Faut-il compter sur l’épargne salariale pour financer sa retraite ?

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Les jeunes générations devront-elles financer leur retraite par leurs propres moyens ?
Les jeunes générations devront-elles financer leur retraite par leurs propres moyens ? (Crédits : Reuters)
Financer sa retraite par ses propres moyens pourrait devenir une obligation dans les prochaines années. Parmi les solutions s’offrant au particulier, l’épargne salariale présente quelques avantages… et quelques risques.

"Les jeunes ont peur de ne pas pouvoir bénéficier du système de retraite par répartition". Le constat est lâché, la hantise exprimée. Cette phrase a été prononcée par Inès Minin, secrétaire nationale de la CFDT en charge de la jeunesse, lors des rencontres pour l'épargne salariale organisées par l'association Fondact le 20 septembre. La peur de ne plus pouvoir compter sur un système de retraite par répartition tel qu'on le connait actuellement implique de chercher de nouvelles solutions pour continuer à toucher de l'argent après la fin de sa vie active. L'épargne salariale, et le Perco en particulier, fait partie des solutions permettant de financer sa retraite. Est-elle suffisante pour autant ? Rien n'est moins sûr.

Le Perco est un plan d'épargne salariale sur lequel vous pouvez placer vos primes de participation et d'intéressement. Votre employeur et vous pouvez également y verser des abondements, selon les conditions prévues par la loi. Le principal avantage de ce dispositif est sa fiscalité. Comme pour les plans d'épargne en entreprise (PEE), les sommes placées sur un Perco ne sont pas soumises à l'impôt sur le revenu. En contrepartie, elles resteront bloquées jusqu'à votre départ en retraite, sauf si vous êtes dans un des cas de déblocage prévus par la loi : divorce, décès de votre conjoint, invalidité, perte d'emploi. Comme vous avez pu le constater, aucune de ces situations ne respire la gaieté... Si le déblocage du Perco n'est possible qu'en cas de coup dur de la vie, c'est parce qu'il est réellement dédié à une épargne de très long terme et n'est pas là pour être un livret A de substitution.

Le Perco relancé par la loi Macron ?

Le Perco est donc un outil pertinent pour financer sa retraite. Signe de son succès, il est d'ailleurs proposé par 200.000 entreprises sur le territoire français et sur l'année 2015, il a bénéficié d'une collecte nette de 2 milliards d'euros bruts, un score tout à fait honnête comparé à d'autres produits d'épargne. La loi Macron n'est peut-être pas étrangère à cette bonne collecte. C'est en tout cas l'avis de Pierre Schereck, directeur de l'Epargne Entreprise chez Amundi, qui se félicitait de la baisse du forfait social sur les Perco prévue par la loi du 7 août 2015. Le taux de cette taxe, prélevée sur chaque somme versée par l'employeur, a été réduit de 20 à 16% pour tout Perco bénéficiant d'une gestion pilotée investi au moins à 7% dans un plan d'épargne en action pour le financement des petites et moyennes entreprises (PEA-PME). "4 points c'est bien mais ce n'est pas assez" tempère Pierre Schereck, n'oubliant pas que le taux du forfait social est passé de 2 à 20% en quelques années. Au total, les salariés français ont placé 12 milliards d'euros sur leurs Perco. Toutefois, cet encours reste loin d'autres des niveaux atteints par l'assurance vie (+ de 1.600 milliards d'euros), le livret A (258 milliards d'euros) ou même le livret de développement durable (101,3 milliards).

Un placement sur lequel toute votre épargne retraite ne peut reposer

Car le Perco est loin d'être la panacée. En effet, cela reste un produit d'épargne salariale, fortement dépendant par nature des résultats de l'entreprise à laquelle il est lié. Ainsi, en cas de période difficile, les primes et abondements versés par votre employeur baisseront et vous vous retrouverez avec une sorte de double peine : votre situation professionnelle se fragilise et votre épargne cesse d'augmenter. De plus, si le Perco est investi en actions, il demeure soumis aux aléas du marché et ne représente donc pas un placement d'une sécurité absolue.

