Stiglitz : « L'économie américaine est malade des inégalités »

 |   |  1899  mots
Joseph Stiglitz, prix Nobel d'économie 2001, est spécialiste des inégalités
Joseph Stiglitz, prix Nobel d'économie 2001, est spécialiste des inégalités (Crédits : Reuters)
La croissance américaine n'est qu'un feu de paille, estime le prix Nobel d'économie Joseph Stiglitz, dans une interview à La Tribune. L'immense majorité des américains, dont les revenus stagnent, ne peuvent éternellement consommer à crédit. Le risque existe de tensions sociales grandissantes. Contre les inégalités, il faudrait limiter le pouvoir de la finance et redonner une capacité de négociation aux syndicats. Tout en revoyant un système fiscal qui encourage la spéculation

L'économie américaine se porte bien, comme on l'a vu au deuxième trimestre (3,7% de croissance en rythme annuel), alors que l'Europe peine à sortir de la crise. Peut-on voir là l'effet d'un trade-off entre inégalités et croissance, les Américains acceptant plus d'inégalités, mais bénéficiant en retour d'une croissance économique supérieure ?

D'abord, on ne devrait jamais s'attarder sur la croissance trimestrielle. Au premier trimestre, la croissance américaine a été négative, le PIB a reculé. Cette économie est très volatile. Les chiffres peuvent être positifs un trimestre, puis négatifs un autre. La vérité, c'est que la croissance américaine est faible, très faible, même si elle dépasse les niveaux européens. On s'attend à 2,2% de hausse du PIB cette année, ce qui est bien inférieur aux niveaux d'avant crise.
Deuxième chose : si tous les fruits de la croissance vont dans la poche de... Bill Gates, cette expansion n'a pas grand sens pour l'immense majorité des citoyens. De 2009 à 2012, 91% de la hausse des revenus est allé dans la poche de 1% des Américains. 99% des gens n'ont pas vu la couleur de cette croissance. Le revenu median est aujourd'hui inférieur à son niveau d'il y a 25 ans. En bas de l'échelle, les salaires sont à peu près identiques à leur niveau d'il y a 50 ans !

Voilà pourquoi, quand je porte un jugement sur la santé de l'économie américaine, je dis qu'elle est vraiment malade, que c'est un échec. La hausse du PIB, la croissance, ne nous dit rien du bien-être de l'immense majorité des citoyens. L'économie doit être au service de la société, elle ne doit pas tourner au profit de 1% des gens.
On voit les conséquences de cette situation quand on se penche sur la réalité de la vie de l'immense majorité. L'insécurité est en forte hausse, les gens ont peur de perdre leur maison, leur job... La réforme de la santé voulue par Obama va dans le bons sens, mais cela n'empêche pas le sentiment d'une grande insécurité.

Pourtant, les entreprises américaines vont mieux, la consommation est en hausse....

Les entreprises peuvent se moquer de la situation des Américains, si elles font du business ailleurs, dans une Chine en croissance, par exemple. Mais la Chine ne va plus si bien ! C'est donc un pari risqué. Quant à la consommation, si elle ne se porte pas trop mal, c'est grâce au crédit ! Avant la crise de 2008, les 80% d'Américains les moins riches consommaient 110% de leur revenu. Cette « désépargne » a pris fin un certain temps, mais la majorité des consommateurs dépense à nouveau plus de 100% de leur revenu. Cela ne peut pas durer ! On ne peut pas éternellement acheter des voitures à crédit. Il se forme alors des bulles de crédit.

Ces bulles vont-elles éclater ?

Peut être pas éclater, mais, tôt ou tard, la consommation va être contrainte par la faiblesse du revenu. Les 20% les plus riches épargnent à hauteur de 15% de leurs revenus, cela représente 6% du PIB. Or l'épargne globale est inférieure à ce niveau. Cela prouve bien que 80% des gens consomment plus que leurs revenus. La consommation va donc retomber. Et la croissance s'en ressentira.

Vous soulignez le rôle de la finance dans la montée des inégalités. Quel est-il?

