Le public a de plus en plus confiance en Internet au détriment des médias

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Les gens voient désormais les médias comme partie de l'élite, explique au Financial Times Richard Edelman, directeur général d'Edelman.
"Les gens voient désormais les médias comme partie de l'élite", explique au Financial Times Richard Edelman, directeur général d'Edelman. (Crédits : Reuters)
La méfiance envers les médias est au plus haut, alors que le public s'informe de plus en plus via Internet, malgré les fausses informations qui y circulent.

La défiance envers les médias ne finit pas d'enfler. Moins d'une personne sur deux (43%) déclare avoir confiance dans les médias, contre 51% l'année passée, atteignant ainsi le plus haut niveau depuis la crise de 2008, selon le baromètre de la société de communication Edelman qui sera présenté à Davos, mais dévoilé lundi par le Financial Times. L'Australie, le Canada, la Colombie et l'Irlande sont les plus concernés par cette chute.

Le public donne en revanche de plus en plus de crédit à leurs amis et contacts sur Internet. Edelman observe que les gens considèrent de plus en plus Internet comme pourvoyeur de vérités, que les médias traditionnels.

Les médias ne sont pas les seuls concernés

"Les gens voient désormais les médias comme partie de l'élite", explique au Financial Times Richard Edelman, directeur général d'Edelman. Le public est plus enclin à faire confiance aux médias qui leur ressemblent et à se créer une dépendance envers leurs pairs. La tendance frappe aussi les catégories éduquées. Un peu plus d'une personne sur deux (51%) déclare être déçu par le système.

La méfiance ne concerne pas que les médias. Les trois-quarts des 28 pays interrogés sont catégorisés comme "méfiants" envers le gouvernement, le monde des affaires, les médias et les ONG. Les patrons n'ont pas la côte. Seul un peu plus du tiers (37%) déclare avoir confiance en eux, contre près de la moitié (49%) un an plus tôt. Un niveau jamais atteint depuis la crise de 2008.

L'élection de Donald Trump, un exemple de cette tendance

Les récents scrutins, du Brexit et de la présidentielle américaine, sont très révélateurs de cette tendance visant à privilégier la supposée véracité des faits exposés sur Internet. Donald Trump a remporté l'élection présidentielle alors que la grande majorité des médias américains a critiqué le candidat républicain. Durant la campagne, les électeurs se sont beaucoup informés via le web, malgré la circulation de rumeurs et fausses informations, comme celle indiquant que le pape François soutenait sa candidature.

Les réseaux sociaux ont d'ailleurs été la cible de nombreuses critiques au lendemain du scrutin, notamment en ce qui concerne leur laxisme face à la circulation de "fake news" et de messages de haine. Après avoir longtemps fermé les yeux, ils ont finalement décidé de réagir, à l'image de Facebook qui teste un dispositif en Allemagne pour traquer les rumeurs sur sa plateforme.

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a écrit le 19/01/2017 à 11:18 :
Parce qu'il n'y a pas de "fausses informations" qui circulent dans les médias traditionnels ? Et parce qu'il y a nécessairement des "fausses informations" qui circulent sur Internet ? Le problème de ce désamour est en grande partie résumé là.

Premièrement, les médias que l'on dit "mainstream" devraient nous apporter systématiquement une information vérifiée, une pluralité des points des vues, une certaine impartialité. Je n'invente rien ni ne "complote" : tout ceci fait partie des différentes chartes du journalisme. Or, force est de constater que nos médias ont globalement failli, ces dernières années, à ce que les citoyens attendaient d'eux. Après tout, c'est comme n'importe quel "produit" : les gens attendent du producteur qu'il leur livre un produit "fini", fiable, qui les débarrasse de certaines tracasseries et/ou qui leur rende service. En l'occurence, ici, il s'agit surtout pour les citoyens de gagner du temps par la réception d'une information vérifiée, fiable et impartiale, justement pour leur éviter de devoir trier le bon grain de l'ivraie (ce qu'ils font maintenant, et par défaut, majoritairement très bien sur Internet, contrairement à la diabolisation récurrente). Les exemples sont pourtant nombreux ces dernières années où nos médias ont piétiné leur déontologie et véhiculé des informations, sinon fausses, à tout le moins non confirmées. Ils ont eu tendance, aussi, à éviter certains sujets délicats. George Orwell voyait pourtant tout à fait juste en écrivant qu' : « être journaliste, c’est imprimer ce que quelqu’un d’autre ne voudrait pas voir imprimé. Tout le reste n’est que relations publiques. » Les médias se contentent maintenant souvent de faire des relations publiques, voire de la peopolisation.