Comme le dit l'adage, il est donc préférable ne pas mettre tous ses œufs dans le même panier et de ne pas compter uniquement sur son épargne salariale pour financer sa retraite. Vous avez de la chance, il existe de nombreux autres moyens de mettre de l'argent de côté pour vos vieux jours : immobilier locatif, assurance-vie, Perp, etc.

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a écrit le 27/09/2016 à 16:16 :
Souvenir :

45 000 salariés ont perdu plus d’un milliard de dollars sur lesquels ils comptaient pour leurs pensions.Alors que l’on reparle des fonds de pensions comme un moyen de financer les retraites en France, l’expérience douloureuse des salariés d’un grand groupe américain en faillite mérite le détour.

" Les Américains qui ont perdu leur emploi ont besoin de nous. Je vais demander au Congrès de prendre de nouvelles mesures de sécurité envers les placements pour le plan 401 k et les retraites ", a annoncé le président Bush, dans son message sur l’état de l’Union le 28 janvier dernier. Sous cette apparente sollicitude, un drame, la plus grande faillite de l’histoire des États-Unis et sans doute la plus grande escroquerie jamais réalisée sur fond de corruption politique. Un nom, en effet, est demeuré dans l’ombre du discours présidentiel : Enron, le plus grand donateur de la campagne électorale, sinon de la carrière politique de George W. Bush et le responsable de la faillite record. La consigne la Maison-Blanche est de ne pas se montrer concerné pour éviter les dégâts collatéraux.L’effondrement de l’épargne placée par les salariés de Enron lève le voile sur des pratiques généralisées qui relèvent de l’escroquerie. L’argent placé en actions Enron, par le personnel, s’est volatilisé réduisant à néant le rêve américain des employés de la septième plus grande entreprise américaine.Déposant devant le Comité du commerce du Sénat un ouvrier, Robert Vigil, parlant au nom des 2 700 travailleurs de PGE qui ont vu s’évaporer leurs économies après la faillite déclarée le 2 décembre a expliqué qu’il restait avec 1 800 actions sur les bras, qui ne valent plus rien.

Les dégâts causés à quelques-uns de ses camarades vont de 132 000 dollars pour Patt Kilen à 995 000 dollars pour Tim Ramsey, après trente-trois années de travail. " Cela ne représente que la partie émergée de l’iceberg de douleur et de dévastation dans les familles ", a ajouté ce salarié. Pour les 45 000 salariés, la perte est de plus d’un milliard de dollars.
Il faudrait ajouter à cette catastrophe, les pertes des fonds de pension des syndicats, des enseignants, des fonctionnaires et autres salariés du service public qui s’étaient laissés griser par les affichages mensongers du cours d’Enron à Wall Street. Mais, tout le monde n’a pas sombré dans ce naufrage.Quand le navire a commencé à prendre l’eau, vingt-neuf de ses principaux dirigeants ont vendus leurs actions pour un milliard cent millions de dollars (la somme spoliée aux salariés) car, à la différence des autres salariés, en toute injustice, ils y étaient parfaitement autorisés. Comme l’écrit le New York Times : " Les riches sont différents. Ils savent quand partir avec en poche l’argent de leur retraite. " Les dirigeants de Enron savaient que les pratiques financières étaient frauduleuses - le Washington Post, écrit qu’Enron était " une compagnie d’escroc " - et que depuis 1999 les dettes s’accumulaient.Le plan 401 k n’était pas pour eux.
a écrit le 27/09/2016 à 14:39 :
Faites attention a votre épargne privé a l'américaine, beaucoup d'américains ont vu leurs retraites disparaître, il vaut mieux utiliser les comptes garantis par l'état même si peu rémunérateurs !
a écrit le 27/09/2016 à 10:09 :
Ben tiens faut bien engraisser les actionnaires milliardaires, par contre faudra pas pleurer à la fin hein, on sait bien comment fonctionne notre monde maintenant.
a écrit le 27/09/2016 à 9:05 :
la vraie question est ' mon epargne salariale va t e elle etre mise dans le bain commun pour payer les retraites des gens qui n'ont pas cotise?'
sachant que c'est ce qui est en train de se produire avec les liberaux qui ont en caisse 30 milliards sur lesquels l'etat veut mettre la main en nommant par decret le directeur ( qui pourra donc faire ' des petites perequations' et ' des petits prets bonifies non remboursables ' a d'autres organismes
a écrit le 27/09/2016 à 7:38 :
Sauf que j ai 30 ans et que je ne M en fait pas. Quand les baby boomer disparaîtront le système retrouvera son équilibre. (Sauf que cette génération nous aura endetté comme jamais).
Réponse de le 27/09/2016 à 17:40 :
Oui et non ...

