Apple-FBI : les victimes de San Bernardino font entendre leur voix

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Parlant de mesure sans précédent qui menace la sécurité de nos clients, le PDG d'Apple Tim Cook avait déclaré qu'il s'opposerait à cette injonction.
Parlant de "mesure sans précédent qui menace la sécurité de nos clients", le PDG d'Apple Tim Cook avait déclaré qu'il s'opposerait à cette injonction. (Crédits : REUTERS/Eduardo Munoz)
La société américaine a été sommée par une décision de justice d'aider le FBI à débloquer l'iPhone 5C crypté d'un des auteurs de la tuerie, qui a fait 14 morts et 22 blessés le 2 décembre

Le département de la Justice des Etats-Unis, qui a déposé la semaine dernière un recours en vue d'obliger Apple à débloquer l'iPhone d'un des auteurs du massacre de San Bernardino, a désormais l'appui des victimes. Un certain nombre d'entre elles vont déposer une requête en soutien à cette demande, a fait savoir dimanche 21 février leur avocat.

Stephen Larson, ex-juge fédéral désormais avocat, contacté il y a une semaine par les autorités judiciaires afin de représenter les victimes, entend notamment déposer une requête en soutien au gouvernement américain d'ici début mai, a-t-il expliqué.

Apple sommé de fournir une "assistance technique raisonnable"

Le gouvernement américain vise notamment à obliger la société de Cupertino à se plier à une décision de justice, lui ordonnant d'aider le FBI à décrypter l'appareil. La juge de district de Los Angeles Sheri Pym avait en effet estimé la semaine dernière que le groupe de Cupertino devait fournir une "assistance technique raisonnable" aux enquêteurs du FBI qui cherchent toujours à débloquer l'iPhone 5C crypté de Syed Rizwan Farook.

Mais parlant de "mesure sans précédent qui menace la sécurité de nos clients", le PDG d'Apple Tim Cook avait déclaré qu'il s'opposerait à cette injonction. Selon des responsables d'Apple, c'est au Congrès que devraient se dérouler les débats sur la question du cryptage et non dans un tribunal californien.

     | Lire Chiffrement : pourquoi Apple résiste au FBI et à la NSA

Un intérêt des victimes à connaître l'information

L'entrée en scène des victimes représente un argument de poids pour le gouvernement américain dans son combat contre Apple, qui crypte ses téléphones pour protéger la vie privée des utilisateurs et qui refuse de fournir un programme permettant de contourner cette sécurité. Stephen Larson a fait valoir à Reuters que les victimes qu'il représente ont un intérêt à connaître l'information contenue dans le téléphone, qui dépasse la seule enquête du département de la Justice.

"Ils ont été ciblés par des terroristes et ils ont besoin de savoir pourquoi, et comment ceci a pu arriver", a-t-il expliqué.

Une audience sur cette affaire est prévue le 22 mars en Californie, selon Thom Mrozek, porte-parole du parquet du District central de Californie. Contacté dimanche, un porte-parole du département de la Justice s'est refusé à tout commentaire.

Trump contre Apple

Le candidat républicain à la présidentielle Donald Trump n'a en revanche pas hésité à appeler à boycotter les produits d'Apple jusqu'à ce que le groupe à la pomme se plie aux injonctions de la justice. "Boycottez Apple jusqu'au moment où il donnera cette information", a déclaré Donald Trump, candidat à la primaire républicaine, lors d'un déplacement de campagne à Pawleys Island, en Caroline du Sud.

     Lire aussi Donald Trump appelle à boycotter Apple

L'attaque de San Bernardino avait fait 14 morts et 22 blessés le 2 décembre. Les deux tueurs ont été abattus lors d'une fusillade avec la police.

(Avec Reuters)

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Commentaires
a écrit le 22/02/2016 à 20:48 :
L’acharnement mis par le FBI à appliquer coûte-que-coûte la loi des États-Unis donne un levier inespéré aux terroristes, par l’apparente incapacité des autorités américaines à penser en termes stratégiques. Les enquêteurs ne mesurent certainement pas le coût potentiellement abyssal des dommages collatéraux qu'ils pourraient causer à Apple et plus largement à l’économie américaine en obtenant gain de cause, au regard de la valeur limitée et strictement tactique de l'information qu'ils obtiendraient en lisant le contenu de cet iPhone. Apparemment, une demi douzaine de sociétés de high tech se démènent pour casser ou contourner les algorithmes de protection de l'iPhone.
a écrit le 22/02/2016 à 16:39 :
Le constat dans cette affaire c'est qu'à titre personnel il faut totalement se méfier des Smartphones et des objets connectés pour conserver un minimum de vie privée et surtout la sauvegarde de données ou d'archives sur le cloud.
Le FBI a déjà eu accès au cloud des 2 terroristes et si le FBI n'avait pas tripatouillé dans le téléphone, la dernière sauvegarde n'aurait pas été bloquée.
On a donc bien compris ce que veut le FBI ! rire !
a écrit le 22/02/2016 à 14:43 :
Je pense qu'Apple est tout a fait disposé à aider le FBI a accéder aux donnée de L'Iphone des terroristes dans la mesure du possible, mais ce qu'exigent les agences de sécurité, c'est la clef d'accès à tous les Iphones du monde... et ça, ce n'est ni raisonnable, ni justifié.

Rappelons nous seulement que les USA sont l'auteur d'une guerre injustifiée qui 13 ans après se révéle avoir mis le monde à feu et à sang, qu'ils pratiquent la torture de masse, qu'ils enlèvent des ressortissants étrangers en dehors de toute légalité, et qu'ils ont voté pour eux-même des lois liberticides... Bref, on ne peut pas leur faire confiance pour utiliser sagement les moyens de contrôle qu'Apple leur permettrait d'avoir.

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