Deuxièmement, nos journaux et autre petit écran ont en outre la fâcheuse tendance, pour certains, à se montrer extrêmement suffisants, voire à vouloir se substituer aux historiens. Dans ce dernier cas, ils s'empressent de pondre des versions des faits "clés en main" en quelques heures, érigées en dogmes, dont toute contestation - légitime - est vite assimilée à du "conspirationnisme" (il leur faudra un jour définir ce terme !) ou du "révisionnisme" (l'emploi de ce dernier montre d'ailleurs surtout une profonde méconnaissance de sa signification et du processus d'historisation des événements, dont les principaux alliés sont l'analyse et le temps).

Bref, que les médias soient de moins en moins appréciés n'est que la suite logique de leur perte de qualité ces dernières années. Une auto-critique s'impose à mon sens davantage qu'une critique des "consommateurs", de la même manière qu'il convient plus utilement de s'interroger sur le pourquoi du Brexit, sur le pourquoi de l'élection de Donald Trump (et qui en France en mai prochain ?), sur le pourquoi du rejet du "davantage d'Europe" par les peuples, plutôt que de traiter de "ploucs-racistes-crados-débiles-cul-terreux" ceux qui ont encore le pouvoir de décider en leur âme et conscience, que ça plaise ou non aux "élites" et à leur agenda.
a écrit le 17/01/2017 à 18:43 :
Que ce soit La Tribune qui évoque le sujet me rend optimiste ...pour son avenir ...!
a écrit le 17/01/2017 à 16:38 :
RIEN DE PLUS NORMAL QUE CETTE TENDANCE : INCAPACITE DE LA GAUCHE COMME DE LA DROITE A REDUIRE LE CHOMAGE ...DONC SE POSE LA QUESTION DE QUI DETIENT LE VRAI POUVOIR : LA FINANCE , LA HAUTE ADMINISTRATION , LES SYNDICATS , LES MEDIAS ....ET COMME LA NATURE A HORREUR DU VIDE , ON LES DESIGNE SOUS LE TERME D'ELITE .....ET COMME DISAIT MA GRAND MERE , QUI N'ENTEND QU'UN SON N'ENTEND QU'UNE CLOCHE...D'OU LE SUCCES D'INTERNET PAR LA VARIETE DES COMMENTAIRES ET NON PLUS LA PENSEE UNIQUE DE BHL , ALAIN MINC OU ATTALI ....CELA S'APPELLE AUSSI LE BON SENS
a écrit le 17/01/2017 à 12:25 :
On a d'un côté une information formatée où on fait entendre aux gens ce qu'on veut qu'ils entendent, de l'autre une auberge espagnole où le biais de confirmation amène les gens à n'entendre que ce qu'ils veulent entendre. Plus que l'ère de l'information, n'est-ce pas l'ère de l'aporie de l'information?
a écrit le 17/01/2017 à 11:29 :
Sous le titre : " Emploi et travail au XXe rugissant" la webradio webtv indépendante AWI revient cette semaine sur deux études récentes, l'une émanant de la DARES et l'autre du Conseil d'orientation pour l'emploi.
L'analyse croisée de ces deux études s'avère en effet riche d'enseignements quant à l'évolution des métiers et des secteurs d'activité au cours des prochaines années années sur fond de numérisation et de robotisation.
a écrit le 17/01/2017 à 11:13 :
et ça etonnera qui , lorsque l on peut constater les manques d ideologies & les collaborations des medias de notre pays , avec tout ce qui est a gauche ou a l extreme gauche & cela vient de l adn des medias tous aux mains d une caste d " intouchables " qui ordonnent ce qu il faut dire , ou ne pas dire !!! perso , je ne les ecoutent plus , ils me font vomir & je suis loin d etre le seul !!!
a écrit le 17/01/2017 à 10:01 :
Le problème de la crédibilité des médias Européens tient à ce qu'ils sont majoritairement détenus par des entreprises privées dont l'intérêt est de faire passer les idées néo-libérales, soutenir le PPE, détricoter les systèmes sociaux...au profit de leurs actionnaires. Dans ce contexte, il est normal que les gens cherchent à s'informer ailleurs, avec le risque d'y trouver aussi beaucoup de désinformation et de désillusion.
La seule réponse valable pour éviter de se faire "décérébrer" par les médias est de revenir aux fondamentaux en fonction de sa "classe".
a écrit le 17/01/2017 à 9:41 :
Je pense que suite à la claque de 2008 une partie des gens remettent en cause les experts (et c'est encore plus vrai concernant l'économie), ou la plupart n'a rien vu venir. Depuis on a eu aussi la cas Brexit, ou l'apocalypse ne s'est jusqu'à présent pas passé (le FMI et le beaucoup d'économiste dont ceux de la Banque d'Angleterre prévoyaient une tombée en récession, alors que l'économie britannique semble se maintenir tout comme l'emploi, ce qui risque de changer une fois l'annonce de la stratégie du gouvernement britannique). On assiste à peu près à la même chose au niveau de Trump ou très peu de spécialistes avaient vu venir son élection. Si on ajoute à ça un entre soi encore plus cultivé par les réseaux sociaux (avec des algorithmes qui vous suggères des articles correspondants à vos goûts, vos opinions et vos amis) et on a ce résultat qui devrait nous alarmé sur le futur de notre démocratie. On peut aussi dire que l'uniformisation de l'information par le biais d'internet et des dépêches que l'on retrouve sur tous les sites, et l'explosion des sites cherchant le clic (et l'argent) avec des fausses informations ne fait qu'accentuer ce phénomène. Si on ajoute à ça la main mise de certains magnats sur les médias (Boloré, Drahi...) Les théories du complots et les rumeurs ont malheureusement de beaux jours devant eux...
a écrit le 17/01/2017 à 9:21 :
"Les récents scrutins, du Brexit et de la présidentielle américaine, sont très révélateurs de cette tendance visant à privilégier la supposée véracité des faits exposés sur Internet."

