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Le cinéma français menacé par Bruxelles... et les délocalisations

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latribune.fr (source AFP)  |   -  595  mots
Plus de 200 films français produits en 2011 et un record de plus de 215 millions d'entrées dans les salles. Et pourtant la production a du vague à l'âme, confrontée aux délocalisations des tournages et à sa propre désorganisation.

Pour tenter de se mettre du baume au coeur, le secteur du cinéma convoque lundi ses états-généraux qui réuniront 400 professionnels, à l'initiative de la Fédération des industries techniques du cinéma (Ficam). "De graves dysfonctionnements affectent de nombreux acteurs de notre industrie et mettent en péril toute l'économie du cinéma", prévient la Ficam dans un document d'ouverture, citant pourtant les 1,2 milliard d'euros investis dans la production de films l'an dernier. "C'est tout le paradoxe et même la schizophrénie du secteur", estime Thierry de Segonzac, le président de la fédération, jugeant que la profession "produit au-dessus de ses moyens".

"En 2011, 47 films disposaient d'un budget inférieur à un million. Sur les trois dernières années, on en a eu 100 à moins d'un million, et pas 5% d'entre eux qui ont fait carrière en salles ou en DVD. Il est temps d'y réfléchir et d'ajuster les moyens mis en oeuvre aux financements disponibles". Car, assure-t-il, quand un film peine à boucler son budget, ce sont justement les industries techniques (post-production, effets spéciaux...) qui "servent de variables d'ajustement". Ce qui se paie en fermetures et dépôts de bilan pour les petites structures.

Délocalisations en Belgique

"On vient de vivre un énorme choc technologique avec le passage au numérique et d'autres s'annoncent, beaucoup plus insidieux", poursuit-il. Thierry de Ségonzac mentionne à ce titre la fuite des productions vers des plateaux meilleurs marchés: en 2011, un quart de la production de films a été délocalisée. Surtout, la délocalisation a atteint 30% pour les films de plus de 10 M d'euros et près de 40% pour ceux de plus de 20 M. Pour les premiers et deuxièmes longs métrages, la relève des talents, la moyenne grimpe à 60%. A l'arrivée, "les délocalisations représentent 200 millions d'euros de pertes en coûts de fabrication qui partent à 90% en Europe et concernent tous les postes, tournage, post-production, effets spéciaux...", indique Thierry de Segonzac.

Principaux bénéficiaires, la Belgique toute proche, avec son crédit d'impôts, le Luxembourg, la Hongrie, la Bulgarie, la Roumanie et l'Afrique du Nord pour les gros budgets. "Le système est en train de se disloquer, puisque le dispositif d'aides qui permet à ces films d'exister ne peut leur interdire de s'exiler", poursuit M. de Ségonzac. Autrement dit, l'arsenal de soutien, unique, adopté par la France pour protéger sa création et résister aux super-productions made in USA, là où la plupart de ses voisins ont abdiqué, est en train de financer les industries techniques des autres.

Le soutien français dans le collimateur de Bruxelles

En ce sens, la volonté de la Commission européenne de revoir d'ici juin les critères de distribution des aides nationales au cinéma pour éviter des distorsions de concurence entre Etats fait bondir Thierry de Segonzac: il dénonce une "obsession de dérégulation". "Bruxelles ne prend pas en compte les efforts de la France depuis 60 ans: si les autres ont tout perdu, ici il y a un patrimoine à défendre", s'agace-t-il. "Et de nombreux petits pays ne parviennent à monter leurs films que par le biais de coproductions avec la France". Face à ces menaces, martèle le patron de la Ficam, il est plus que temps de réorganiser une profession qui s'est "financiarisée" et sophistiquée depuis dix ans, et n'a plus grand chose à voir "avec la production à la papa". Les heures glorieuses des gros cigares et des petites pépés.

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Commentaires

capcha  a écrit le 19/03/2012 à 14:39 :

Quand je pense qu'on nous a bassiné pendant des mois et des mois sur l'exception culturelle française!
On paie des taxes pour financer le cinéma français (voir l'article sur les taxes de La Tribune d'aujourd'hui), il y a des crédits d?impôts (donc moins de rentrées fiscales), tout çà pour voir les tournages se faire ailleurs que sur notre territoire, sans compter qu'un bon nombre d'artistes se sont eux aussi "délocalisés" pour ne pas payer d'impôts en France.... Elle est pas belle la vie... d'artiste!

CQFD  a écrit le 18/03/2012 à 18:50 :

Comme quoi Dupont-Aignan a raison : le protectionnisme, ça fonctionne. Mais évidemment, les technocrates de l'Union européenne ne peuvent le supporter.

pif le chien  a écrit le 18/03/2012 à 16:01 :

215 millions d'entrées dans les salles et c'est la crise................ vite construisons un super" holly-voud" à la française ,il y a des devises à faire rentrer. ça compensera les pertes du ministère de la culture qui accorde des subventions sans nombre à ce compartiment culturel

xXx  a écrit le 18/03/2012 à 10:30 :

La seule solution serait de créer des clubs pour réaliser des petits films en comptant sur le bénévolat sur les différents métiers, acteurs, réalisateurs,etc.. sinon le cinéma français disparaitra définitivement car trop couteux et c'est l'argent qui tue tout . ca peut etre une planche de lancement pour avoir des crédits pour réaliser des films de plus grande envergure, historique, sf,etc.. Mais aussi une première expérience pour beaucoup.

