Union européenne : la Commission veut s’attaquer aux « fake news »

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Certains États membres font pression pour que la Commission annonce ces nouvelles mesures sur les fausses nouvelles et les contenus illégaux en ligne.
Certains États membres font pression pour que la Commission annonce ces nouvelles mesures sur les fausses nouvelles et les contenus illégaux en ligne. (Crédits : Reuters/Mike Blake)
Mariya Gabriel, la nouvelle commissaire européenne chargée du numérique, s’apprête à prendre une des premières mesures de son mandat : mettre sur pied un groupe d’experts sur les « fake news ». Un article de notre partenaire Euractiv.

Maryia Gabriel est entrée en fonction en juillet et se prépare déjà à mettre en place un groupe d'experts de haut niveau pour la conseiller sur le phénomène des « fake news », la propagation d'informations fausses dans les médias.

Elle passera également les deux ou trois prochains mois à rédiger une proposition de consultation publique sur le sujet. Il s'agit d'appels à contributions sur des sujets spécifiques, qui sont souvent pris en compte dans l'élaboration de nouvelles règles européennes.

La commissaire a cependant indiqué n'être pas encore certaine qu'il faille passer des lois européennes sur la question. « Il est prématuré de parler de législation », a-t-elle jugé.

Des règles communes demandées

Maryia Gabriel a toutefois l'intention de « dire très clairement que les plateformes [Internet] ont une obligation de diligence », un terme juridique signifiant que les sociétés en ligne, comme Facebook ou Twitter devraient prendre des mesures pour surveiller les posts de leurs utilisateurs.

« Pour moi, il est aussi très important de déterminer quelles sont les bonnes pratiques, d'identifier très clairement un mécanisme de coordination et de comprendre ce que l'UE peut faire, quelle est notre valeur ajoutée dans la lutte contre les fausses nouvelles », indique Mariya Gabriel.

Le mois prochain, la Commission européenne devrait annoncer des mesures instaurant des obligations communes pour le retrait de contenus illégaux publiés sur les réseaux sociaux. Au printemps, un groupe d'eurodéputés avait demandé à l'exécutif d'intégrer les mesures à une réglementation contraignante créant des règles communes dans toute l'union, afin d'éviter un excès de zèle dans certains États.

Les entreprises se méfient cependant des actions à venir et avertissent qu'il ne faut pas limiter la loi européenne garantissant qu'elles ne sont pas responsables des contenus postés sur leurs sites.

« Si nous ne mettons rien en place, les exemples d'abus ne feront que se multiplier »

Certains États membres font pression pour que la Commission annonce ces nouvelles mesures sur les fausses nouvelles et les contenus illégaux en ligne. L'Allemagne a même introduit une loi nationale plus tôt dans l'année, selon laquelle les médias sociaux risquent jusqu'à 50 millions d'euros d'amende s'ils ne retirent pas les contenus illégaux, comme les propos haineux. D'autres pays européens envisagent de suivre cet exemple.

« Il est évident que nous avons besoin d'une approche européenne, en plus des pratiques et lois nationales », estime Mariya Gabriel. « Si nous ne mettons rien en place, les exemples d'abus ne feront que se multiplier. Il est réellement important d'assurer ce type de cohérence au niveau européen. »

La commissaire n'a pas fourni d'information sur la composition possible du groupe d'experts qu'elle entend mettre en place, mais a indiqué qu'il était « important de collaborer tous ensemble, y compris les chercheurs, les médias, les États membres et les institutions européennes ».

La composition des groupes d'experts mis en place par l'exécutif européen est variable, autant en termes de nombre de membres et de types d'organisations participantes.

La protection des citoyens au cœur de la réflexion

Jean-Claude Juncker, le président de la Commission européenne, avait demandé à sa nouvelle commissaire de se pencher sur la question des « fake news » dans la lettre de mission qu'il lui a adressée en mai, quand son nom a été avancé pour reprendre le portefeuille du numérique.

« La Commission doit examiner les défis que créent les plateformes en ligne pour nos démocraties en ce qui concerne la dissémination d'informations fausses et initier une réflexion sur ce qui pourrait être fait au niveau européen pour protéger les citoyens », avait-il écrit.

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Par Catherine Stupp, Euractiv.com. Traduit par Manon Flausch

(article publié le 30 août)

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Commentaires
a écrit le 03/09/2017 à 22:23 :
Dans les infos de France Info c'est souvent les mêmes nombres qui sont indiqués , ils prennent les gens pour des idiots
a écrit le 02/09/2017 à 13:07 :
Le terrorisme européen, couplé au terrorisme étatique mené sciemment par plusieurs pays occidentaux, dont les usa et la france, est en marche. Face à cette dictature de la classe politique installée, tous, absolument tous les moyens sont bons pour éradiquer des politiciens véreux, corrompus et dictatoriaux. ils appelleront ça "irresponsabilité", "désordre", "révolution" oui "terrorisme" ? Qu'importe ! L'essentiel est de les éradiquer !
a écrit le 02/09/2017 à 12:49 :
Hélas! 3 fois hélas! Toutes les dictatures se sont mises en place pour "protéger". Mais ne sont-elles pas couplées avec la mauvaise foi et l'irresponsabilité partagée?
a écrit le 02/09/2017 à 12:27 :
Reste à définir ce que sont les "fake news" ? Incluent-elles les annonces gouvernementales qui disent, par exemple, que le nuage de Tchernobyl s'est arrêté à la frontière, que seules les voitures allemandes sont truquées ou que seules les poules des autres sont infectées au fipronil ? Il me semble que cette mesure viserait plutôt à faire taire les médias "non autorisés" et conduirait à la dictature annoncée par Orwell :-)
a écrit le 02/09/2017 à 10:32 :
Quelle idée "géniale" d'attendre tout les commentaires pour les afficher une fois l'article disparue! Pas de contradiction et pas de lecteur donc, pas de censure!
a écrit le 02/09/2017 à 9:50 :
Elle devra alors s' attaquer à elle même
a écrit le 01/09/2017 à 20:48 :
Dans la bouche de commissaires non élus assurant l' exercice unioniste de la prise de décisions, avouez que c' est fort de café!
a écrit le 01/09/2017 à 19:58 :
Bon puisque vous ne voulez pas publier mon commentaire je le refais autrement même s'il n'y avait absolument rien de blâmable...