Voilà une phrase étrange qui suppose tacitement, grâce à une formule magique trouvée dans un vieux puits dans un lieu reculé du pays imaginaire, que les gens cherchent la vérité.

Déjà quelle vérité ? Parce que pour vous c'est un fait indéniable qu'il soit obligé de chercher la vérité mais l'avez vous déjà trouvé cette vérité ? Merci de la faire partager avec nous parce que l'ayant cherché longtemps j'ai encore et toujours du mal à la définir du coup je ne sais pas exactement où elle se trouve. Par contre grâce à Nietzsche je sais qu'elle est locale et temporaire, donc je sais qu'elle est timide et se montre peu cette vérité en réalité.

Non ce qui est intéressant ce sont ceux qui la cherchent cette vérité en ne sachant pas d'avance où la trouver, déjà c'est bon signe, en comparaison nos médias de massent prennent beaucoup moins de précautions et nous affirment détenir la vérité et grâce à leur générosité infinie nous la diffuse pour notre plus grand bonheur à tous et notre épanouissement infini.

Ceux qui affirment la connaitre cette vérité sont des imposteurs et ils sont nombreux, les médias de masse, les politiciens et les hommes d'affaires, eux savent parfaitement où est la vérité et vers quoi elle tend, vers leurs propres ressentiments bien souvent mais quand on détient la vérité on ne s'attarde pas sur ce genre de détails, on sait.

Donc tous les sites marchands, les sites politiques bon même si l'extrême droite est très active dans la propagande d'idées reçues et ce ne sont pas les fillonistes hystériques qui viennent commenter ici qui me contrediront, les sites religieux, rien de pire puisque qu'ils ont carrément faits de mensonges avérés des vérités devant lesquelles se prosterner, autant dire qu'on est totalement chez les fous là.

ET internet c'est 90 à 95% de ça, de gens persuadés de détenir la vérité et qui grâce à leur générosité infinie nous la propose gratuitement, quoi que certains osent la faire payer mais là faut être sacrément gogo pour l'acheter mais il y en a c'est vrai, deux paquets de vérité offerts pour le prix d'un, mesdames messieurs une affaire pareille ne se refuse pas !

Mais les médias de masse sont à 99.99% comme ça, du coup il est logique qu'internet, dans lequel on peut enquêter, on peut recouper les informations, on peut communiquer avec les uns et les autres, on peut vérifier la véracité de certains faits, certains propos, soit plus crédible, pas difficile d'être plus crédibles que des gens qui sont incapables de voir les lignes bouger et qui du coup sont en total décalage avec la vie réelle, ce qui s'entend carrément à chacun de leurs mots.

Merci beaucoup pour ce bilan même si votre analyse est complètement à côté de la plaque, ceci expliquant cela, parce que si même vous à la tribune, qui faites régulièrement de bons articles, n'arrivez pas à approcher le phénomène de près, imaginez vos confrères de la télé et donc comprenez que cette dernière soit désertée.

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