[VIDEO] Heetch fait sa pub pour sauver sa peau

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Les fondateurs de la plateforme de mobilité nocturne sont convoqués devant le tribunal correctionnel de Paris le 22 juin.
A un mois de leur convocation devant le tribunal correctionnel de Paris, les fondateurs de la jeune pousse, menacée d'interdiction, ont lancé une campagne de sensibilisation massive.

Au lendemain d'un rassemblement dominical festif, auquel les membres de sa communauté ont répondu présent, la jeune pousse Heetch, plateforme mettant en relation passagers et chauffeurs non professionnels, lance une campagne de marketing (cf. vidéo), qui a été confiée à l'agence Buzzman. Ainsi, sur un ton volontairement engagé et provocateur, une vidéo détourne des images d'archives d'hommes et de femmes politiques quand ils étaient jeunes pour en faire les portes-drapeaux de la défense de l'application mobile.

Objectif : faire le buzz et sensibiliser le public du bien-fondé des services de la startup, qui, selon ses fondateurs, améliore surtout la mobilité nocturne des jeunes de 18 à 25 ans, à qui ils permettent de rentrer de soirée en sécurité, principalement en banlieue. Avec un prix accessible pour des étudiants, proche des tarifs que pratiquait feu UberPop, défiant toute concurrence.

Soutenue par le ministre de l'Economie Emmanuel Macron, qui ce lundi matin, assurait encore devant les élèves de Centrale Supelec que Heetch avait réussi à "disrupter le disrupteur (Uber, ndlr)", la jeune pousse attise la convoitise et la colère de la plupart des taxis. Présente à Paris, Lyon, Lille mais aussi en Pologne et depuis peu en Suède, l'entreprise poursuit son développement à l'international. Et rassemblait fin décembre quelque 300.000 utilisateurs, plus de 10 000 conducteurs occasionnels, 50.000 trajets hebdomadaires et 25 salariés.

Bref. Une expansion qui n'est pas pour plaire aux taxis, qui veulent à tout prix voir l'application mobile interdite, tout comme certains véhicules de transport avec chauffeur professionnel (VTC) type Uber. Notons que depuis l'arrivée de Heetch sur le marché, certaines plateformes de taxis ont baissé leurs tarifs pour reconquérir la jeune clientèle. Ainsi G7 déduit 20% du prix d'une course partagée aux jeunes de moins de 25 ans, tandis que Taxis Bleus garantit un prix maximum de 10 euros pour tout trajet dans Paris intra-muros entre minuit et 6h du vendredi au dimanche.

Lire : Les taxis attaquent Google et Apple pour "atomiser" Heetch

Pourtant, les fondateurs de Heetch estiment ne pas piétiner les plates-bandes des uns ni celles des autres. Aussi ne devraient-ils même pas être mentionnés dans le débat entre taxis et VTC, selon eux. Et de rappeler que l'application ne fonctionne que quelques heures par jour, entre 20h et 6h, sachant que les revenus des conducteurs sont plafonnés à 6.000 euros par an...

Quoi qu'il en soit, la justice tranchera dans moins d'un mois. Les fondateurs de la jeune pousse, qui revendique un actionnariat 100% français, sont convoqués devant le tribunal correctionnel de Paris le 22 juin pour "complicité d'exercice illégal de la profession de taxi".

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Commentaires
a écrit le 23/05/2016 à 18:30 :
Hebergement des voyageurs (Airbnb) et transport publique (Uber Uber Uber Alles et ce Heetch ci) sont activites assujetis aux regulations et controles pour une bonne raison: securite publique. Ces "disrupteurs" pensent que l'Internet leur donne droit a meconnaitre des lois et reglementations establis depuis longue date pour la protection de la publique. Ce n'est qu'un attitude anti-social. Certes les taxis en France sont trop "closed shop" mais ca ne veut pas dire qu'on peut permettre anarchie et de n'importe quoi. Ou sont les limites? N'importe qui peut exercer la profession d'avocat ou medecin ou architecte - ou policier? Pourquoi pas.

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