La finance sort gagnante de ce système où les gens vivent à crédit, grâce aux intérêts perçus, aux commissions. L'argent va de la poche des Américains dans celles de banquiers. Le secteur financier est passé de 2,5% du PIB à 8% du PIB aux Etats-Unis. Sans apporter aucune amélioration à l'économie. Payer pour un meilleur moteur, cela peut-être intéressant. Mais payer toujours plus pour un système financier qui est de moins en moins efficace, voilà qui pose question. Un exemple : pour une épicerie de quartier, les seules commissions sur cartes bancaires représentent la moitié du bénéfice de l'épicier ! On comprend pourquoi les esprits les plus brillants se tournent vers les banques.

Comment en est-on arrivé là ?

Reagan a dérégulé le secteur financier, ce qui a été une erreur majeure. Cette dérégulation a été étendue à toutes les entreprises, qui sont tombées sous la dictature du court terme. Les banques sont censées prendre de l'argent aux particuliers pour les reverser aux entreprises. Aujourd'hui, l'argent part des entreprises vers les riches particuliers.

Pourtant, Barack Obama avait bien l'intention de réguler la finance ? A-t-il échoué?

Oui, sur ce plan, il a échoué. Le problème, c'est qu'il a laissé beaucoup trop d'influence à la finance, au sein de l'administration. Tim Geitner, de la Réserve fédérale, a été appelé comme l'un des principaux conseillers pour réformer les banques : cela revient à demander à ceux qui avaient échoué dans la supervision de la finance, qui en étaient très proches, de venir la réformer. Cela ne pouvait pas fonctionner.  D'autant que Tim Geitner est retourné, comme prévu, vers le secteur financier. Il n'allait tout de même pas rudoyer ses futurs employeurs !

Les patrons qui financent les campagnes électorales n'ont-ils pas une influence prépondérante ?

C'est vrai, mais le problème est plus vaste. Obama a été intimidé par les banquiers. Ils lui ont dit : si vous ne nous traitez pas bien, l'économie va aller encore plus mal. Il a donc eu peur d'eux. Plutôt que d'écouter les économistes, qui voulaient réguler la finance, il a donc donné la priorité aux banquiers.

Qu'aurait-il fallu faire ? Qu'auriez-vous préconisé, si Obama vous avait demandé conseil?

J'aurais posé deux questions qu'il a omis de poser. La première, c'est celle du poids dans des banques dans notre société. La seconde, c'est : les banques font-elles vraiment leur métier ?
Huit ans après le début de la récession, les prêts aux entreprises sont inférieurs à leur niveau d'avant crise. Les prêts servant à la spéculation se sont envolés. J'aurais rendu leur système bancaire plus concurrentiel, j'aurais imposé des limites aux commissions sur les cartes de crédit et de débit, j'aurais restreint l'utilisation des CDS et autres produits spéculatifs. J'aurais dit aux banquiers : votre métier, c'est de prêter ! J'aurais accru la transparence du système, combattu le shadow banking.
Tout cela n'a pas été fait, même si la loi Dodd Frank était un début. Mais bien insuffisant.

Que faut-il faire contre les inégalités, aujourd'hui ? Seulement augmenter l'impôt sur le revenu ?

Je pense qu'il faut plutôt s'attaquer à la question des revenus avant redistribution, avant intervention de l'impôt. Et pas seulement se concentrer sur la redistribution par l'impôt. Notamment aux Etats-Unis. Nul doute que les autres pays occidentaux suivraient peu ou prou.
La vérité, c'est que la productivité a augmenté ces 30 dernières années, aux Etats-Unis, mais que les salaires n'ont pas du tout suivi cette hausse. C'est totalement inhabituel. D'ordinaire, les salaires suivent la productivité. Pour rompre avec ce blocage salarial, il faut redonner aux salariés du pouvoir de négociation, limiter la capacité d'action des PDG. Je rappelle que la rémunération des patrons américains est passée de 20 fois le salaire ouvrier à 300 fois ce salaire... Et ce n'est pas une productivité en hausse qui aurait justifié cela. Les patrons de banques, qui sont les mieux rémunérés, ont une productivité négative, sur les dernières années ! Voilà le problème central, s'agissant des inégalités, sur lequel on devrait se concentrer.

