TDF veut devenir opérateur de fibre dans les campagnes

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Au mois de septembre, lors d’un forum organisé par Les Echos, Olivier Huart, le PDG du groupe, a affirmé qu’il souhaitait « répondre aux appels d’offres dans les Réseaux d’initiative publique ».
Au mois de septembre, lors d’un forum organisé par Les Echos, Olivier Huart, le PDG du groupe, a affirmé qu’il souhaitait « répondre aux appels d’offres dans les Réseaux d’initiative publique ». (Crédits : DR)
Le groupe de diffusion audiovisuel et de télécoms se mobilise pour déployer des réseaux en fibre optique dans les territoires les moins peuplés de l’Hexagone.

La couverture de la France en fibre, TDF compte bien y participer. Depuis quelques mois, le groupe de diffusion audiovisuel et de télécoms mobilise ses troupes pour devenir opérateur dans les territoires ruraux et les zones les moins peuplées de l'Hexagone. Comme ces villages et bourgs reculés n'intéressent pas directement les grands opérateurs nationaux - Orange, SFR, Bouygues Telecom et Free préfèrent fibrer les métropoles et périphéries urbaines, plus rentables puisqu'il y a plus de clients -, ce sont les collectivités, aidées financièrement par l'Etat, qui y déploient leurs réseaux, ainsi appelés réseaux d'initiative public (RIP). Pour ce faire, elles lancent des appels d'offres auxquels répondent des opérateurs dits d'infrastructures (comme Axione ou Covage, mais aussi les filiales spécialisées des grands fournisseurs d'accès à Internet Orange Collectivité et SFR Collectivité). Lesquels, in fine, louent leurs réseaux à tous les opérateurs grand public.

Ce sont donc ces fameux RIP qui intéressent TDF. Au mois de septembre, lors d'un forum organisé par Les Echos, Olivier Huart, le PDG du groupe, a affirmé qu'il souhaitait « répondre aux appels d'offres dans les Réseaux d'initiative publique », qualifiant l'opportunité de « stratégique » pour l'entreprise. Il faut dire que les RIP constituent un sacré marché : ils concernent 43% de la population, soit environ 17 millions de logements et locaux professionnels. Si un peu plus de 45 départements et régions ont déjà un réseau opérationnel ou en développement (le Doubs, la Bretagne, la Seine-et-Marne...), beaucoup d'appels d'offres verront le jour cette année. D'après plusieurs observateurs, c'est probablement la raison pour laquelle TDF, qui ne souhaite pas pour l'heure commenter son offensive, juge qu'il n'y a pas de temps à perdre.

Lobbying dans les zones rurales

Pour décrocher la timbale, le groupe s'est réorganisé. Au mois d'octobre, un poste de « directeur des relations avec les collectivités », attribué à Alain Komly, un de ses cadres, a été créé. Le site Internet de TDF s'est lui doté d'un nouvel onglet, dénommé « Réseaux FTTH » (pour Fiber to the Home, ou fibre jusqu'à l'abonné). Le groupe s'y présente comme un « partenaire des projets très haut débit des collectivités ». Ou mieux, comme « l'opérateur du réseau FTTH de [leurs] territoires ». « De l'investissement à la commercialisation, nous disposons de solutions complètes pour répondre [aux] besoins [des collectivités], quel que soit le modèle juridique retenu (concession, affermage...) », affirme le groupe sur sa page.

Aujourd'hui, TDF se montre particulièrement actif dans les zones les moins peuplées du territoire. En témoigne le lancement de Belvédère, en novembre dernier, avec la Caisse des dépôts (CDC). Cette société est spécialisée dans la couverture des zones blanches mobiles, où le téléphone ne passe toujours pas. Il faut dire que TDF dispose de plus de 10.000 antennes et pylônes dans tout l'Hexagone. Des actifs qui pourraient permettre de couvrir certains villages encore délaissés. Avec Belvédère, TDF dispose, au passage, d'un argument de choix pour convaincre les collectivités que les zones rurales constituent bien une de ses priorités. Un atout qu'à coup sûr, ses cadres ne manqueront pas d'évoquer lors des appels d'offres pour les attributions des prochains RIP.

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Commentaires
a écrit le 07/01/2017 à 9:11 :
Ben monter un site de classaction, associé à TDF permettrait de mettre la pression sur les maires, communautés de communes pour lancer ces projets.
Sans oublier de prendre des accords avec la SNCF dont les réseaux sont sous-employés et proches de bleds perdus.

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