La Tribune

Narbonne met les déchets dans le collimateur de son développement économique

:   Le Parc Méditerranéen de l'Innovation  de Narbonne mise sur les travaux développés par les 38 chercheurs du LBE (Laboratoire de biologie de l'environnement) de l'INRA, qui voisine avec l'IUT Génie Chimique et Génie des Procédés, dépendant de l'université Via Domitia de Perpignan (Pyrénées-Orientales). © Nelson Goutorbe
: Le Parc Méditerranéen de l'Innovation de Narbonne mise sur les travaux développés par les 38 chercheurs du LBE (Laboratoire de biologie de l'environnement) de l'INRA, qui voisine avec l'IUT Génie Chimique et Génie des Procédés, dépendant de l'université Via Domitia de Perpignan (Pyrénées-Orientales). © Nelson Goutorbe
Christian Goutorbe, à Montpellier (Objectif Languedoc-Roussillon)  |   -  522  mots
Pour développer l'économie de son territoire, Narbonne installe un Parc d'activités sur son mini-campus universitaire dédié à la valorisation des déchets de la biomasse et au traitement des eaux usées. L'agglomération parie sur la proximité entre chercheurs, enseignants, étudiants et entrepreneurs d'une seule et même filière pour attirer de nouvelles entreprises innovantes.

D'ici quelques années, le PMI (Parc Méditerranéen de l'Innovation) de Narbonne constituera un centre industriel incontournable dans le sud de la France pour le traitement des effluents et toute la filière Eco-Dépoll (Eco-technologies de la dépollution). Cette nouvelle zone d'activités concentre en effet sur 10 hectares chercheurs, enseignants, étudiants et entrepreneurs. Le PMI mise tout d'abord sur les travaux développés par les chercheurs du LBE (Laboratoire de biologie de l'environnement) de l'INRA, qui voisine avec l'IUT Génie Chimique et Génie des Procédés, dépendant de l'université Via Domitia de Perpignan (Pyrénées-Orientales).
« Le transfert de technologie est le véritable moteur de ce PMI dans le sillage du LBE qui pilote notamment le projet Greenstars, qui vise à la valorisation des micro-algues », explique Tristan Lamy, vice-président de l'agglomération du Grand Narbonne qui porte ce projet dans le sillage de l'équipe scientifique l'INRA. Celle-ci est aujourd'hui considérée comme l'une des toutes meilleures au monde pour le traitement des effluents.

Sept brevets déposés

« Depuis le milieu des années 80 nous sommes les seuls à travailler sans interruption sur ces problématiques de traitement et de valorisation des déchets et des effluents des activités humaines. C'est sans doute ce qui explique notre avance. Nous sommes à ce jour le laboratoire qui a le plus publié dans les revues scientifiques. Nous avons déposé sept brevets et déjà délivré cinq licences d'exploitation », souligne Jean-Philippe Steyer, le directeur de recherche de ce laboratoire INRA-LBE qui regroupe 38 chercheurs. La grande halle technologique accueille chaque année en moyenne près de 90 intervenants scientifiques de 19 nationalités différentes.
« La valorisation des déchets est aujourd'hui une filière porteuse. Il existe une volonté politique de développement de ce secteur. Pour 2020, l'objectif est de multiplier par sept la production d'électricité à partir du biogaz et par cinq la production de chaleur », précise Jean-Philippe Steyer qui recense à peine 200 systèmes de méthanisation à la ferme en France contre 7 000 en Allemagne.

Conditions de développement optimisées

Jean-Philippe Martinez, le directeur d'Innoveum, la pépinière d'entreprises installée sur le PMI, « les conditions de développement des entreprises sont ici optimisées par cette proximité totale avec l'INRA, ses ingénieurs, ses techniciens, sa halle de recherche et ses laboratoires. Ce qui permet de trouver rapidement des solutions technologiques ». C'est par exemple ce qui a attiré un jeune ingénieur lyonnais qui installera à Narbonne sa société d'ingénierie en mars prochain, jugée « prometteuse » par les professionnels. De même, la société Naskeo environnement (méthanisation agricole) à fort potentiel de croissance a annoncé qu'elle rejoint la pépinière.  Arrivée effective dans quelques semaines.
La pépinière offre en effet le premier maillon de l'accueil avant l'installation définitive sur l'une des parcelles de ce parc technologique, idéalement posté à la convergence des autoroutes A61 (Narbonne-Toulouse) et A9 (Montpellier-Barcelone) et aux portes d'un centre d'enseignement universitaire qui délivrera, en juin prochain, ses premières licences Eco-Dépoll (Eco-technologie de la dépollution).
 

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