Comment  infléchir cette tendance ?

Il faut accroître le pouvoir des syndicats, améliorer la gouvernance des entreprises, en augmentant les contraintes pesant sur les dirigeants, développer la transparence sur les rémunérations et le pouvoir des actionnaires à cet égard... Et la fiscalité peut jouer un rôle incitatif dans la répartition primaire des revenus (avant intervention de la redistribution par le système fiscal). Aujourd'hui, aux Etats-Unis, et dans beaucoup d'autres pays, les revenus issus de la spéculation sont beaucoup moins taxés que les salaires. Ces revenus (dividendes, stock-options...) sont l'apanage des plus riches, qui bénéficient donc d'une fiscalité allégée. D'où un système fiscal régressif : on est d'autant moins taxé que l'on est riche. Il faut en sortir.
En alignant l'imposition des revenus du patrimoine sur les salaires, on découragerait la distribution de dividendes, stock-options, etc... On encouragerait au contraire les activités productives.
D'un point de vue plus général, nombre de changements législatifs et réglementaires de ces 30 dernières années ont contribué à l'accroissement des inégalités. Il faut revenir sur ces règles. Ce qu'on a un peu oublié, c'est que le marché ne fonctionne pas sans un minimum de règles.

Comment, par exemple, redonner du pouvoir aux salariés ?

Aux Etats-Unis, on a tout fait pour affaiblir les syndicats en rendant leur organisation, leur vie, plus difficile. On a encouragé les salariés à ne pas payer de cotisation syndicale, ce qui a évidemment affaibli les syndicats. C'est ainsi que la protection des salariés a été petit à petit diminuée.

Que pensez-vous de la proposition de Piketty, d'instaurer une taxation mondiale des capitaux, une sorte d'ISF mondial ?

Je ne suis pas sûr ce que ce soit la meilleure approche. La montée des inégalités est liée aux changements de la règlementation que j'ai évoqués, au système fiscal régressif. La hausse du stock global de capital mise en avant par Piketty est liée à l'augmentation des prix du foncier et de l'immobilier. Cette valeur du capital peut être déconnectée de la richesse croissante des plus riches, qui est beaucoup plus certainement liée à des plus-values sur actions ou stock options. Il faut distinguer aujourd'hui la richesse et le capital. Pour résumer, on ne peut plus assimiler aujourd'hui la richesse d'une nation à la valeur de son stock de capital. Voilà pourquoi la suggestion de Piketty n'est pas forcément la plus opérante.

Jusqu'où peuvent aller les inégalités ? N'y-a-t-il pas une limite ?

On peut parvenir à une situation semblable à celle des pays sous développés, où les inégalités deviennent si élevées que les riches sont contraints de vivre dans des résidences fermées, surveillées, doivent envoyer leurs enfants aux Etats-Unis car, sans cela, ils risquent d'être kidnappés....
On n'en est pas encore là. Mais si le mouvement actuel continue, le risque existe d'aboutir à une telle situation.

Joseph Stiglitz vient de publier "La Grande Fracture, les sociétés inégalitaires et ce que nous devons faire pour les changer", éditions Les Liens qui Libèrent

 ______

>>> INTERVIEW Joseph Stiglitz nous explique le "capitalisme perverti"

C'est ainsi que Joseph Stiglitz décrit notre système économique actuel. Faire le choix entre croissance et équité, il n'en est pas question pour le prix Nobel d'économie en 2001, qui propose dans son ouvrage La Grande Fracture des idées pour changer notre société inégalitaire.