A l'époque des 30 glorieuses , le chômage était limité a moins de 500 000 individus ( la plupart étant marginal ) c'était l'époque ou tu débauchais d'une entreprise pour gagner 1 francs de plus de l'heure , il y 30 ans je me souvient des demandes d'emplois de plusieurs pages dans les journaux toutes catégories ...

Quand ceux qui ont connu cette période disparaîtront je ne suis pas sur que le pleine emploie revienne ...le système ne pourra jamais revenir a l'équilibre parce qu'il y a pas assez de personnes qui travaillent par rapport aux chômeurs et retraités .

De plus il y a 30 ans , ceux qui travaillaient dans le pleine emploie avaient les moyens d'investir dans un état de service ( service public en tout genre ) aujourd'hui ça va être dur de le faire car les fonctionnaires ( état )sont payés par tous les salariés et moins de salariés pour un même nombre de fonctionnaires ...

Alors bonne chance quand tu arriveras a la retraite !!!
a écrit le 26/09/2016 à 21:44 :
Encore un article approximatif... Le déblocage du perco peut se faire pour le acquisition de la résidence principale, y compris si ce n' es pas la 1ere... par ailleurs si lees résultats de l' entreprise diminuent (et donc le intéressement et la participation), rien n empêche si la personne de faire des versements volontaires et de bénéficier de l' abonnement prevu au contrat. La 1ere chose à faire pour préparer sa retraite est de bien connaître les produits. Cela vaut également pour les journalistes.
a écrit le 26/09/2016 à 20:57 :
Pour les retraites (et pour le chomage), il faut prélever sur la consommation et non sur la production. C'est ce qui correspond à la TVA sociale. De plus, il faut prélever sur l'énergie pour réduire les prélèvements sur le travail et sur le capital. (Une taxe sur l'énergie pour financer le chomage et les retraites). Ce qui implique de basculer la fiscalité du travail sur la fiscalité énergétique. C'est une mesure à étudier de toute urgence. Cela règlerait le problème d'Alstom, d'Air France et d'autres entreprises.
Réponse de le 27/09/2016 à 7:42 :
Sauf qu en faisant ça OK avantage encore ceux qui ne font rien.
qui de ceux qui bossent et qui ont besoin d "energie" pour aller travailler ?
Réponse de le 27/09/2016 à 8:30 :
ben voyons, la TVA est deja a 20 %, l essence c est taxe a +400 % (1 l d essence c est 90 % de taxe) et monsieur veut remettre le couvert ?
Sans compter que si vous taxez le carburant vous allez couler air france que vous citez ...
ce qui est necessaire, c est surtout de baisser les depenses, c e qui veut dire mettre a la dietre les professions de santé et les retraités actuels (qui ont un niveau de vie superieur aux actifs). Mais evidement c est politiquement suicidaire, il vaut donc mieux ne rien faire et faire payer les jeunes (qui en effet ne toucheront rien du systeme actuel dans 30 ou 40 ans )
Réponse de le 27/09/2016 à 16:27 :
@cd

"et les retraités actuels (qui ont un niveau de vie superieur aux actifs".

Seul les retraités cadres ont un niveau de vie supérieur aux actifs.Ils sont très nombreux en particulier ceux de la génération baby-boom qui pour beaucoup sont passés cadre en fin de carrière voir en pré-retraite à 55 ans et donc ont peu cotiser aux caisses par rapport à ce qu'ils vont percevoir pendant des années et ils ont en plus une durée de vie supérieure aux autres catégories de près de 7 ans.Eux sont favorable à la capitalisation ayant les moyens de le faire , pas le grouillot à 1500€.

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