Spinoza. Tout ceci n'est que du verbiage. Pour AJ les humains sont des concepts et non des êtres de chair et de sang et les utopies finissent toujours en tas de cadavre. Complètement daté et hors sujet.

@tony  a répondu le 15/09/2013 à 11:29:

Essayez de comprendre au moins ce que voulait dire AJ. Que vaut l'air pour vous ? Comme le pétrole c'est une ressource finie. Le pétrole voit sa valeur fixée entre l'offre ( quantité existante dans le sol limitée et qui s'est constitue pendant des millénaires) et une demande limitée aux êtres présents sur terre depuis quelques dizaines d'année. Mais qui représente les acheteurs futurs ? (Les générations futures) ; personne ! Donc le prix du pétrole est artificiellement tirée vers le bas ce qui provoque une sur consommation. L'économie parle de ses sujets sous le terme de biens publics.

PQ  a écrit le 13/09/2013 à 19:31 :

Cet homme était un "Sage", vraiment ! redonnons de "L'Humain" à la pauvre Humanité , saccagée, oubliée......

Kirk  a écrit le 13/09/2013 à 18:36 :

L'homme c'est éteint ,son message est éternel.Albert ton humanité,la vulgarisation scientifique dont tu faisais preuve,nous ravissais nous qui sommes incultes (enfin moi surtout).Nous avons entendu ton message d'espoir vers l'avenir,jamais tu ne désespérais de l'homme.La-haut tu vas retrouver quelques pointures intellectuelles qui te feront trouvé le temps moins long.

@ KIRK  a répondu le 14/09/2013 à 20:20:

+ UN

C.B.  a écrit le 13/09/2013 à 16:25 :

Albert Jacquard m'a conduit à prendre en compte notre "finitude" comme une contrainte incontournable dans nos jeux "somme zéro".
Il a donné un sens à ce que mes amis naturalistes avaient montré à l'économiste que je suis : les lentilles d'eau sur la mare la conquièrent jusqu'à l'étouffer.... la pourrir... dès lors quelques rescapées reprendront ce cycle de la conquête de la mare et pendant cette phase de croissance et de développement de la colonie toutes les lois de ce cher Smith (vivant à l'époque de Louis XV.... trouveront un sens pour tout perdre si l'on n'a pas - ainsi que l'a expliqué ce cher Keynes totalement oublier et même Schumpeter (à relise sur les cycles) - d'élément régulateur : une poule d'eau ou un batracien mangeur de lentilles d'eau... le cycle se reproduit de façon inéluctable.... Toutes choses égales par ailleurs nous ne sommes que des lentilles d'eau. à +

Mitch  a écrit le 13/09/2013 à 16:03 :

ce qui m'exaspère c'est la propension de certains pseudos penseurs (bullshit ici ) de croire qu'ils sont les seuls à réfléchir et que tous les autres ne sont que des abrutis, tout ce verbiage soulève des problématiques étudiées par les économistes, sociologues, anthropologues, Adam Smith abordait déjà ces sujets, il a inventé le concept de la main invisible tout en étant un philosophe moral d'une autre trempe que le généticien jacquard, toute l'économie du bien être réfléchit sur l'individuel , le collectif , l'intérêt pariculier et général, le juste l injuste, et le dilemme équité efficacité est au coeur de l'économie politique. Toute utopie doit être réalisable sinon ce sont des déclarations certes sympathiques mais qui ne font rien progresser, n'oublions pas "l'enfer est pavé de bonnes intentions"
bref ça me rappelle bourdieu qui déclarait ne pas accepter que des non sociologues parlent de socio et qui a fini sa vie à faire de la pseudo économie gauchiste, tous ces "penseurs" ne font qu'afficher leur inculture et humilient sans s'en rendre compte des chercheurs qui travaillent sur ces domaines, et qui ne sont ni plus ni moins humanistes que jacquard!

Le paysan  a répondu le 15/09/2013 à 11:15:

@ Mitch. Merci de m avoir appris que l inventeur de la main invisible était Adam Smith . Était il économiste je ne sais pas encore n ayant pas lu sa bibliographie, mais je m en doute., reste à définir si cette main est noire ou blanche. Si dieu pouvait etre derriere tout ca, comme il était avec les armées allemandes en 1939, ca donnerait bonne conscience n est ce pas.......

Tho  a écrit le 13/09/2013 à 15:18 :

L'utopie permet de s'indigner sans avoir à trouver des solutions alternatives. La pauvreté n'est pas un rapport mais une valeur absolue (ne pas avoir assez pour manger, s'habiller, etc.), ceci étant poser le nombre de pauvres dans le monde diminue à grande vitesse grâce à la fin des idéologies collectivistes. Alors qu'on trouve du pétrole partout les voitures électriques sont commercialisées à des tarifs abordables. C'est pourtant pas si compliqué le principe de la main invisible.

pipolino  a écrit le 13/09/2013 à 15:17 :

Monsieur Jacquard , aurait 'il était ...malgré lui...? le service après vente de l'utopie socialiste...? ses affirmations non validées sont troublantes....

pas glop  a écrit le 13/09/2013 à 14:59 :

l'utopie c'est vouloir à tout prix passer d'un monde imparfait à un monde parfait. Le XXè siècle nous a bien montré vers quoi ça mène. Moi je préfère des projets moins ambitieux mais moins dangereux au final.
"L'important n'est pas d'être parfait, c'est la volonté d'être meilleur". (Emerson)

hamid benzekri  a écrit le 13/09/2013 à 13:45 :

Monsieur Jacquard,
vous resterez toujours vivant?

La société doit être humaine et les rapports, en son sein, humanisés,
Les sciences vulgarisées
Et l?Homme, qui ne veut pas subir, doit s?engager.
Tel fut le sens que vous avez donné à votre vie.
Merci pour tout ce que vous avez donné?
Donné sans compter.
Et reposez-vous ; reposez-vous, même de vos rêves et laissez les femmes et les hommes libres prendre un peu le fardeau?
Là où des arrivistes de tous bords ont fait le choix égoïste de la médiocrité et de l?opportunisme, vous avez osé celui de la science doublé d?une conscience en faveur de l?engagement
aux côtés de tous les « SANS? »
Dormez bien Monsieur Jacquard et reposez en paix?
Vous resterez toujours vivant.
Hamid Benzekri

Un grand monsieur...  a écrit le 13/09/2013 à 13:10 :

Albert jacquard incarne pour moi les valeurs de l'humanisme. Et merde à ceux pour qui l'humanisme est un gros mot ! Il avait l'art de démonter les poncifs racistes comme personne et de proposer des visions alternatives, donc de stimuler l'intelligence, le tout sans agressivité aucune.

Philippe U @ Un grand monsieur  a répondu le 15/09/2013 à 10:46:

DE votre avis ! + UN

halley  a écrit le 13/09/2013 à 12:58 :

Le nazisme et le communisme sont aussi des utopies. On sait à quoi elles ont abouti. Il reste donc à définir ce qu'est une utopie raisonnable... il est important de prendre de la hauteur mais pas trop quand même. J'ai lu des itw de lui plus convaincantes.

Exemple d'utopie!!  a écrit le 13/09/2013 à 12:24 :

Les système de retraite par répartition ressemblant de plus en plus à une escroquerie dite Ponzi ou Madoff puisque les pigeons payeurs d'aujourd'hui seront les futurs dindons déplumés dans quelques décennies. Ils n'auront qu'un RSA de compensation pour vivre.

yokikon  a écrit le 13/09/2013 à 12:22 :

Pour le commun des mortels, cette philosophie est choquante comme dangereuse, mais bien des aspects paraissent fondés, qui rejoignent de récents "égarements" de l'homo économicus. Cette conception économique du thème de la valeur est choquante à son tour, quand la valeur est déterminée par des jeux d'enchères mercantiles, terriblement "court termistes" jusqu'à l'immédiateté, avec le critère de réactivité à s'y adapter pour sélectionner l'homme d'avenir.

Wep....  a écrit le 13/09/2013 à 12:09 :

Euh Jacquard il travaillait dans quelle boîte ? Parce que développer des utopies, tout en restant à l'abri du fonctionnariat, c'est un peu facile... A bon entendeur, salut.

Claude  a répondu le 22/09/2013 à 9:50:

Et qu'est-ce que tout ceci est supposé prétendre ? Que l'on mesure la hauteur de pensée et la sincérité de l'engagement d'un homme à l'aune du dénuement ou de la précarité dans lesquels il vit ? Qu'il faut être pauvre et dans le besoin pour être en droit d'envisager un monde meilleur ou reposant sur un système de valeurs autre que celui qui nous régit ?
Il me semble que ce n'est pas le confort dans lequel on vit ? ou ne vit pas ? qui facilite ? ou restreint ? notre capacité de rêver et, à vous lire, sa grandeur ou sa légitimité. L'indigence spirituelle ou l'égoïsme, en revanche, oui !

CA SUFFIT.  a écrit le 13/09/2013 à 12:08 :

Ras le bol de tout ce blabla autour de Jacquard, de son vivant comme de sa mort, comme s'il fallait être généticien pour penser, réfléchir, discerner. En faisant l'apologie incessante de ce type, c'est là qu'on infantilise les gens, et qu'on les prend pour des consommateurs uniquement. Qu'on le laisse se reposer de sa vie, au lieu de parler de lui sans arrêt, en ressortant des interviews, des vidéos, des messages. Il est mort. Il ne reviendra pas. On passe à autre chose maintenant ?

Kirk  a répondu le 14/09/2013 à 13:56:

Michel C'est quoi la gauche ,des ministres qui paient l'isf,quelle plaisanterie,réveillez vous des libéraux ça oui.Qui vous mettent la quenelle avec beaucoup de virtuosité,puisque vous croyez encore à la dualité politique.

Paul à Kirk  a répondu le 14/09/2013 à 20:22:

+ 1

Michel  a répondu le 14/09/2013 à 21:39:

@Kirk

Ce n'est pas moi qui le dit mais simplement les défenseurs de son "oeuvre". Je vous l'accorde, la droite ou la gauche ne sont que des concepts politiciens et au delà cet étalage marchand ce sont ni plus ni moins que des hommes (et accessoirement des femmes).

churchill  a écrit le 13/09/2013 à 11:12 :

le pb des utopies, c'est que ca mene systematiquement au desastre ( gentillement dans des projets comme new lanark), beaucoup moins quand les senteurs legeres de fleurs de boris pasternak pour decrire la revolution bolchevique se transforment en odeur de bain de sang juste et solidaire dans la justice reenchantee, comme on dit chez les progressistes utopistes... et en economie, ca s'appelle ' theorie de l'agence'....

DANE63  a répondu le 16/09/2013 à 23:52:

Tout à fait d' accord avec Albert jacquard en ce qui concerne les transmissions de patrimoine.Le moins possible de gros héritages individuels pour que la richesse produisent par ceux qui ont vécu se repartisse au service de la génération suivante ;bref pour que chaque être humain qui nait puisse grandir dans son pays avec des bases communes.Tout ceci au final pour créer un système entre communisme et capitalisme profitable à l' homme. Espérons que l' homme pourra conjuguer la vie paisiblement au présent sans ce laisser berner par les promesses politiques ou religieuse d un futur meilleur.