L'aviation s'engage pour le climat

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Le PDG d'Air France-KLM, Alexandre de Juniac, le président du GIFAS et directeur général délégué d'Airbus Group, Marwan Lahoud, et le PDG d'Aéroports de Paris (ADP), Augustin de Romanet
Le PDG d'Air France-KLM, Alexandre de Juniac, le président du GIFAS et directeur général délégué d'Airbus Group, Marwan Lahoud, et le PDG d'Aéroports de Paris (ADP), Augustin de Romanet (Crédits : DR)
Trois acteurs majeurs français du transport aérien se mobilisent aux côtés de l'Etat dans la lutte contre le dérèglement climatique. Par Alexandre de Juniac, PDG d'Air France-KLM, Marwan Lahoud, président du GIFAS et directeur général délégué d'Airbus Group, et Augustin de Romanet, PDG d'Aéroports de Paris (ADP)

Le secteur aérien, représentant 2% des émissions de CO2 d'origine humaine, est très observé et son engagement de longue date n'est pas assez connu. Pourtant, le maillage opéré inlassablement par la profession dans tous les secteurs pour développer l'efficacité énergétique et atteindre, à terme, une économie bas carbone est réel. Au-delà des mots, ce sont bien les actes concrets mis en œuvre pour lutter contre le changement climatique qui permettent aujourd'hui de dire que nos engagements d'industriels font partie de la solution.

Une croissance neutre en carbone du transport aérien international

Pour le cas spécifique du transport aérien international, la responsabilité de limiter ou réduire les émissions de gaz à effet de serre relève de l'Organisation de l'Aviation Civile Internationale (OACI), institution spécialisée des Nations Unies. Le secteur aérien travaille activement aux côtés de l'OACI pour qu'un accord soit adopté fin 2016, lors de la 39ème assemblée générale : en garantissant un traitement équitable entre opérateurs, applicable à compter de 2020, ce dispositif mondial basé sur le marché doit permettre d'atteindre l'objectif d'une croissance neutre en carbone du transport aérien international à compter de 2020.

Pour atteindre cette ambition, les compagnies aériennes, les aéroports ainsi que l'industrie aéronautique, réunis au sein de leur association internationale ATAG (Air Transport Action Group), se sont fixé, dès 2009, des objectifs ambitieux et proactifs de réduction des émissions de CO2, tels que définis par l'Association Internationale du Transport Aérien (IATA) comme l'amélioration de l'efficacité énergétique de 1,5% par an d'ici 2020 ou encore la croissance neutre en émissions de CO2 à partir de 2020 à travers les avancées technologiques, l'optimisation de leurs opérations, le développement de biocarburants et la compensation par des mesures de marché.

Trois acteurs majeurs du transport aérien porteurs d'une ambition

Dans le cadre de l'événement "La COP21 vue du ciel" au Salon du Bourget, à 6 mois de la 21e Conférence des Parties qui se déroulera en France sous l'égide des Nations Unies, et à 15 mois de la 39ème assemblée générale de l'OACI, trois acteurs majeurs français du transport aérien soutiennent ces engagements et souhaitent être ambitieux dans la lutte contre le changement climatique.

Aéroports de Paris, Air France-KLM et le Groupement des Industries Françaises Aéronautiques et Spatiales (GIFAS) ont décidé de réaffirmer par la signature d'une déclaration, leur volonté partagée de maintenir et de renforcer leurs implications, sur le long terme, dans la réduction de leur empreinte climatique.

Devancer les accords mondiaux à venir

En présence des Ministres Laurent Fabius et Ségolène Royal mais également de Tony Tyler, président de l'Association Internationale des Transporteurs Aériens (IATA) et de Philippe Ciais du Groupe d'experts Intergouvernemental sur l'Evolution du Climat (GIEC), ces trois acteurs ont officialisé les engagements d'Aéroports de Paris, d'Air France-KLM et du GIFAS.

Ces engagements proactifs d'amélioration de leur empreinte climatique devancent les accords mondiaux à venir que les trois acteurs appellent de leurs vœux, s'inscrivent dans une ambition encore plus élevée que les engagements pris par l'ensemble du secteur, et définissent des objectifs concrets et chiffrés de poursuite continue de la réduction de leurs émissions de gaz à effet de serre entre maintenant et 2020.

Faire converger toutes les innovations technologiques

Entre autres engagements chiffrés, Aéroport de Paris s'engage à diminuer les émissions de CO2 de ses infrastructures aéroportuaires par passager de 50% entre 2009 et 2020, pour sa part, le groupe Air France-KLM s'engage à réduire de 20% les émissions de CO2 de ses opérations aériennes entre 2011 et 2020 (en grammes de CO2 par passager et par kilomètre) et le GIFAS, quant à lui, s'engage à faire converger toutes les innovations technologiques afin que les nouveaux appareils, produits et équipés par leurs membres, réalisent une réduction de 50% des émissions de CO2 en 2020 et de 75% en 2050 par rapport à 2000.

Une conviction commune

Cette signature s'inscrit dans une démarche collaborative de toute la communauté du transport aérien, pilotée par le GIFAS et le Salon International de l'Aéronautique et de l'Espace, pour présenter, durant toute la durée du salon, les avancées concrètes opérées depuis des décennies, les innovations et les recherches en cours, en matière de réduction de l';empreinte écologique.

La signature de ce texte renforce cette conviction commune que le transport aérien est un moteur crucial de la croissance socio-économique mondiale et qu'il doit poursuivre sa démarche proactive en faveur du climat par des actions concrètes de réduction des émissions de CO2 et d'amélioration de la performance énergétique, d'ici à 2020.

Conscients que la lutte contre le changement climatique est l'affaire de chacun et que seule une implication forte et innovante sur les questions environnementales des industriels aux côtés des Etats permettra de contribuer à l'atteinte des objectifs et notamment contenir la hausse des températures à 2°C en 2100, Aéroports de Paris, Air France-KLM et le GIFAS souhaitent montrer la voie d'un effort continu de réduction des émissions de CO2.

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Trois questions à Alexandre de Juniac, Pdg d'Airbus Group / 
Propos recueillis par Laurent Lequien

Trois questions à Marwan Lahoud, Pdg d'Airbus Group /
Propos recueillis par Laurent Lequien

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Commentaires
a écrit le 19/06/2015 à 0:50 :
En attendant, ce que nous a montré ce secteur est :
- l'efficacité de son lobbying pour être exclu des quotas d'émission de GES
- l'absence de taxe sur le kérozène
- l'utilisation d'avions inadaptés pour les distances inférieures à 1000km (les avions à réacteurs ne sont pas plus performants sur ces distances mais consomment 2 fois plus et ont besoins de plus grandes pistes que les avions à hélices).
- des avions qui se déplacent sur les pistes avec leurs réacteurs alors qu'un autre mode de propulsion serait bcp plus efficace.
- aucune mesure simple pour réduire la place des déchets et mettre en place le tri
- un taux de remplissage sans volonté d'amélioration sur les trajets dit "navettes"
- .../...
a écrit le 18/06/2015 à 13:30 :
Vous financer les retraites par une taxe sur l'énergie et vous régler le climat et le problème d'Air France.
Réponse de le 18/06/2015 à 14:45 :
les grands pollueurs industriels seront toujours hors jeu... bla bla indigné

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