________
>>> Suivez 28 minutes sur le site de l'émission
sur Twitter @28minutes et sur Facebook

28 minutes

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Commentaires
a écrit le 06/09/2015 à 20:18 :
Dire "malade" est en effet soft...
a écrit le 06/09/2015 à 13:20 :
Notes, dire "malade" est plus soft que de reconnaître que c'est le but de la manoeuvre du capitalisme... Quelqu'un peut-il me confirmer que Marx et Roosevelt ont réellement existé..??
a écrit le 05/09/2015 à 22:14 :
En plein délire le Monsieur...Ou alors c'est beaucoup plus grave !
a écrit le 05/09/2015 à 21:50 :
Je pense que M.Stiglitz est complètement en dehors de ces pompes: il ne fait pas le constat que le travail, et le capital, ne sont plus les facteurs limitants dans nos économies: c'est évidemment l'innovation qui drive le monde: trouver une bonne idée, et vous n'aurez aucun mal à la financer dans un univers où les liquidités débordent; dès lors, nous aurons des économies extrêmement volatiles; on voit bien qu'un ralentissement chinois se fait sentir dans l'intégralité du monde, et on comprend bien qu'une bonne idée soit exploitée dans le monde entier, permettant la création de fortunes. Dès lors, la finance répond à cette exigence de traiter ces volatilités phénoménales, en y trouvant évidemment son compte (profits), mais évidemment cela est nécessaire. Je vote pour retirer la médaille Fields à M.Stiglitz, décidément bien décevant (aux intelligents, il sera moins pardonné leur médiocrité..).
Réponse de le 06/09/2015 à 17:22 :
@Bili Hari
Tout à fait d'accord avec vous. L'innovation a toujours guidée le monde et à l'heure actuelle cela va beaucoup plus rapidement et le monde déborde de liquidités et l'information va très vite. Dans ce cadre, nos amis américains ont déjà gagné la bataille IT du 21ème siècle.
Monsieur Stiglitz est "prix nobel" d'économie (qui n'est pas un vrai Nobel). Il n'est pas médaille Fields de Mathématiques, médaille réservée à des extraterrestres -:) de moins de 40 ans (les Français l'ont obtenue 10 ou 11 fois)
Cordialement
Réponse de le 07/09/2015 à 0:05 :
Stieglitz n'a jamais obtenu la médaille Fields, juste un prix Nobel. Évidemment lorsque l'on éructe sa haine de petit libéral déchainé cela ne fait guère de différence...
a écrit le 05/09/2015 à 20:14 :
Heureusement qu'il y à des hommes lucides en ce bas monde. Merci.....
a écrit le 05/09/2015 à 19:01 :
le monde est aussi malade de gens comme vous qui n'avez jamais rien fait de votre vie mais qui nous coûtent une fortune !!!
a écrit le 05/09/2015 à 18:34 :
ok, j'ai eu droit a des commentaires dignes de bons francais, incomptetents en economie, donc
c'est pitoyable, sans me surprendre... je vais donc etre beaucoup plus pragmatique!!!!! et la j'attends les reponses, debilites et mensonges compris
l'insee a publie un rapport precisant que la crise a reduit les inegalites car les pauvres se sont appauvris moins vite que les riches ( quelle surprise)...
un bon prix nobel avec comme seul objectif idiot de focaliser sur la croissance et la reduction des inegalites qui oberent la croissance va donc logiquement chercher a avoir une crise permanente vu que les riches s'appauvrissent en permanence plus vite que les pauvres, ce qui est lobjectif recherche, non, vu que ca reduity les inegalites?
bon evidemment, degat coleteral sans importance, les pauvres sont ' relativement plus riches' tout en ayant bcp plus de pbs, mais vu que c'est pas le pb, ca va ' ala francaise, arrogance comprise'
messieurs dames, prix nobel ou simple idiot de francais, merci de revoir vos cours d'optimisation, y compris par l'optimisation multicritere ( je vous epargne les details mathematiques, seul stiglitz arriverait a les comprendre ici vu que le francais a le meme niveau en maths qu'en economie!)
apres vous atterirez un peu et vous rendrez votre carte du parti socialiste
( pour les gens arrogants qui veulent discuter avec moi, je leur suggere les lectures de patrick artus et gourieroux et monfort, je ne propose pas de lvre en anglais, je connais le niveau...)
Réponse de le 05/09/2015 à 21:24 :
Dites, le journalisme RP ça paie bien ? cela m'intéresse.
Réponse de le 06/09/2015 à 9:22 :
@Churchil . Ne vous en déplaise l économie n est pas une science aussi il n est pas nécessaire d avoir fait des études pour en parler , c est une sorte de débriefing plus ou moins intelligent selon qu on est idéologue ou neutre .
Je vous suppose idéologue pouvez vous me contredire ?
Cordialité . .
a écrit le 05/09/2015 à 18:30 :
Tout règne tombe tôt ou tard et la France aussi tombera tôt ou tard
a écrit le 05/09/2015 à 17:37 :
On pourrait dire en étant très proche de la réalité que le Titanic est en train de sombrer alors que l’orchestre continue à jouer.
