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ÉconomieFrance

La réforme des retraites passe le cap du Conseil des ministres, la CGT mobilise de nouveau

Photo de Mounia Van de Casteele

latribune.fr

Publié le 18 septembre 2013 à 06:56 - Mis à jour le 18 septembre 2013 à 12:55

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Le projet de loi sur la réforme des retraites a été examiné par le Conseil des ministres. Il ne convainc pas près de de 80% des Français, même si l'opposition au texte reste, pour l'instant, assez faible.

C'est fait. Comme convenu, ce mercredi 18 septembre, le gouvernement a adopté le projet de loi censé  garantir l'avenir du système des retraites lourdement déficitaire (plus de 20 milliards d'euros à l'horizon 2020, dont 7 milliards pour le seul régime général) . Présentée fin aout par Jean-Marc Ayrault,  à l'issue d'une concertation estivale avec les partenaires sociaux, cette première réforme des retraites d'un gouvernement socialiste  prévoit notamment l'allongement progressif de la durée de cotisation à 43 ans (172 trimestres) d'ici à 2035 pour pouvoir toucher une pension complète. L'âge légal de départ, repoussé à 62 ans par la réforme Sarkozy de 2010, n'est pas lui remis en cause. Suivant en cela un engagement de campagne de François Hollande, le gouvernement avait d'emblée refusé de le reculer davantage.

Les Français pas convaincus par la réforme

Même si la réforme ne convainc pas 7 à 8 Français sur 10 selon les sondages, elle ne suscite pas pour le moment un profond mécontentement, contrairement à celle de 2010. La journée de manifestations du 10 septembre à l'appel de quatre syndicats (CGT, FO, FSU, Solidaires) n'a rassemblé dans toute la France que 370.000 manifestants, selon la CGT, et 155.000 selon la police.

>> Réforme des retraites: la contestation en 2013 n'est pas la même qu'en 2010

Les syndicats dits réformistes (CFDT,CFTC, CFE-CGC, Unsa) ont pour leur part opté pour le dialogue avec le gouvernement pour obtenir des avancées. Mais de leur côté, les syndicats contestataires ne réclament pas le retrait du texte, à la différence de 2010. Ce qui, certainement, nuit à la mobilisation, faute d'un mot d'ordre suffisamment clair.  ils entendent proposer des amendements "à tous les partis de gauche, y compris au Parti socialiste", a déclaré à l'AFP Eric Aubin, le spécialiste retraites de la CGT. "On ne voudrait pas être écarté du jeu", a-t-il ajouté. En tout état de cause, la CGT appelle déjà à une nouvelle "semaine d'action" du 7 au 11 octobre, à l'occasion de l'ouverture du débat parlementaire sur le projet de loi. Le point d'orgue de cette semaine sera "une journée nationale unitaire et interprofessionnelle de grève et de manifestations" dont la date exacte sera bientôt déterminée avec les autres syndicats opposés à la loi.

"Le texte est une architecture équilibrée"

Les autres syndicats vont tenter également d'influer la discussion en suggérant des amendements, notamment la CFDT dont l'influence a été grande sur les "mesures de justice" du projet de loi: sur la pénibilité, les femmes, les carrières hachées, les jeunes.

>> Retraites: le rachat des trimestres d'études, une fausse bonne idée

Mais "les marges de manœuvre financières sont réduites", dit-on à l'Elysée. Tandis qu'au ministère des Affaires sociales, on souligne que "le texte est une architecture équilibrée y compris sur le plan financier". "Il est difficile d'envisager des mesures qui viendraient rompre cet équilibre", ajoute-t-on. Il n'est pas impossible que sous certaines conditions,  les périodes de stages soient prises en compte dans le calcul  des trimestres validés

>> Les 12 mesures-phares du projet de réforme des retraites

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L'opposition de droite va, quant à elle,  faire valoir pendant le débat parlementaire que la réforme ne va pas assez loin dans la réduction des déficits. Elle va demander un nouveau recul de l'âge légal de départ (à 63 ans) et  refuser toute mise à contribution des retraités actuels, acceptant éventuellement celle des retraités à venir. "Ce n'est pas une réforme des retraites", a déclaré à l'AFP le député UMP de la Marne, Arnaud Robinet, qui sera le principal porte-parole de l'opposition à l'Assemblée face à la ministre des Affaires sociales Marisol Touraine. Elle-même avait tenu ce rôle en 2010 pour le groupe socialiste.

Pour l'heure, le texte, qui a passé le filtre juridique du Conseil d'Etat, doit être présenté dans l'après-midi devant la Commission des Affaires sociales, avant d'y être débattu le 30 septembre. La discussion en séance plénière est fixée au 7 octobre.

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Pour aller plus loin: Réforme des retraites: ce que Jean-Marc Ayrault ne vous a pas dit

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