Réforme du stationnement payant : comment révolutionner les villes grâce au Smart Parking ?

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Guillaume Chelius, PDG et co-fondateur d’HIKOB
Guillaume Chelius, PDG et co-fondateur d’HIKOB (Crédits : DR)
A cette date, la réforme de la décentralisation du stationnement payant sur voirie en France entrera en vigueur, une révolution pour les 800 collectivités concernées. Mais attention, les collectivités n'ont plus que quelques mois pour se préparer à cette nouvelle législation, sous peine de voir leurs zones payantes se transformer en zones de stationnement gratuites à durée limitée. Par Guillaume Chelius, PDG et co-fondateur d’HIKOB

A première vue, le transfert aux villes de la gestion des amendes liées au stationnement peut être perçu comme source de préoccupations. Mais si le dispositif mis en place par les collectivités est bien pensé et bien géré, cette réforme peut se transformer en réelle opportunité pour les communes comme pour les citadins.

Concrètement, l'automobiliste qui n'aura pas payé la totalité de la durée de son stationnement ne s'exposera plus à l'amende pénale de première classe (17 euros) perçue par le Trésor Public, mais à une redevance de stationnement majorée basée sur le temps réel : le forfait de post-stationnement (FPS).

Chaque commune sera libre de fixer le tarif du FPS selon ses propres spécificités, et son montant sera intégralement perçu dans les caisses de la commune, une grande nouveauté !

Le stationnement, un enjeu de mobilité urbaine pour une ville durable

L'objectif de cette réforme est simple : laisser place à un puissant levier de la politique de stationnement de chaque ville à visée économique et écologique. En effet, le non-paiement du stationnement freine la rotation des places, réduit l'attractivité des centres villes et de leurs commerces, entrainant une congestion du trafic (10% de la circulation urbaine) et des pollutions supplémentaires dont les premières victimes sont les citadins.

Quand on sait que les français perdent plus de 70 millions d'heures (1) par an à chercher une place de stationnement, soit une perte de 600 millions d'euros chaque année, cette mesure est l'occasion de favoriser la mobilité urbaine et tendre vers une ville durable en incitant la rotation et en améliorant la circulation automobile. De quoi réduire la pollution et relancer le dynamisme des centres urbains !

Rétablir le principe d'équité et donner plus de cohérence et d'efficacité aux politiques de stationnement sont les fers de lance de cette réforme. Les collectivités seront entièrement libres dans la manière de gérer leur politique de stationnement et pourront confier la mission de délivrer les avis de paiement à leurs propres agents ou la déléguer à des entreprises privées.

Le Smart Parking : un maillon incontournable de la ville intelligente

Aujourd'hui, en France, la gestion du stationnement payant sur voirie est particulièrement inefficace : seules 20% des infractions au stationnement payant sont sanctionnées (2) ! Le stationnement constitue donc une source de revenus non négligeable pour les collectivités, largement sous-exploitée.

Une véritable opportunité économique si les collectivités locales mettent en place un dispositif optimisé. Outre les nombreux points à statuer tels que : le barème tarifaire de la redevance de stationnement, le montant du FPS, la définition des modalités de surveillance... une question se pose : comment identifier la durée de stationnement pour maîtriser le processus de forfait post-stationnement ?

Des systèmes intelligents existent, basés sur des réseaux de capteurs, qui permettent de détecter les véhicules afin de remonter les temps de présence de stationnement. Les bénéfices des applications de Smart Parking vont même au-delà avec la localisation des places de stationnement disponibles, la mesure du taux d'occupation du parc de stationnement de la ville, etc...

Les collectivités peuvent ainsi proposer un vrai service aux usagers, en les guidant en temps réel pour trouver les places de stationnement libres à proximité et en offrant un plus grand confort dans les déplacements urbains, grâce à une baisse de la congestion du trafic.

Cette réforme sera l'occasion pour les collectivités d'offrir aux citoyens des services supplémentaires et d'accroitre leur qualité de vie en participant à la réduction du bruit et de la pollution de l'air, tout en fluidifiant la circulation : une vraie transition vers la Ville Intelligente.

Soyons réalistes, la technologie ne se suffit pas à elle-même, mais elle représente un outil d'aide indispensable aux agents de surveillance des villes, pour rendre leur travail plus efficace !

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1 Recherche menée par SARECO, dans le cadre du PREDIT et pour le compte de l'ADEME

2 Rapport de La Fédération des Villes Moyennes, Le stationnement, enjeu de mobilité urbaine - Février 2013

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Commentaires
a écrit le 28/06/2017 à 10:02 :
Tiens j'ai vu que maintenant il faut donner sa plaque d'immatriculation (parking de vinci) pour pouvoir payer son ticket de stationnement... du coup je suis parti. Mais que fait la CNIL ?
a écrit le 25/06/2017 à 11:33 :
Très fort cet article ! Je site : " avec plus de 70 millions ... 600 millions d'euros" ok pour les chiffres. Mais tout le reste ! Utiliser l'argument "en faveur pour réduire la pollution et dynamiser les centres villes" Nous serons certainement obligé de déplacer nos voitures plus souvant ou de payer plus, beaucoup plus (donc plus de pollution et plus de trafic), et ne sortez pas l'argument des guidages intelligents, nous n'avons toujours pas un réseau de transport en commun suffisament développé pour en faire une alternative a l'échelle nationnale.

Donc comment faire passer la pillule d'une taxation encore plus présente et un traçage des déplacement individuels ? L'argument écologique.

Presse libre La tribune ? Honte à vous Guillaume Chelius d'écrire des articles de cet acabit.

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