L'employabilité, ça se travaille !

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(Crédits : DR)
La vie professionnelle n'est plus un long fleuve tranquille. L'emploi à vie est révolu et les transitions et les reconversions au cours d'une carrière seront de plus en plus nombreuses et brutales. Sans anticipation, point de salut ! Par Thierry Grimaux, associé de Valtus, cabinet de management de transition

Enterré le CDI ad vitam æternam. Finies les carrières entières au sein d'une même entreprise. Les diplômes et le talent n'y pourront rien changer. Et ceux qui ne l'ont pas compris et anticipé sont en train de se préparer à un bel avenir... de chômeur.
Notre cabinet de management de transition reçoit quelques centaines de candidatures par mois de cadres supérieurs et dirigeants aux CV bien remplis. Nous n'en retenons qu'une petite vingtaine. Pourquoi si peu ? Parce qu'ils n'ont pas su entretenir leur employabilité, tout au long de leur carrière.

Le secret de ceux qui rebondissent ? Ils sont acteurs, mais plus encore entrepreneurs de leur carrière. L'entrepreneur, c'est celui qui prend des risques, qui ne s'endort jamais sur ses lauriers, qui avance et saute les obstacles, qui saisit les opportunités, qui cherche à rester à la page (c'est une question de survie). Tel un joueur d'échec, il a toujours un coup d'avance ! Gérer son employabilité, c'est la même chose. La recette de ceux qui savent rester employables ? Une bonne dose de mobilité, une grande rasade de relationnel, et une pincée de visibilité, sans oublier l'ingrédient essentiel : l'expérience.

La mobilité : un état d'esprit

La mobilité doit s'entendre au sens large du terme.
Géographique bien sûr ! Les parcours à l'international dénotent d'une certaine ouverture d'esprit, d'une grande capacité d'adaptation, d'une approche multiculturelle et apportent à un CV une saveur particulière, chère à nombre d'entreprises.
Mais aussi intellectuelle... La diversité des postes, des secteurs et des employeurs démontre curiosité, goût du challenge, adaptabilité, prise de risque et faculté de remise en question. C'est ce que liront -et apprécieront- les employeurs entre les lignes.

Les expériences avec un grand S à la fin

Ce que regardent les employeurs, c'est également l'expérience, plus exactement les expériences, synonymes de savoir-faire indiscutables. Elles ne sont intéressantes que si elles sont réutilisables, que si le savoir-faire est duplicable et actualisé. L'obsolescence du savoir est le pire ennemi du cadre. La formation est indubitablement la clé pour rester en phase avec les attentes et les besoins du marché.
À titre d'exemple, nos meilleurs managers sont ceux qui consacrent leurs périodes d'intermission à leur formation. Que ce soit pour rester à la pointe de l'actualité, de leur métier et des technologies, ou pour entretenir leurs capacités managériales et développer leur savoir-être. Chez Valtus, nous organisons régulièrement des séminaires à leur attention et ce sont toujours les plus employables (et donc les plus occupés) qui y assistent. Une preuve supplémentaire s'il en fallait.

L'indispensable réseau

Le relationnel constitue le 3e pilier de l'employabilité. Comprenez ici le réseau au sens large : un carnet d'adresses, des liens avec les clients, les concurrents, les pouvoirs publics, les bonnes ressources, etc. Mais Rome ne s'est pas faite en un jour. Se constituer un réseau, solide et efficace, nécessite du temps et une implication réelle. C'est un travail régulier et opiniâtre, fait de soirées pour rencontrer de nouvelles têtes ou rester en contact avec les anciennes, d'appels téléphoniques pour prendre des nouvelles ou proposer son aide quand un ami est à terre, et de prises de risque en allant vers autrui. Sans oublier de respecter les codes et usages de tout bon réseauteur comme donner avant de recevoir.
Il faut avoir en tête que les trois quarts des changements de postes se font grâce au réseau et plus le poste est élevé, plus cette proportion augmente !

Faire savoir son savoir-faire

Élargir et cultiver son réseau est donc capital. Mais il est également possible d'actionner d'autres leviers pour se rendre visible sur le marché. Car à quoi bon être employable si personne ne le sait ! Participer à des colloques et autres tables rondes, rédiger et publier des articles, animer un blog... Les possibilités ne manquent pas pour valoriser son savoir-faire. Sans compter l'incroyable mine de contacts à portée de clics grâce aux réseaux sociaux !

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Commentaires
a écrit le 15/01/2016 à 9:51 :
Il faut mieux être en CDI pour pouvoir bénéficier de formation.
La mobilité, ok mais ça coute cher et sur tous les plans (familial, financier, etc.)
mobilité et réseau ? c'est pas un peu paradoxal ?
a écrit le 14/01/2016 à 11:15 :
L'auteur fait bien de rappeler ces quelques conseils , reste que l'article ressemble beaucoup à un publi-reportage vous en conviendrez ?
a écrit le 14/01/2016 à 9:24 :
Il faut tout de même mieux être en CDI pour pouvoir bénéficier de formations...

Le réseau, c'est bien mais ça se construit et pas en 6 mois de temps.

Concernant la mobilité géographique, elle a un prix: familiale (quand le conjoint travaille), financier (un déménagement coute cher), culturel (il faut oublier de devenir propriétaire), etc.

Si la mobilité d'emploi est restreinte actuellement, cela s'explique surtout par le fait que les périodes d'essai des CDI sont devenues très longues. Quelqu'un en CDI va-t-il prendre le risque de se faire remercier pendant la période d'essai ? oui peut-être à 30 ans et non à 50 ans.

Vous ouvrez beaucoup de portes ouvertes mais sans analyse des limites et obstacles
a écrit le 14/01/2016 à 9:05 :
Après on s'étonnera de la violence de nos sociétés mercantiles ou le travail envahie tout l'espace social et ou la compétition et la réussite remplace la solidarité et le vivre ensemble.

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