Tout le monde hait le capitaine et l’équipage, mais personne ne sait qui pourrait bien le remplacer. Voilà notre grand dilemme !
a écrit le 05/09/2015 à 16:57 :
En France, l' ''Enarquie'' gouverne depuis des decennies. Des '' elites incompetentes'' formes a la fonction publique, au centralisme et j'en passe ! C'est a mon avis.... une des raisons majeures a la reputation de la France qui est '' non reformable''. Pourquoi des '' ENARQUES FONCTIONNAIRES ET CARRIERISTES'' vont changer de politique. Ils ne vont pas '' SCIER LA BRANCHE SUR LAQUELLE, ILS SONT BIEN ASSIS''. Pas de risque, pas de responsabilite majeure avec l'argent public ( nos impots), ils sont remuneres grassement. Creer des emplois avec des '' ENARQUES FONCTIONNAIRES'', c'est a mourir de rire ou de honte. Beaucoup ne savent meme pas ce qu'est une entreprise privee. Expatrie aujourd'hui, je ''rigole'' sur la France avec ses detracteurs ( pays centralise, arrogant et incapable de se reformer et creer des emplois PRIVES ...LES VRAIS. Nos super-diplomes ( Enarques) sont incompetents depuis des decennies a reformer une France pourtant plein d'atouts ( je sais moi...pourquoi ! ). Le '' pompom de l'immobilisme'' revient a Chirac, une elite parmi d'autres qui s'est contente de faire une carriere politique tout au long de sa vie. Comment parler d'emplois prives avec des gens comme lui '' fonctionnaire de la politique'' et carrieriste de la chaise fixe .
a écrit le 05/09/2015 à 14:11 :
Alignement de la fiscalité des dividendes sur celle des salaires: cela fait un bail que c'est fait en France, et même pire puisqu'ils subissent une CSG (et annexes) de 15,5% contre 8% pour les salaires. Ça a changé quelque chose? Rien du tout. Taxer à tout crin n'a jamais été une solution. Et un dividende n'est pas forcément spéculatif: je détiens quelques parts sociales de mon crédit mutuel, je touche un petit dividende tous les ans, où est la spéculation??? Enfin, sans capital, pas de travail. Tout prix Nobel qu'il est, ce monsieur a un discours un peu simpliste. Réduire les inégalités, je suis d'accord, mais en agissant à la source: baisser les retenues salariales par exemple (aucun gain au passage pour l'employeur), mettre une limite au salaire des dirigeants (x fois le salaire minimum de la boîte, à négocier niveau entreprise), compenser cette limite par l'accès à une couverture chômage, bref, il y a plein de leviers autres que la taxation punitive, seul crédo des gens de gauche.
a écrit le 05/09/2015 à 12:41 :
Malades, mais ils savent toujours nous arnaquer:
"Mauvais départ pour le mariage XPO Logistics - Norbert Dentressangle"
"L’offre publique d’achat (OPA) du transporteur américain XPO Logistics sur le français Norbert Dentressangle, qui lui a permis de contrôler 86,25 % du capital"
"L’argument-clé qui a permis de faire digérer ce choc tant en interne qu’à l’extérieur a été celui de la « continuité managériale ». M. Montjotin restait le patron opérationnel de Norbert Dentressangle, rebaptisé XPO Europe. Il prenait même en charge tout le développement futur de l’américain sur le Vieux Continent. Autre garantie, les centres de décision de ce nouvel XPO Europe resteraient en France"
L'ex-patron est viré, le nouveau patron à la tête de Norbert Dentressangle ne parle pas le français et réside aux Etats-Unis.............
Le Monde
a écrit le 05/09/2015 à 12:06 :
Cet homme de gauche rabâche avec d'autres que les USA, c'est presque fini et pourtant ils n'ont jamais été aussi puissants si on songe qu'ils ne représentent que moins de 1/20 ème de la population mondiale. Ce Stiglitz devraient professer en France, pays où l'égalitarisme fait des merveilles. Il y trouvera une lumière: Picketty. Les médias adorent ce genre de théoricien bien démago.
Réponse de le 05/09/2015 à 13:04 :
Excellent ! C'est exactement ça !
a écrit le 04/09/2015 à 16:40 :
Malade, oui mais avec 5% de chômeurs !! Ici on est en bonne santé, mais avec10% de chômeurs !! Cherchez l'erreur...
Réponse de le 04/09/2015 à 23:44 :
Les chiffres de % de chomeurs ne veulent rien dire ! Aux usa, c'est des mi temps payés au smic et ils sont virés du jour au lendemain...en france, c'est de la longue durée et beaucoup de gens ne sont pas comptés dans les chiffres. allez vivre aux usa. bonne chance si vous survivez.
Réponse de le 05/09/2015 à 12:02 :
aux etats-unis, virer du jour au lendemain, mais aussi embaucher du jour au lendemain. C'est toute la différence.
Réponse de le 06/09/2015 à 15:13 :
" embaucher du jour au lendemain.C'est toute la différence. "
ya aucune différence, les usa ont un chomage faible mais une situation d'esclavage moderne capitaliste, c'est tout, allez y vivre si ça vous plait d'etre un esclave moderne.
a écrit le 04/09/2015 à 8:28 :
C'est la démocratie
Les américains votent pour que le system continue alors ça continue

