Bouygues Telecom a « toutes les chances de réussir » en solo selon Martin Bouygues

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"Il ne s'est rien passé cet été" a déclaré Martin Bouygues.
"Il ne s'est rien passé cet été" a déclaré Martin Bouygues. (Crédits : reuters.com)
L’opérateur continue de progresser dans le fixe et la 4G mais ses résultats sont encore en perte au premier semestre. L’actionnaire affirme qu’il n’a pas « reçu d’offre » d’Orange ou de Free cet été.

« Nous avons souffert » mais Bouygues Telecom « déploie avec succès sa stratégie offensive » assure son actionnaire Martin Bouygues. Pourtant, le patron du groupe de BTP, qui a présenté ses résultats semestriels ce jeudi matin, a constaté que le chiffre d'affaires de sa filiale télécom a encore reculé de 5% et que son résultat opérationnel est en perte. Mais voyant le verre à moitié plein, le candidat déçu au rachat de SFR est convaincu que Bouygues Telecom « dispose des atouts nécessaires pour retrouver une compétitivité accrue sur un marché à quatre acteurs. » Oubliés, les rêves de mariage, improbable voire impossible avec Free ou Orange ? Lorsqu'on l'interroge sur les raisons de l'échec des discussions, évoquées par le PDG d'Orange Stéphane Richard, lui-même - notamment le prix - Martin Bouygues a balayé le sujet qualifié de « rumeurs. »

« Nous n'avons pas reçu d'offre, il ne s'est rien passé pendant l'été » a déclaré Martin Bouygues, préférant dénoncer à nouveau « l'immense traquenard » de la quatrième licence accordée à Free. « Il nous appartient d'en sortir. Le gros du travail a été accompli » assure-t-il.

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"Carnage" et cure minceur

Dans le cadre d'un plan d'économies de 300 millions d'euros, Bouygues Telecom est en effet en cours de discussions avec les représentants du personnel pour la mise en place d'un plan de départs portant sur 1.516 postes, près de 17% des effectifs. « C'est le grand carnage de la téléphonie en France » a lancé Martin Bouygues, avançant même que « 50.000 Français ont perdu leur job dans cette aventure » du quatrième opérateur, un chiffre hautement sujet à caution. Les premiers départs sont « envisageables début novembre » et les coûts de ce plan (environ 344 millions d'euros), provisionnés au premier semestre, ont été compensés par le règlement de litiges avec ses concurrents pour 429 millions d'euros (principalement Orange pour 300 millions selon le Canard Enchaîné et 100 millions de SFR selon BFM Business). L'opérateur aura ensuite « la structure la plus compétitive du marché » a prévenu Martin Bouygues.

Cette cure minceur redonnera à sa filiale télécoms ses effectifs de 1998, deux ans après son lancement commercial. L'ex-troisième opérateur, dépassé par Free désormais en nombre de clients cumulés (fixe et mobile) et en chiffre d'affaires, compte miser sur l'explosion des usages notamment en 4G (il revendique 1,8 million de clients) et poursuivre son offensive dans le fixe, qui lui a permis de gagner 202.000 clients dans le haut débit (2,2 millions) au premier semestre, ce qui devrait le placer devant Free en termes de conquête (42.500 seulement chez SFR)

 « Dans le fixe, les opérateurs français ont vendu des offres avec de très fortes marges. Nous pensons que l'on peut vendre des produits de qualité avec des marges plus raisonnables » a déclaré le patron du groupe de BTP.

 « Chaque opérateur devra assumer ses choix industriels »

Mais les « atouts » mis en avant par Martin Bouygues sont en fait ses actifs. « Dans la téléphonie mobile, un opérateur, c'est un réseau et un portefeuille de fréquences. Nous avons l'un et l'autre. Ceux qui n'ont pas voulu investir ne peuvent pas se plaindre », a-t-il lancé, visant Free qui a moins dépensé en fréquences et dont le réseau en propre ne couvre pas toute la population. Il a souligné que Bouygues dispose de 27% des fréquences en France en ayant investi 1,5 milliard d'euros, alors qu'il a « près de deux fois moins de clients qu'Orange, ce qui nous permet d'offrir une qualité de service inégalée. » Un « patrimoine » d'autant plus précieux que les opérateurs pourront utiliser toutes leurs fréquences pour la technologie qu'ils souhaitent sans contrainte (2G-3G-4G) à la mi-2016. C'est d'ailleurs l'horizon que se fixe le propriétaire de Bouygues Telecom : il espère le retour à « une croissance significative de l'Ebitda » (résultat brut d'exploitation) dans deux ans.

