En Italie, Vivendi poursuit son chemin de croix

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Vivendi risque aussi une amende d'au moins 300 millions d'euros liée à un possible défaut de communication lorsqu'il a grimpé au capital de Telecom Italia.
Vivendi risque aussi une amende d'au moins 300 millions d'euros liée à un possible défaut de communication lorsqu'il a grimpé au capital de Telecom Italia. (Crédits : Christian Hartmann)
Le géant français des médias vient d’essuyer un revers de l’autre côté des Alpes après que la Consob, le gendarme des marchés financiers, a estimé qu’il exerçait un contrôle plein et entier sur Telecom Italia grâce à sa participation de près de 24%. Un jugement que Vivendi conteste, puisqu’il pourrait ainsi être obligé de consolider dans ses comptes l’énorme dette de 25 milliards d’euros de l’opérateur historique.

Sa conquête de l'Italie est pour le moins semée d'embûches. Mercredi soir, la Consob s'est fendue d'une décision possiblement lourde de conséquences pour Vivendi. Dans un communiqué, le gendarme transalpin des marchés financiers a estimé que le géant français des médias exerçait « un contrôle de facto » sur Telecom Italia, l'opérateur historique, dont il détient près de 24% du capital. L'ennui, c'est que cette décision pourrait obliger Vivendi à consolider dans ses comptes les quelque 25 milliards d'euros du « Orange italien ». Ce que le groupe contrôlé par Vincent Bolloré veut éviter. La réponse de Vivendi ne s'est donc pas faite attendre. Dans un communiqué publié quelques heures plus tard, le groupe affirme « prendre acte de la position exprimée par la Consob ». Avant de « contester formellement [son] interprétation », et d'annoncer qu'il « fera appel devant les juridictions compétentes ».

Mais ce n'est le seul problème auquel Vivendi est confronté en Italie. Le gouvernement italien étudie en effet la possibilité de décréter un « golden power » vis-à-vis de Telecom Italia. Cela permettrait à l'Etat italien de disposer, par exemple, d'un droit de veto concernant les décisions du groupe. Ce faisant, l'exécutif pourrait s'opposer à la revente de certains actifs stratégiques - comme la possible cession de Telecom Sparkle, une filiale de câbles sous-marins jugée sensible. Quoi qu'il en soit, il n'est pas dit que Telecom Italia fasse l'objet d'un « golden power ». D'une part, parce que l'opérateur n'est pas une entreprises du secteur de la défense. Et d'autre part, parce qu'il n'est pas certain qu'elle rentre dans la catégorie des entreprises importantes pour la sécurité nationale.

Risque d'amende

En parallèle, le gouvernement italien mène une autre enquête : il cherche à savoir si Vivendi aurait dû - ou pas - notifier une prise de contrôle de Telecom Italia. De fait, il s'agit d'une obligation de communication pour toutes les entreprises des secteurs estampillés « stratégiques », comme c'est le cas du groupe de télécoms. Si un défaut de notification est effectivement reconnu, alors Vivendi risque, au minimum selon l'AFP, une amende de 300 millions d'euros.

Enfin, Vivendi fait son possible pour satisfaire aux desiderata de l'Agcom, l'autorité italienne des télécommunications. Celle-ci avait jugé, au printemps dernier, que Vivendi ne pouvait pas disposer à la fois d'importantes participations dans Telecom Italia et dans le groupe de médias Mediaset, dont il contrôle environ 29%. Pour rentrer dans les clous, Vivendi s'est engagé à transférer dans une société fiduciaire indépendante « au moins 19,19% des actions Mediaset en circulation et 19,95% des droits de vote ». Une pirouette sur laquelle l'Agcom devra toutefois se prononcer.

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Commentaires
a écrit le 15/09/2017 à 13:28 :
Enfin notre Bolloré va se faire chahuter ! J'espère que cela lui serve de leçon , car il a toujours procédé de la sorte , on prend des droits dans les sociétés et on impose son tempo , sauf que là il y a des pertes ... Enfin cet imposteur va être démasqué .
a écrit le 15/09/2017 à 12:28 :
Ceux qui réussissent en Occident suivent le chemin du Croissant, pas de la Croix :-)
a écrit le 14/09/2017 à 17:12 :
Hé oui et l'armée d'avocats fiscalistes dont disposent les actionnaires milliardaires ne servent plus à grand chose à ce moment là.

L'avocat fiscaliste ça sert surtout à frauder le fisc et troller sur les forums.

A ce propos juste au dessus je vois une vidéo sur un commentaire de Nicolas Doze, un des plus mauvais analystes économiques français.

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