Idem pour nous on vote pour des nuls des menteurs et quand ils se représentent on revote pour eux

Résultat les élites vivent grassement et le peuple n a qu'à se débrouiller
a écrit le 04/09/2015 à 7:50 :
Parler des USA ? Ce monsieur ne s'est-il pas rendu compte que nous avons exactement la même situation en France : Les salaires des PDG explosent car les sociétés ne s'intéressent pas à ceux qui produisent ce qui est vendu, mais qu'aux actionnaires ! C'est le monde de la finance qui dirige la France aussi ! Pas besoin d'aller bien loin....
Réponse de le 04/09/2015 à 16:39 :
Videz votre Carnet de caisse d'épargne et achetez des actions ! Vous serez alors actionnaire vous aussi, et bongo ! Vite !
Réponse de le 04/09/2015 à 22:56 :
@Pat34: Vous me donnez l'argent pour acheter ces actions? Et on ne dit pas "bongo", mais bingo... Bref, votre réponse n'apporte rien de constructif
Réponse de le 05/09/2015 à 12:06 :
Il rendre à Hollande le fait d'avoir taxer les dividendes et plus value au meme niveau que les salaires. Meme si j'ai eu mal au derriere quand il a fait ça, ça va dans le bon sens. Maintenant il aurait du aller jusqu'au bout en controlant les deficit.
a écrit le 03/09/2015 à 14:55 :
Il n'est pas sérieux d'évoquer le salaire des patrons dans un discours macro de ce type. Mais l'on ne saurait descendre trop bas. Combien y a-t-il de grands patrons aux USA pouvant prétendre à de tels salaires ? En tout les 500 du classement Fortune puis éventuellement 2600 autres comptant un chiffre d'affaire supérieur à 1 milliard de dollar. Voila un compte bien large. Ces gens atteignent le niveau cité, qui reste une exception, durant moins de 10 années de leur vie. Bien entendu il existe quelques champions dont tout le monde parle mais fort rares. On peut en parler mais l'on voit que ce n'est pas là le socle permettant une projection s'agissant des syndicats et autres réflexions. Sont évoqués aussi les CDS "credit default swaps" assurances permettant un effet de levier vécu à la manière Hollande comme des cadeaux aux patrons mais rien n'est dit sur les Q.Es terriblement socialistes dans l'idée de création monétaire par le crédit keynésien. L'économiste bavard prône en fait la relance de masse qui est un crédit d'ensemble par planche à billet mais reste hostile au crédit individuel.... : tout et son contraire. Dans la même idée celui dont les travaux les plus importants ont influencé la mise en oeuvre de ce que l'on a appelé le "salaire d'efficience" soit pour traduire les salaires très bas comme résultante, se plaint aujourd'hui de ce qu'il a imposé hier. Triste.
a écrit le 03/09/2015 à 12:11 :
M.Stiglitz, c'est bien ce Monsieur qui soutenait il y a peu que les dettes d'états ne sont pas un problème? Il devrait aller conseiller les grecs, et faire son mea culpa..
a écrit le 03/09/2015 à 11:15 :
La même chose guette le Royaume-Uni. Là-bas tout le monde est surendetté, que ce soit pour un logement ou pour des études. Tôt ou tard ça va exploser, et le résultat ne sera pas beau à voir.
a écrit le 03/09/2015 à 11:13 :
Comme le modèle américain se diffuse dans le monde c'est la Monde qui est malade des inégalités qui ne font que de s'accroitre dans tous les pays du monde quelque soit le régime politique!
a écrit le 03/09/2015 à 10:50 :
Bravo Mr Stiglitz et merci la tribune pour cet article!!! Enfin de l'analyse fine et sans langue de bois! Par les temps qui courent cela fait du bien. A rééditer et à développer!
