La crème des startups françaises part faire son show à New York

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Criteo fera partie des success stories frenchies mises en avant pendant la French Touch Conference organisée à New York jeudi et vendredi.
Criteo fera partie des success stories frenchies mises en avant pendant la French Touch Conference organisée à New York jeudi et vendredi. (Crédits : Reuters)
La « French Touch Conference », qui se tient jeudi et vendredi à Manhattan, veut mettre en valeur des réussites françaises emblématiques telles que Criteo comme de jeunes pousses moins connues et leur faire rencontrer l’écosystème new-yorkais de startups et de capitaux-risqueurs.

« L'affaire Dailymotion » a servi de déclencheur : Gaël Duval, président du comparateur JeChange.fr et l'un des co-fondateurs de l'association de business angels France Digitale, frappé par la violence du dénigrement et les caricatures qui ont suivi dans la presse internationale, a eu l'idée d'organiser un événement aux Etats-Unis mettant en scène les plus belles réussites françaises du numérique, afin de corriger ce déficit de notoriété et ce problème d'image. En quelque sorte le pendant de la conférence LeWeb de Loïc Le Meur qui se tient en décembre près de Paris et présente surtout des startups américaines. Avec le soutien d'Axa, l'entrepreneur a donc travaillé près d'un an à l'organisation d'une conférence, baptisée « La French Touch Conference », double clin d'œil au fameux courant musical des années 1990 et à la « French Tech », l'écosystème de startups français, un terme popularisé par l'initiative de soutien lancée par Fleur Pellerin à l'automne lorsqu'elle était ministre déléguée à l'Economie numérique. La mission French Tech, rattachée à Bercy, participe d'ailleurs au financement de l'événement, dont le coût total avoisine 600.000 euros.

La ministre, désormais secrétaire d'Etat chargée du Commerce extérieur, de la promotion du Tourisme et des Français de l'étranger, ainsi qu'Axelle Lemaire, qui lui a succédé au Numérique, interviendront toutes deux à la conférence, qui se tient jeudi et vendredi à New York, dans la tour Axa. 

Des « success stories frenchies »

La conférence alternera tables rondes avec des entrepreneurs et des capitaux-risqueurs français ou américains (Isai, Elaia Partners et Bpifrance, FirstMark Capital, First Round, Greycroft) et des coups de projecteurs sur des « French Touch success stories » : JB Rudelle et Criteo bien sûr, après son introduction réussie au Nasdaq, Eric Carreel et sa société Withings spécialisée dans les objets connectés (tensiomètre, balance, etc), Ludovic Le Moan pour Sigfox, startup toulousaine déployant un réseau bas débit pour l'Internet des objets, qui faisait déjà partie de la délégation d'entrepreneurs ayant accompagné François Hollande en février dans la Silicon Valley. Mais aussi Jérôme Lecat de Scality, qui a levé 22 millions de dollars l'an dernier auprès notamment du fonds californien Menlo Ventures, et qui était à l'initiative de l'opération séduction menée il y a dix jours auprès de fonds de capital-risque américains invités à Paris, y compris à l'Elysée, pour découvrir les startups françaises et la réalité du business dans l'Hexagone.

La French Touch Conference mettra aussi en valeur d'autres jeunes pousses un peu moins connues comme la startup nantaise Lengow (solution pour la visibilité des e-commerçants), les jeux d'Adictiz (Paf le chien) ou la cagnotte en ligne Leetchi, et en matière de santé Carmat pour son cœur artificiel et MedTech pour son robot médical dont le patron Bertin Nahum avait été classé « quatrième entrepreneur hightech le plus révolutionnaire au monde » par une revue canadienne pour écoliers.

Des Français qui cartonnent aux Etats-Unis

La conférence réunira aussi des Français qui ont réussi aux Etats-Unis, comme Renaud Laplanche, cofondateur et directeur général de Lending Club, une plateforme de prêt d'argent entre particuliers valorisée près de 4 milliards de dollars et qui a séduit Google, entré au capital l'an dernier, ou encore Renaud Visage, cofondateur et directeur technique du site Eventbrite, qui a bouleversé l'organisation et la vente en ligne de billets pour des événements. Innovant sans être à proprement parler hightech, le chef Dominique Ansel viendra parler de son « cronut », hybride entre le croissant et le donut pour lequel les amateurs sont prêts à faire la queue plusieurs heures devant sa boulangerie de Soho.

Des startups américaines participent également aux tables rondes ou sous forme de conversation ou keynote comme le fondateur de Tinder, l'application mobile de rencontres qui cartonne, Sean Rad (27 ans). 

Gaël Duval a choisi New York pour des questions de proximité géographique mais constate que la ville fait face aux mêmes enjeux que Paris dans son ambition de rivaliser avec la Silicon Valley pour attirer les talents, en termes de fiscalité et de prix de l'immobilier en particulier. Il espère attirer entre 200 et 300 participants, notamment des investisseurs, faire le buzz dans la presse américaine et montrer avec cet événement que « la France a su créer des leaders comme Bic, L'Oréal, LVMH ou Pernod Ricard, et elle regorge de pépites qui ont le potentiel de devenir des leaders mondiaux, comme Dailymotion, OVH, Criteo et bien d'autres. » Et s'il devait résumer la French Touch « c'est l'esprit de Jules Verne, être capable de rêver de l'impossible, de réfléchir autrement « out of the box » comme disent les Américains… »

> le programme de "La French Touch Conference"

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Commentaires
a écrit le 24/06/2014 à 10:16 :
Les bons passez votre chemin en France !! Les mauvais? devenez fonctionnaires!!
a écrit le 24/06/2014 à 3:45 :
Le dénigrement lorsque dénigrement il y à est celui de la caste qui nous dirige, pas celui des Français.

Ne laissons pas des dirigeants ineptes nous prendre en otage lorsqu'ils font semblant de croire que ce sont les Français que l'on critique.

les critiques sont pour eux, pas pour nous. Pas besoin de défendre la 'French Tech' donc, mais par contre un grand besoin de dirigeants avec une vision et du courage.

Je ne retiendrais pas ma respiration... Et oui, le salut des classes productiives est à l'étranger.
a écrit le 23/06/2014 à 16:27 :
Le Salut n'estpas en France mais à l'étranger. Ces sociétés ont tout compris. Elles se créent en France et font du business à l'étranger car la France Politicienne à tué en 30 ans tout dynamisme économique par un système d'interventionnisme, de taxes, d'impots, de paperasseries inutiles, de lourdeur administrative nationale et europeenne.

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