Pas de rachat de Bouygues Telecom : le PDG d’Orange s’explique

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« Les demandes de Bouygues étaient trop élevées et Iliad ne voulait pas aller suffisamment loin dans sa participation à une opération » confie Stéphane Richard.
« Les demandes de Bouygues étaient trop élevées et Iliad ne voulait pas aller suffisamment loin dans sa participation à une opération » confie Stéphane Richard. (Crédits : (c) Copyright Thomson Reuters 2013. Check for restrictions at: http://about.reuters.com/fulllegal.asp)
Stéphane Richard, le PDG du groupe, a confié ce mercredi matin en exclusivité à La Tribune les raisons de l’abandon des discussions en vue d’un éventuel rapprochement avec Bouygues Telecom : un désaccord sur le prix et le faible engagement de Free.

Pourquoi Orange a-t-il refermé le dossier Bouygues Telecom ? L'opérateur a en effet annoncé ce mercredi matin dans un communiqué qu'après avoir « exploré les possibilités de participer à une opération de consolidation du marché français des télécoms », sa direction juge que « les conditions que le groupe avait fixées ne sont pas réunies aujourd'hui pour y donner suite. » Le PDG Stéphane Richard a confié ce mercredi matin en exclusivité à « La Tribune » les raisons de l'abandon des discussions.

« L'opération n'était pas évidente : elle devait concilier le passage devant l'Autorité de la Concurrence, et sans doute la Commission européenne, et créer incontestablement de la valeur pour Orange et ses actionnaires. Il fallait aussi trouver une valorisation correcte pour Bouygues Telecom et nécessairement un partenariat très fort avec Iliad [la maison-mère de Free].

Les conditions n'étaient pas réunies sur ces deux points : les demandes de Bouygues étaient trop élevées et Iliad ne voulait pas aller suffisamment loin dans sa participation à une opération. Nous avions exclu dès le départ qu'Iliad se contente de reprendre uniquement le réseau et les fréquences comme dans l'accord signé avec Bouygues en cas de rachat de SFR. »

La question du prix

Selon des rumeurs de presse, Martin Bouygues espérait en effet un montant de l'ordre de 7,5 à 8 milliards d'euros, soit peu ou prou la valeur brute des actifs corporels et incorporels de sa filiale télécoms, retraitée des dividendes versés au fil des ans. Or la valorisation de Bouygues Telecom par les analystes s'élève au mieux à 6 milliards d'euros. En mars dernier, Bouygues s'était entendu avec Free pour lui vendre son réseau mobile et un portefeuille de fréquences pour 1,8 milliard d'euros s'il réussissait à racheter SFR, finalement raflé par Numericable. Un prix bradé qu'Orange estimait trop bas.

Le dossier Bouygues Telecom est-il définitivement fermé chez Orange ? « Nous nous étions fixés avec Martin Bouygues la fin juin comme délai, car ce n'est jamais bon de laisser planer une incertitude » précise Stéphane Richard. Le PDG du groupe Orange n'exclut pas que le dossier se rouvre « peut-être dans six mois, mais ce ne sera pas à notre initiative. » Il envisage que d'autres parties prenantes s'intéressent au dossier, y compris SFR-Numericable...

Les investisseurs semblent déçus de voir s'éloigner la perspective d'une nouvelle consolidation du secteur, promesse d'apaisement de la guerre des prix. L'action Orange cède près de 4% mercredi après-midi, celle d'Iliad 4% également et le titre Bouygues recule de 2,4%.

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a écrit le 05/07/2014 à 13:29 :
Vu que le rachat de Bouygues aurait offert des fréquences à vil prix et un réseau tout construit à Free, il ne vaut mieux pas que Orange rachète BT.
Niel a dit qu'il était capable de construire un réseau mobile 3G/4G pour seulement 1 milliard d'euros. On attend de voir.
En attendant, la seule chose que l'on constate c'est que la filière télécom française a été massacré avec des prix aussi bas.
a écrit le 03/07/2014 à 7:20 :
"Les investisseurs semblent déçus de voir s'éloigner la perspective d'une nouvelle consolidation du secteur, promesse d'apaisement de la guerre des prix."

En gros les investisseurs espèrent bien qu'il n'y ait quasiment plus qu'un seul monstre dans chaque secteur d'activité, afin de pouvoir imposer des prix de cow-boy aux clients qui ne pourra plus aller voir ailleurs, faute de concurrence suffisante. Sympa... Vous me direz c'est déjà un peu le cas, car dans la plupart des secteurs d'activité, seuls deux ou trois grands groupes se partagent la totalité du marché, et en réalité s'entendent sur les prix pratiqués. Combien il y a-t-il d'acteurs par exemple dans la téléphonie? La grande distribution? etc etc
Réponse de le 03/07/2014 à 11:06 :
Les tarifs son déjà au plus bas. Personne va te fournir un service à perte. Si le tarif parait encore cher il faut bien voir qu'il y a aussi une grosse partie de taxes (TVA, Audiovisuel, Taxe sur le travail etc...).
Réponse de le 06/07/2014 à 13:30 :
Ce genre d'idées prête-à-penser me fait toujours bondir... pauvre France...
a écrit le 02/07/2014 à 13:49 :
en plein dossier SNCM, la tronche de ce gars m'insupporte !
a écrit le 02/07/2014 à 12:36 :
Je pense qu'il est beaucoup plus intéressant de laisser Bouygues crever tout seul :)
Réponse de le 02/07/2014 à 15:09 :
Comme vous parlez trede ls mal
Réponse de le 02/07/2014 à 15:12 :
tres mal de la Maison Bouygues Cela fait des années que je suis cliente chez elle et vous m'en voyez ravie.
Réponse de le 02/07/2014 à 16:05 :
Désolé pour vous et votre amour de Bouygues (et de TF1 "vive le coca" ? :) ), mais tout le monde semble se rendre compte que la stratégie de BY est pourrie et ne se base que sur le fait de forcer un rachat à prix élevé par un des trois autres opérateurs. Donc ils préfèrent le laisser crever tout seul, c'est bien ça la réalité.
Réponse de le 02/07/2014 à 19:54 :
Sur la forme, votre commentaire laisse perplexe.
Sur le fond : bouygues crève = 10 000 chômeurs et 10 000 foyer dans la misère.
Mais surtout. A 4 opérateurs, les clients sont gagnants. Et c viable pour 4. Mais les sfr, bouygues, orange et free vont devoir réviser les rémunérations des investisseurs. C'est tout.
AgainParis
Réponse de le 03/07/2014 à 6:02 :
Claude 34 à raison. Il n'exprimait d'ailleurs je pense pas un souhait personnel ni ce qui est l'intérêt des clients, mais décrivait la stratégie d'Orange expliquant son refus de racheter Bouygues. Orange peut légitimement se demander pourquoi payer les 8 milliards demandés par Martin Bouygues, pour un portefeuille de clients qu'ils pourront naturellement récupérer à 20% ou 40% (Free et SFR prenant le reste) gratuitement (les clients migreront naturellement) si Bouygues meurt. Le dire n'est ni souhaiter la mort de B, ni le chômage de ses employés, mais être lucide sur les meurs du monde des affaires.
a écrit le 02/07/2014 à 12:13 :
Et puis demain il dira tout le contraire quand Montebourg y sera passé derrière avec menaces à la clef...

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