Entre les postures et les authentiques professions de foi, l'année 2014 fut une année mouvementée. Cordiales parfois, tendues très souvent, les relations entre le gouvernement et le patronat ont défrayé la chronique. Au nom de l'intérêt général ? Pas sûr.
L'année 2014 fut une année mouvementée. Après avoir tenté de renouer avec le dialogue avec les chefs d'entreprises, le gouvernement de manuel Valls a échoué dans sa tentative de reconquête.
Pourtant, les organisations patronales avaient plutôt bien accueilli la nomination de Manuel Valls à Matignon. Les relations avec Jean-Marc Ayrault et son gouvernement devenaient très tendues. Fiscalité, formation professionnelle, le Pacte de responsabilité et ses contreparties étaient des dossiers brulants sur lesquels l'exécutif et le patronat ne parvenaient pas à s'entendre.
L'arrivée de Manuel Valls change-t-elle la donne ? Pas vraiment. Le patronat fait feux de tout bois lors des premières semaines de Manuel Valls à Matignon.
En juin, lors de Planète PME, les membres du gouvernement ont défilé. Manuel Valls ne déroge pas à la tradition, mais il ne fait que passer. Ses ministres ne se sont pas attardés.
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Au cours de l'été, les relations se réchauffent. Avant l'université d'été du Medef, le Premier ministre rencontre Pierre Gattaz, le président du Medef.
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Il déchaîne l'enthousiasme lors de son déplacement à Jouy-en-Josas. " Je sais qu'il est d'usage d'opposer la gauche et le monde de l'entreprise ... C'est un vieux refrain ... Mais justement, ce que je crois profondément, c'est que notre pays a besoin de sortir des postures, des jeux de rôle auxquels nous sommes tellement habitués. Alors, je le dis : cessons d'opposer systématiquement ! D'opposer Etat et entreprises ! D'opposer chefs d'entreprise et salariés ; organisations patronales et syndicats ! Je le dis et je l'assume : la France a besoin de vous ! La France a besoin de ses entreprises, de toutes ses entreprises. Car ce sont les entreprises qui, en innovant, en risquant les capitaux de leurs actionnaires, en mobilisant leurs salariés, en répondant aux attentes de leurs clients, créent de la valeur, génèrent des richesses qui doivent profiter à tous ", a déclaré le Premier ministre. Ces déclarations lui seront reprochées par les frondeurs socialistes qui, lors du vote de confiance au gouvernement le 16 septembre, s'abstiendront.
Ce moment de grâce sera éphémère. En effet, lors du discours prononcé avant ce vote, Manuel Valls fait un numéro d'équilibriste qui froisse le patronat.
Du 1et au 5 décembre, le Medef, la CGPME et l'UPA se mobilisent pour demander au gouvernement de modifier sa politique économique. Dans leur viseur, la mise en place du compte pénibilité - qui sera ensuite allégé - , la durée minimale de 24 heures pour les contrats de travail à temps partiel et l'obligation d'informer les salariés deux mois avant la cession d'une entreprise prévu par la loi Hamon.
" Nous, chefs d'entreprise, savons que la France est un grand pays, plein de talents, d'énergie, de potentiels. Tous les jours, nous œuvrons pour développer nos entreprises et créer ainsi richesses et emplois. Pourtant, notre économie va mal. Elle est bridée par 30 années d'une politique qui a progressivement étouffé les entreprises de toute taille par une accumulation de charges, de contraintes, de taxes et de sanctions. Il nous faut désormais changer de posture : tous les élus, qu'ils soient de droite, du centre ou de gauche, qu'ils soient élus locaux ou nationaux doivent nous permettre de retrouver les voies de la croissance et de l'emploi grâce au pragmatisme et à la confiance ", expliquent les trois principales organisations patronales dans un texte commun.
Depuis, les invectives se multiplient de la part des deux camps, même si le Medef semble hésiter sur la conduite à tenir (Lire Le Medef se divise sur la ligne à adopter face au gouvernement Valls). Contre les offensives du Medef, le gouvernement joue la carte de solidarité.