Le fait que le peuple français ai voté contre ce traité constitutionnel qui nous paupérise en 2005 mais que nos parlementaires et gouvernants français nous ont fait passé en force, avec l'aval de l'UE toujours enclin à cracher sur la démocratie, via le traité de lisbonne va devenir une "fake news" selon l'autorité européenne puisque contraire au dogme.

ET comme je le lis dans les autres commentaires nous sommes nombreux à voir arriver le truc gros comme une maison...
a écrit le 01/09/2017 à 18:03 :
Des "fake News" on en a un peut partout !
Même nos très célèbres média (Presse, Télé, y compris les plus célèbres) racontent parfois des bêtises conformes à la pensée dite unique pas toujours objective (ou se taisent alors qu'ils devraient publier ex : les manifestations récentes en Italie contre les 12 vaccins obligatoires chez eux n'ont pas fait l'objet d'articles ou de reportages de peur peut être de fâcher Mme B. ou d'inciter les autres peuples à se rebeller contre cette atteinte à notre libre arbitre)... N'y a t'il pas de travail plus important ou urgent pour elle ? Désopilant ! Qui contrôlera les fake News de la Commission Européenne ?
Cette institution est elle encore utile ? Impartiale ? Objective ? Bof...
a écrit le 01/09/2017 à 12:35 :
Etant donné que la toute grande majorité des fake news, très à la mode, sont propagées par les politiciens en place - y compris en france, à tous les niveaux de l'état - et relayés avec une complaisance pour le moins suspecte par l'ensemble des médias classiques - radio, tv, presse écrite et Internet - quelle crédibilité peut-on accorder à cette pseudo-"initiative" qui ne vise en fin de compte qu'à garantir une fois de plus la dictature de la pensée unique ? Sous le très mauvais prétexte de "protéger" les citoyens des fake news et de faire la chasse à un "terrorisme" qui est provoqué et sciemment entretenu par les politiciens occidentaux, et notamment français, voilà une mesure de plus qui ne sert au final qu'à gaver le populo décérébré de désinformations, de mensonges, de contre-vérités et de manipulations dont les politiciens - tous bords confondus - sont coutumiers. Ceux qu'il faut vraiment censurer, ce sont les politiciens, depuis la mairie jusqu'à l'élysée. Et lourdement condamner - juridiquement et financièrement - les medias qui se font les complices de tous les mensonges qui nous sont débités.
Réponse de le 01/09/2017 à 15:06 :
Vous avez parfaitement raison ! En outre, plus un politicien avance l'argument de la "démocratie" et celui de la "liberté", plus il bafoue et piétine ces dernières. On n'a qu'à voir en france tout ce qu'il est interdit - sous peine de sanctions financières et pénales - de dire. Un type, fut-il à l'élysée (fut-il surtout à l'élysée - qui se drape dans la "démocratie" et la "liberté" est toujours le premier à les détruire. Ou à diriger - démocratiquement bien entendu - par "ordonnances". Ce qui est, on s'en doute, le comble de la démocratie bien comprise... En l'ocurrence, la france et l'europe n'ont rien à envier aux pays que l'on présente un peu trop vite et de manière très suspecte comme des "dictatures". Les pires dictatures sont celles qui se camouflent derrière les slogans de "liberté" et de "démocratie". Ce sont aussi ces mêmes pays qui provoquent et entretiennent sciemment le "terrorisme" afin de détruire toujours plus les plus élémentaires libertés individuelles.
a écrit le 01/09/2017 à 11:31 :
La bourse fonctionne grâce aux fake news économiques. Une société qui a une capacité de production de 3000 unité par mois peut déclarer pendant 6 mois une production de 2000 unités, et les 6 mois suivants 4000. Cela fait une magnifique "croissance" théorique de 100%, alors que la production a été constante sur l'année. Les actionnaires sont bernés, et que fait la commission à ce sujet ?
a écrit le 01/09/2017 à 10:54 :
"Union européenne : la Commission veut s’attaquer aux « fake news »" parce qu'elle veut en garder le monopole et en éviter la concurrence serait plus vrai!
a écrit le 01/09/2017 à 9:01 :
De plus en plus de censure pour protéger le pouvoir. Il suffira de déclarer une information de mensongère pour justifier une mise en examen. C'est du totalitarisme. Le mensonge n'est pourtant pas interdit, ni dans le code civile, ni dans la déclaration des droits de l'homme. Et la classe politique le pratique avec beaucoup de talent.
a écrit le 01/09/2017 à 7:38 :
Vive la liberté :(

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