SOFICA  a écrit le 18/03/2012 à 10:12 :

Suppression immédiate de la defiscalisation SOFICA dans l'industrie cinematographique!!
Quand à l'harmonisation des fiscalités europeenne on est passe de l'urgence à une nécessité criante!!!! si les politiques dont M. Hollande n' ont pas compris en voici en core un exemple!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!

BOYCOTT  a écrit le 18/03/2012 à 7:12 :

les rémunérations des acteurs sont exhorbitantes et ne se justifient pas . Rien d'ailleurs ne peut justifier de telles rémunérations !!!! Quant à ceux qui s'exilent pour ne pas payer d'impôt, il faut les boycotter , et leur interdire de revenir en France.

samarinda  a écrit le 18/03/2012 à 6:33 :

Le cinéma français marche bien tant mieux mais dans ce cas il faut cesser les subventions car elles peuvent se comprendre pour relancer la machine mais après stop encore une profession qui se "défiscalise" et qui veut profiter de l'argent public à vie. Autre point le cinéma français a "imposé" grâce à notre artiste M. Lang la suppression des films le mercredi et samedi à la télé cela au détriment des personnes qui ne peuvent aller dans les salles pour différentes raisons il faut que cela s'arrête. Le cinéma français a été cajolé et je le répète normal à une époque maintenant il faut qu'il soit considéré comme une autre industrie et se gère par ses propres moyens. A j'oublais j'ai écouté M. Depardieu qui n'aime pas les français qu'il s'exile et qu'il soit boycotté par les réalisateurs et autres de plus il est sur la pente descendante et tellement imbu de sa personne qu'il représente ce que le cinéma français devrait rejeter.

lennart  a répondu le 18/03/2012 à 7:32:

Mr Depardieu qui est un grand acteur, mais qui à une personnalité qui peut déranger certains à peut être un peu raison concernant nos concitoyens (dont moi même). Nous sommes, les Français, très imbus de nous mêmes et très râleurs.
Quand au boycott c'est plutôt la "connerie" qu'il faudrait boycotter mais la c'est un vaste programme, mais si j'obtiens une subvention de l'État et beaucoup d'aides des régions je veux bien voir ce que je peux faire :))

Lennart  a écrit le 18/03/2012 à 4:32 :

Dés qu'il y a un subventionnement quelconque la réalité économique du secteur finit toujours par être faussée.
Que ce soit pour le Cinéma, les smartphones, le futur "Cloud" Français etc ....

Rêverie  a écrit le 17/03/2012 à 22:56 :

Le cinéma Français menaçé par Bruxelles, décidément Bruxelle est partout. Moi j'adore le cinéma surtout le cinéma Français, il faut reconnaître que nous avons de bons acteurs donc de très bons films. dés lors qu'un film sort jevais le voir et quand il est en vente je l'achéte, aprés avoir fait mon acquisition j'ai qu'une seule chose que je craint : " celle de voir s'égarer mon DVD ou cassé " alors il me vient toujours à l'esprit la même chose " Sauvegarder mes données " Je fait cela systématiquement et je ne regrette pas d'avoir pris cette habitude car j'ai trouvé sur le Net mon bonheur pour avoir en ma posséssion une aussi grande quantité de films que je peux aller consulter quand cela me plaît. Grâce à mon habitude j'ai vraiment une belle collection à moi, sans avoir une clé USB n'y même un disque dur à la maison.

xlsx  a écrit le 17/03/2012 à 19:38 :

SarkHollande, c'est du mauvais cinéma

xavier-marc  a écrit le 17/03/2012 à 17:18 :

J'ai plutôt l'impression que les Anglais et les Allemands ont aussi un très fort développement cinématographique même s'il est surtout télévisuel( y'a t-il réellement une différence ?) même l' Espagne se développe fortement, la France n'est pas une exception culturelle bien qu'on fasse tout pour le faire croire et se gausser des autres.
Mais je ne comprends pas ce que vient faire ici la commission de Bruxelles ? est-elle aux ordres des américains, et demande t-elle qu'il y ait une part significative de cinéma US ?
On remarquera qu'à cause des coûts et des syndicats, le cinéma hollywoodien s'est dispatché en 20 ans vers le canada et d'autres centres naissants dans le centre et l'est du pays.
Je rappelle que la France est un des pays culturellement les plus américanisés au monde, et ce sont les américains de la CIA qui le disent.

mat  a répondu le 17/03/2012 à 20:34:

l'union européenne réclame simplement une concurrence égale au sein de l'union européenne ; or les aides de la France au cinéma français sont une distorsion de la concurrence.

@mat  a répondu le 17/03/2012 à 20:52:

disptorsion de concurrence.. avec le cinéma américain ??? Que chaque pays europeen s'aligne sur le systrème français s'il le souhaite

dom  a écrit le 17/03/2012 à 16:55 :

c est vrai que Bruxelles ça commence a nous les......sérieusement
ils ont pas grand chose a faire à part prendre toutes les mesures possibles pour faire des chomeurs

Subventions  a écrit le 17/03/2012 à 14:59 :

Ce qui va faire très mal à certains profiteurs et qui explique leur vague à l'âme, c'est qu'ils savent fort bien que les cataractes de subventions ne vont plus tarder à s'assécher, lorsque les dépenses publiques dans leur ensemble diminueront fortement. Eh oui, l'argent gratuit des autres avec lequel on vit grassement finit par manquer tôt ou tard.