En attendant, le groupe Bouygues ne descend pas de son cheval de bataille : la fin de l'itinérance octroyée à Free sur le réseau d'Orange. « A partir du moment où la compétition à quatre se fera de manière équitable, équilibrée, avec les mêmes règles pour tous, Bouygues Telecom aura toutes les chances de réussir » a avancé Martin Bouygues, faisant référence à la demande réitérée de l'Autorité de la concurrence à l'Arcep, le gendarme des télécoms, de préparer l'extinction progressive par plaques de ce contrat d'itinérance. « Chaque opérateur devra assumer ses choix industriels passés », a prévenu Martin Bouygues. En matière de choix industriels, la concurrence fait valoir que c'est Bouygues qui a tardé à se lancer sur le fixe pour devenir un opérateur convergent... « Notre business plan n'est pas bâti sur l'hypothèse de l'amélioration des conditions de concurrence, si cela se produit ce sera du bonus » a précisé Olivier Roussat, le PDG de Bouygues Telecom.

Interrogé sur les ambitions d'Iliad, la maison-mère de Free, aux Etats-Unis, prête à débourser 15 milliards de dollars en cash pour s'offrir T-Mobile USA, Martin Bouygues n'avait « pas de commentaire. Je leur souhaite bonne chance, c'est tout ! »

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Commentaires
a écrit le 02/09/2014 à 16:30 :
Quoique si Free Mobile ne tenait pas ses délais, il pourrait demander à bénéficier des mêmes prolongations que certains ont obtenues en leur temps. Sinon on pourrait croire à un certains favoritisme.
a écrit le 02/09/2014 à 6:37 :
Une fois le secteur consolidé en Europe avec deux poids lourds Deutch Telecom/Orange et Numericable/SFR plus quelques autres rachetés par Drahi en Europe et si Iliad rachète T Mobile US lui donnant une dimension internationale et un fort potentiel de développement pour plusieurs années à venir je doute que Bouygues Telecom puisse survivre surtout avec des offres à 10 € puisque sur les 19,90 € presque 9,00 € doivent être reversés à orange pour l'utilisation de la boucle locale.
a écrit le 31/08/2014 à 7:17 :
As t'on déjà entendu le patron d'une entreprise communiquer négativement quand sa boutique va mal :))
a écrit le 29/08/2014 à 10:57 :
c'est FREE le maître du secteur celui qui fait réellement moins chère la téléphonie au petit peuple.
Réponse de le 29/08/2014 à 14:46 :
Non Free n'est pas le maitre du secteur...Seulement pour ceux qui n'ont pas les moyens de se payer un service de bonne qualité
Réponse de le 29/08/2014 à 23:58 :
Tout-à-fait ffreeman
a écrit le 29/08/2014 à 2:42 :
J'adore quand il évoque sont investissement dans le réseau. BT à reconvertie ses fréquences 2G en 4G fréquences qu'ils avaient obtenu quand il y avait moins de concurrence des prix d’abonnement élevé et des fréquences gratuite !!!
Réponse de le 29/08/2014 à 9:42 :
SFR et FTelecom étaient en 900MHz, et Bouygues en 1,8GHz pour la 2G, je devais donc acheter un mobile plus cher car bi-bande (+ 4 couleurs) (pour avoir le 1,8GHz, aucun ne le faisait de façon native). Si les nouvelles bandes 4G englobent le 1,8GHz, que peut-on dire ? Une chance monumentale ? Chacun ses atouts.
Les prix étaient élevés vu que le réseau était à construire mais une fois tout en place, à quoi bon baisser les prix faute d'un Free qui secouera la fourmilière ?
a écrit le 28/08/2014 à 20:19 :
Avec la photo de Tintin qui va bien, vous êtes bien taquins à parler de "régime minceur".

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