a écrit le 03/09/2015 à 10:05 :
STIGLITZ la girouette,,,,avec Krugman il fait la paire d'écocomique-istes qui plaisent aux français, vous savez, ceux qui habitent dans le dernier pays d'Europe crypto-communiste, corporatiste,etc, la FRRRRANCE, quoi! En fait, Stig-çaglisse devient un conservateur en monétaire, après avoir été le héraut de l'achat à crédit. Avant la crise de 2008, il était surtout connu pour avoir soutenu que Fani Mae et Freddy Mac, les deux géants du ponzi populaire étaient à l'abri de la crise...Il existe même des sites dédiés aux inepties Sti.pointG.liz ...Mais comme en France, on est plutôt anti-américain, en tout cas en économie, on le porte aux nues. Et il dit: "Aux Etats-Unis, on a tout fait pour affaiblir les syndicats en rendant leur organisation, leur vie, plus difficile. On a encouragé les salariés à ne pas payer de cotisation syndicale, ce qui a évidemment affaibli les syndicats. C'est ainsi que la protection des salariés a été petit à petit diminuée." En France, comme on est meilleur, on fait payer le cochon de payant d'impôts pour subventionner les syndicats qui ne représentent plus rien sinon leurs intérêts de dirigeants ... On peut lui reconnaitre au moins une chose, il ne va pas aussi loin que Pique-petit , vous connaissez le nouveau Marx des ecocomicsbrothers....
Réponse de le 03/09/2015 à 10:41 :
Il n'y a que les imbéciles qui ne changent pas d'avis.
Réponse de le 03/09/2015 à 11:20 :
dire autant d'inepties en si peu de lignes, c'est fort !!! bravo à vous
Réponse de le 04/09/2015 à 19:07 :
Mais bien sûr, Stiglitz est un crypto communiste déchainé, un peu simplet aussi. Bon il a eu un prix Nobel mais tous les distingués commentateurs du coin en auraient fait autant, hein.
Mieux vaut rire des inepties locales plutôt que de désespérer du niveau mental de la France...
a écrit le 03/09/2015 à 10:03 :
Notre seul salut à nous les riches, ce serait de supprimer tous les moyens d'information aux pauvres et espérer qu'ils aient à minima de quoi manger, genre un peu de pain et d'eau. On pourrait comme ça continuer de les lessiver sans risque. Sordide monde dans lequel nous vivons!...
a écrit le 03/09/2015 à 9:30 :
C'est marrant. Plus personne n'écoute ce monsieur aux Etats-Unis. Seule la France, obsédée par l'égalitarisme prête une oreille attentive à ses discours. Quand il aura compris que ce qui compte ce ne sont pas les inégalités de revenu mais le pouvoir d'achat des citoyens et la mobilité dans l'échelle sociale grâce à l'effort et la réussite. Malheureusement la France est très mal placée dans ces domaines...
Réponse de le 03/09/2015 à 10:47 :
houlala je crois que vous devriez reviser vos cours d'economie!!!
Réponse de le 05/09/2015 à 19:46 :
raisonnement spécieux donc sans intérêt
a écrit le 03/09/2015 à 9:18 :
vos pubs sont insuportables !
a écrit le 03/09/2015 à 9:18 :
vos pubs sont insuportables !
a écrit le 03/09/2015 à 9:14 :
Pour équilibrer les commentaires :
-les traders ont retrouvé en 2015, le niveau de primes d'avant crise tandis que pour 80% des américains, retour au pouvoir d'achat d'il y a 25 ans. Excusez du peu!
-renseignez vous sur les niveaux de régulation respectifs avant de débiter des sornettes. Croyez vous que pour E Macron, l'ennemi soit encore "la finance". La séparation des activités bancaires en France mise en place par Moscovici avec ses amis, est deux à trois fois moins contraignantes que celle retenue par les Anglo Saxons.

