Nantes  : un Startup Palace trois fois plus grand

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(Crédits : DR)
Deux ans après avoir créé un lieu hébergement et d'accompagnement pour les startups sur 1.000 m² à Nantes, les fondateurs du Startup Palace ont décidé de tripler sa capacité d'accueil, de créer leur propre accélérateur et d'intégrer de nouveaux actionnaires.

On ne s'y promènera peut-être plus en trottinette, mais les fondateurs du Startup Palace veulent conserver l'esprit de ruche où se croisent startups et grands groupes. Dans dix-huit mois, le Startup Palace prendra pied sur 3.600 m² dans un ancien hôtel particulier libéré par le groupe bancaire CIC Ouest dans le centre-ville de Nantes, à quelques centaines de mètres du site actuel. Une opération immobilière d'envergure, menée par une foncière réunissant trois fonds d'investissement et l'entité du Startup Palace, qui depuis sa création a absorbé les sociétés Birming Group et Escall détenues par deux des fondateurs. De dix personnes à sa création, le Startup Palace compte aujourd'hui une trentaine de salariés. Avec vingt-cinq startups hébergées, le site compterait cent-vingt emplois.

« Notre ambition est d'accueillir demain 350 emplois, soit une cinquantaine de startups. Du fait de notre croissance, il devenait primordial d'investir un lieu plus adapté à nos besoins et à notre vision », explique Antoine Dumont, Ceo du Startup Palace.

D'où d'importants travaux d'aménagement confiés à l'architecte Braun & Associés. Deux à trois millions d'euros devraient être investis pour cette seule opération destinée à accompagner le changement d'échelle du Startup Palace.

«En deux ans, nous avons validé notre marché, établi un business modèle, résolu les problèmes techniques, et nous nous sommes structurés financièrement », résume Antoine Dumont, qui estime, sans le dévoiler, que le chiffre d'affaires a été multiplié par trois en deux ans.  « Avec un business modèle à l'équilibre », assure-t-il, espérant doubler le chiffre d'affaires en 2019 suite au changement de lieu.

Un actionnariat renforcé

De fait, pour accompagner son redimensionnement, le Startup Palace a décidé de faire entrer au capital cinq figures de l'entrepreneuriat :  Christophe Collignon, directeur général d'IMA Technologies, Gwenola Kerglonou, responsable de l'enseignement supérieur et directrice du système d'information de l'Icam de Nantes, Bruno Hug de Larauze, patron du groupe de logistique industrielle Idea et président de la CRCI Pays de la Loire, Jean-Baptiste Gouin, fondateur de TalenCo, spécialisée dans la transformation digitale des entreprises et Sylvain Caster, fondateur l'un des premiers réseaux immobiliers Propriétés-privées.com. « Nous sommes face à de gros enjeux et avions besoin à la fois de renforcer nos compétences et nos fonds propres », explique Antoine Dumont. Cette palette d'acteurs, ce « board », très impliquée dans le web et le numérique doit contribuer à donner du corps au Startup Palace, alors que se multiplie le nombre d'accélérateurs et d'incubateurs sur la ville de Nantes.

« Six des neuf incubateurs actifs sur le territoire métropolitain ont été lancés il y a moins de deux ans. Et sept programmes de pré-accélération ou d'accélération ont été mis en route en 2016 », observe une étude sur l'univers des startups, récemment publiées par l'agence nantaise d'urbanisme Auran.

Un accélérateur « premium »

Pour compléter son dispositif d'accompagnement et se distinguer par rapport aux programmes d'accélération existants, le Startup Palace a décidé de créer son propre accélérateur en apportant aux startups « un niveau de financement qui leur permettent un développement réel et les moyens d'engager des ressources ». L'accompagnement pourrait s'étaler sur 12 à 18 mois. Et sera organisé autour de suivis hebdomadaires,  d'ateliers thématiques, et de temps de rencontres avec des entrepreneurs chevronnés pour évaluer l'état d'avancement du projet.

Chaque start-up sélectionnée pourrait bénéficier de 250.000 euros à son arrivée, 500.000 euros au bout de six mois et un million € à douze mois. Soit un budget de 1,7 million d'euros sur dix-huit mois, qui pourrait être financé par l'intervention de fonds d'investissement, dont le Fonds Go Capital Amorçage qui vient d'être doté  de 60 millions d'euros, et sur lequel 12 millions€ sont destinés à soutenir des projets d'accélération dans l'Ouest. « Comme pour chaque projet, nous étudierons les dossiers au cas par cas et interviendrons sur des dossiers que nous jugeons opportuns, dans les secteurs que nous ciblons », précise Jérôme Guéret, directeur de participations chez Go Capital. L'ambition de la structure nantaise est d'accompagner quatre startups par an. Des entreprises déjà créées, qui présentent des signes de tractions, ont déjà constitué une équipe et interviennent dans le domaine des big data, de l'intelligence artificielle, des nouveaux usages ... « Nous sommes relativement ouvert. L'appétence se portera plutôt sur des modèles scalables », précise le CEO du Startup Palace.

Faire naitre des entrepreneurs dans l'entreprise

Au fil des années, le startup Palace s'est structuré autour de trois dimensions ; l'accélération de startups du web à fort potentiel de scalabilité, l'accompagnement de grandes entreprises pour favoriser l'Open Innovation et l'animation d'une communauté d'entrepreneurs. À travers son programme d'accélération, baptisé Opération Eléphant, labellisé par la Nantes Tech, le Startup Palace a noué des partenariats publics avec des collectivités locales à Angers (Opération Renard), Toulon (Toulon Var Technologies) et Brest (Technopole Brest Iroise). Un savoir-faire qui a, aussi, permis de monter des accélérateurs avec le quotidien Ouest France et huit startups (Skippair, Kadran, Leankr, Anona, Scoren'co) , Leroy Merlin (quatre projets) et Enedis (1 projet).

« Ça a permis à des grands groupes de se rapprocher de la dynamique des startups et à ces dernières de bénéficier de compétences propres aux grands groupes. « Pour le seul accélérateur OFF7, les huit startups ont bénéficié de 16 parrains et marraines, parmi lesquels des chefs de service, des rédacteurs en chef ... Une trentaine de personnes du groupe ont été directement impactées par la démarche. Une trentaine encore a été formée. Chaque mois, des master class ont été organisées pour acculturer soixante-dix à quatre-vingts personnes », explique Florian Hervéou, en charge des programmes d'accélération au sein du Startup Palace, où ces modules de formation menés en externe ou interne représentent 40% de l'activité.

Au total, plus de cent-trente startups ont bénéficié de ces savoir-faire. « Avec l'arrivée de nouvelles compétences et l'évolution du dispositif de financement, nous disposons maintenant de tout le spectre pour répondre aux besoins des startups », se félicite l'instigateur de l'opération Éléphant.

Plus largement, une cinquantaine d'opérations de Corporate Innovation ont été menés avec des grands groupes, des ETI, des PME désireux de se rapprocher de la fibre startup. Pour beaucoup, il s'agissait d'acculturer le Top management.

« Ce qu'on recherche, ce sont surtout des entreprises qui cherchent à engager une véritable démarche », explique Antoine Dumont. À l'instar, d'IMA Technologies, de la Banque Populaire Atlantique et de Cap Gemini dont des d'équipes ont élues résidences au Startup Palace.

« L'objectif est maintenant d'aller plus loin. Notre défi, c'est de dupliquer les méthodes dans l'entreprise pour y faire naître des entrepreneurs.»

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