Crowdlending et crowdequity : les nouveaux modes de financement des entreprises

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Xerfi Canal présente l'analyse de Philippe Gattet, Precepta
La Tribune publie chaque jour des extraits issus des analyses diffusées sur Xerfi Canal. Aujourd'hui, les nouveaux modes de financement des entreprises

Le financement participatif intéresse de plus en plus les investisseurs en quête de solutions alternatives. En effet, selon l'étude de Precepta, ces plateformes de crowdequity et de crowdlending s'inscrivent désormais dans des logiques financières plus opportunistes alors qu'elles étaient initialement portées par des considérations d'ordre solidaire. Il est vrai que ces plateformes trouvent un écho favorable auprès des Français de plus en plus « épargn'acteurs », en raison de taux de rendement potentiels attractifs comparés à ceux des produits d'épargne classiques. Ces plateformes séduisent également les entreprises comme sources de nouveaux financements alternatifs (comme le prêt rémunéré ou l'ouverture du capital par exemple). En particulier, pour les TPE et PME très dépendantes des crédits bancaires, ce sont des solutions simples, pratiques, souples et rapides à mettre en œuvre. Mais je le concède : pour l'heure, le financement participatif d'entreprises reste anecdotique si on le compare aux volumes d'activité de la finance traditionnelle. Mais sa dynamique, elle, est très porteuse...

L'exercice délicat... qui exige une qualité des dossiers présentés

De l'avis de nos experts, les marchés du crowdequity et du crowdlending vont se structurer autour de plateformes leaders. Pour le moment, c'est plus de 80 acteurs qui ont été immatriculés en l'espace d'un an sous les 2 statuts IFP pour intermédiaire en financement participatif et CIP pour conseiller en investissement participatif, grâce à l'entrée en vigueur de la nouvelle réglementation à l'automne 2014. Un niveau beaucoup trop élevé qui va alors inévitablement déboucher sur une consolidation. Pourquoi ? Parce que la qualité de l'audience est le socle de la réussite des plateformes de crowdfunding. Le modèle des acteurs impose donc a priori une course de vitesse pour atteindre rapidement la taille critique. En réalité, les spécificités de cette jeune industrie rendent cet exercice délicat. La nécessaire maîtrise du risque de défaut des projets présentés implique en effet une certaine lenteur.

En clair, les acteurs ne peuvent sacrifier la qualité des dossiers présentés à la quantité. Pour s'imposer, ces acteurs devront alors tout faire  pour enclencher de puissants effets de réseaux selon l'étude de Precepta, c'est-à-dire étendre leur sphère d'influence et leur notoriété, mais aussi  établir la confiance et proposer une expérience utilisateur différenciée.

Les plateformes et les acteurs conventionnels se doivent de coopérer

Ils en ont les capacités. Il faut dire que chaque partie affiche des complémentarités indéniables, selon l'étude de Precepta. Les plateformes de finance participative les plus efficaces seront celles qui auront tissé des liens avec un réseau de partenaires. C'est la seule façon pour elles d'obtenir rapidement des avantages concurrentiels décisifs. J'entends par là : une audience qualifiée, une notoriété et une visibilité ou encore un système de réassurance. De leur côté, les acteurs conventionnels pourront trouver dans les startups une source d'innovations en matière de produits et de services. Sans oublier un outil marketing puissant pour conforter leur image de marque et renforcer l'engagement de leurs clients. On l'aura compris, la finance participative et la finance traditionnelle sont plus complémentaires que concurrentes. Et la coopération entre ces deux mondes est un enjeu stratégique aussi important pour les startups que pour les acteurs conventionnels...

>> Plus de vidéos sur le site Xerfi Canal, le médiateur du monde économique

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