Voilà juste les faits débarrassés des scories du jugement.
a écrit le 03/09/2015 à 9:01 :
Les rentes sont le problème mais rentier ne veut pas dire forcément riche, en France, de nombreux rentiers ne sont pas riches (les fonctionnaires, par exemple), c'est probablement ce qui manque à l'analyse de Stiglitz qui voit le monde à travers la situation aux USA. Mais que ce soit les banquiers ou les fonctionnaires qui monopolisent la richesse et/ou la sécurité, le résultat est le même, la société est en panne.
a écrit le 03/09/2015 à 8:35 :
c'est affligeant de voir que des prix nobels ne comprennent pas les fondements de l'economie
le pb c'est pas les inegalites, le pb c'est la circulation de la richesse! et la nuance est de taille! quand un gars sortira un facebook ameliore, zuckerberg ne sera plus milliardaire!!!
pour le reste, je propose de faire des etats unis un pays nord coreen ou les inegalites sont minimes; les resultats seront les memes que dans les pays de l'est ou les inegalites etaient minimes aussi et ou les gens n'avaient pas de quoi manger ( enfin ' sauf les hauts membres du parti') cf ' entrepot jaruzelski reenchante pour tous!!
quand il aura compris ca il comprendra que la richesse relative est toute... relative, et que l'important c'est l'absolu! rien a voir entre un africain pauvre et un americain pauvre, et que pour aller dans l'extreme avoir une bugatti veyron en or a 10 millions ca ne permet pas de rouler plus vite qu'avec une renault twingo un peu moins chere!
l'economie reste une science molle et evolutive, a la difference des maths !
Réponse de le 03/09/2015 à 9:11 :
@ Churchill

Vos propos sont surprenants...

Je trouve les propos de mr Stiglitz réfléchis , tres lucide et d une sagesse que l on ne retrouve pas dans vos dires !
Desole
Réponse de le 03/09/2015 à 11:27 :
de votre brillante intervention, je ne retiens que "l'économie reste une science molle et évolutive" et je me dis que l'économie n'est peut être pas la seule à être molle et évolutive et là c'est encore plus grave, car il n'y a aucun espoir.
Réponse de le 04/09/2015 à 17:00 :
« les pays de l'est ou les inegalites etaient minimes aussi et ou les gens n'avaient pas de quoi manger » : mais mon pauvre Mr c'est déjà le cas aux usa où 50 millions d'américains vont tous les jours à la soupe populaire. Renseignez-vous et cultivez-vous avant d'écrire vos sornettes.
a écrit le 03/09/2015 à 8:01 :
En tous cas en Europe on NE peut pas parler de dérégulation bancaire. On croule sous les Directives et les standards.

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :