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Visite à Toulon, port d’attache de Charles Berling

Photo de La Tribune Dimanche - Rédaction

Mathilde Giard

Publié le 02 juin 2026 à 11:00

Toulon est le port d’attache de Charles Berling.

Toulon est le port d’attache de Charles Berling.

LTD/Laurent Parienti/Tourisme Provence Méditerranée

La Tribune Dimanche

N145 ● 12 juillet 2026

Photo d'illustration de l'article
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REPORTAGE — L’acteur a grandi dans cette ville du Var dont il dirige la scène nationale. Il nous dévoile ses bonnes adresses pour un week-end en bord de rade.

Il était arrivé de Toulon en TER pour sa montée des marches à Cannes, lors du Festival. Charles Berling avait revêtu son smoking et foulé le tapis rouge au bras de Marie-Christine Barrault avant la présentation du film La Vie d’une femme, de Charline Bourgeois-Tacquet. Puis, vite, l’acteur était reparti en train vers le premier arsenal naval français, plein ouest dans le Var, où il dirige le théâtre Châteauvallon-Liberté.

C’est son Sud à lui, là où sont ses racines, au bord de la Méditerranée. Son père était médecin de la Marine nationale et Toulon représenta leur port d’attache, entre deux parenthèses à Brest et à Tahiti. « Une année où je me sentais bizarre, il y a 30 ans, j’ai compris que c’était parce que je n’y avais pas remis les pieds depuis un an : cette lumière, ces températures me manquaient », raconte l’artiste de 68 ans. Il signe cet été sa dernière saison à la tête de la scène nationale dont il avait pris les rênes avec son frère Philippe en 2011, lors de sa création dans un ancien cinéma, sur une immense place solaire au cœur de la ville.

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« Je fais valoir mes droits à la retraite et j’aurai davantage le temps de tourner des films et de jouer, notamment un spectacle itinérant déjà programmé avec l’opéra de Toulon : j’aime la diversité de ce territoire, cette province trop maltraitée par le parisianisme », se projette-t-il, les cheveux en bataille, attablé à l’ombre des arbres sur la terrasse de la ferme-auberge des Olivades, à Ollioules.

Racines varoises

Ce végétarien est un client fidèle de cette Amap, la première fondée en France, en 2001, où il vient chaque semaine récupérer son panier de légumes au volant de sa Tesla blanche. L’adolescent avait vu ses premiers spectacles dans cette commune, là-haut sur la colline, au centre artistique et culturel de Châteauvallon imaginé en 1965 par quatre utopistes au milieu des pins, la mer en arrière-plan. Joan Baez, Paul McCartney and Wings et Merce Cunningham étaient passés par ici. « J’y allais avec les scouts, on déchirait les billets et on gardait les instruments des groupes de jazz. »

La plage des Sablettes.
La plage des Sablettes. (Crédits : LTD/Laurent Parienti/Tourisme Provence Méditerranée)

C’est au lycée Dumont-Durville de Toulon que Charles Berling avait découvert le théâtre, dans un atelier créé par son frère aîné. « Ça m’a sauvé de ma cancritude », assure-t-il. Un demi-siècle plus tard, la ville reste son point d’ancrage. L’homme de gauche s’est engagé auprès de la maire sortante, Josée Massi, divers droite, pour contrer le Rassemblement national aux élections municipales. « On a eu chaud », souffle celui qui avait mis en place les « billets suspendus », offrant à des bénéficiaires la possibilité d’assister gratuitement aux spectacles.

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Il a lâché son appartement à Paris et vit face à la Grande Bleue. Son voilier est le seul bien qu’il possède, amarré de l’autre côté de la rade, à La Seyne-sur-Mer. « Je largue les amarres et au bout de quelques milles je vois des cachalots. J’aime quand il y a du vent, que le bateau gîte et que je me retrouve en position instable, dans ce mouvement qui ne s’arrête jamais et, paradoxalement, me permet d’accéder à la sérénité, au calme. »

De retour au port, peut-être ira-t-il piquer une tête sur la plage familiale des Sablettes, face aux rochers des Deux Frères, accessible en bateau-bus. « On y venait en meute lorsque j’étais enfant, avec mes parents et mes cinq frères et sœurs », se souvient-il, avant de filer pour une intervention dans un lycée. Charles Berling apprécie ce bout de rade qui a échappé à la bétonnisation des stations balnéaires voisines grâce à la présence de la Marine nationale, 400 ans cette année, ville dans la ville avec ses 25.000 marins.

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« D’une génération antimilitariste, je suis pacifiste mais je respecte profondément cette institution. J’ai d’ailleurs fait intervenir leur chœur dans un spectacle. » Sur le port, les locaux remarquent l’absence du porte-avions Charles-de-Gaulle, parti patrouiller près du détroit d’Ormuz. Entre les quais et la cathédrale, le « petit Chicago » a été métamorphosé, cet ancien quartier mal famé où débarquaient les marins : des cafés et des galeries d’art ont remplacé les bars à entraîneuses d’antan.

Le marché du Cours Lafayette.
Le marché du Cours Lafayette. (Crédits : LTD/Laurent Parienti/Tourisme Provence Méditerranée)

Charles Berling a ses habitudes entre les étals du marché quasi quotidien du cours Lafayette, chanté par Gilbert Bécaud. Les jours de match, il se rend dans les tribunes du stade Mayol, temple du rugby où il entonne le Pilou-Pilou, le chant local des supporters. Le RC Toulon y affronte l’Union Bordeaux Bègles cet après-midi. Peut-être lâchera-t-il à l’issue de la rencontre un énième « C’est merveilleux », sa formule fétiche. 

Dernière saison

Charles Berling quittera le théâtre Châteauvallon-Liberté le 31 août. Il tient les manettes de son dernier festival d’été, du 26 juin au 28 juillet, dans l’amphithéâtre construit dans la pinède, la mer et le ciel étoilé pour décor, le chant des cigales en bande-son. Il y présentera l’une de ses dernières créations, Les Résistantes, une adaptation théâtrale du podcast de France Inter de Philippe Colli, inspirée des destins croisés de Lucie Aubrac, Geneviève de Gaulle et Mila Racine. Parmi les autres œuvres au programme : Madame Butterfly de Puccini, produit par l’opéra de Toulon, et Nelken (Les Œillets), de Pina Bausch, interprété par son célèbre ballet, le Tanztheater Wuppertal, dont ce seront les seules dates en France.

🎟️ Places à partir de 25 euros. ℹ️ chateauvallon-liberte.fr

Carnet d’adresses

Écolodge Hameau des Pesquiers

« Touchée par son histoire, ma mère amenait toutes ses copines dans son premier restaurant », se remémore Charles Berling. Depuis, Stéphane Lelièvre a ouvert une dizaine d’autres adresses dont cet écolodge dans un ancien hameau ouvrier près des marais salants.

➕ Son atout : le site, avec sa chapelle et la plage.

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📍Hameau des Pesquiers, 1729, route de Giens (Hyères).
☎️ Tél. : 04 94 31 77 77 ℹ️ lespesquiers.com
🛌 Chambre à partir de 288 euros.

La Commanderie de Peyrassol

Charles Berling a présenté une lecture-concert dans ce domaine viticole provençal remontant à l’époque templière. La collection de sculptures du propriétaire, Philippe Austruy, se déploie entre les vignes, dont d’immenses drapeaux colorés de Daniel Buren qui flottent au vent. La Commanderie abrite un centre d’art contemporain pointu, la table étoilée Chez Jeannette (menu à 120 euros le week-end) et une maison d’hôtes avec piscine au milieu de la forêt, La Rouvière, nuit à partir de 235 euros.

Voir cette publication sur Instagram

Une publication partagée par Vins | Art contemporain | Gastronomie (@peyrassol)

📍1204, chemin de la Commanderie-de-Peyrassol (Flassans-sur-Issole).
☎️ Tél. : 04 94 69 71 02 ℹ️ peyrassol.com

Amap des Olivades

La première Amap de France, créée en 2001, a été sauvée par la fille des fondateurs, Agnès Vuillon, qui a troqué sa robe d’avocate contre un tablier de cuisine. « Coincé entre l’autoroute et un McDo, ce village d’Astérix a su résister face à une menace d’expropriation », note un Charles Berling admiratif. Menu à 32 euros, sur réservation, en terrasse ou à l’intérieur de la ferme-auberge entourée de champs.

📍172, allée de la Girane (Ollioules).
☎️ Tél. : 06 74 96 76 42 ℹ️ olivades.com

L’Épicerie Simple

On y boit un café avant ou après le marché et l’on se régale de l’un des meilleurs croissants de la ville.
On y boit un café avant ou après le marché et l’on se régale de l’un des meilleurs croissants de la ville. (Crédits : LTD/Laurent Parienti/Tourisme Provence Méditerranée)

Emmanuel Galera met en lumière les savoir-faire locaux dans cette cantine, épicerie et cave à vins emblématique de la transformation de Toulon. On y boit un café avant ou après le marché et l’on se régale de l’un des meilleurs croissants de la ville.

☎️ Tél. : 06 60 88 05 05

Etc…

Etc… comme épicerie, table et coffee shop. À deux pas du théâtre, dans l’ancien « petit Chicago », Charles Berling aime y déjeuner d’un « falafel bowl », avec quinoa et houmous (18 euros), et d’un jus de gingembre.

📍6, rue Louis-Jourdan (Toulon).
☎️ Tél. : 09 81 01 00 42.

La Villa Noailles

La visite guidée est à 10 euros.
La visite guidée est à 10 euros. (Crédits : LTD/LUC BERTRAND)

Robert Mallet-Stevens édifia entre 1923 et 1925 ce chef-d’œuvre de l’architecture moderne pour Charles et Marie-Laure de Noailles, tel un paquebot perché sur la colline. Le réalisateur espagnol Luis Buñuel y jouait au squash, l’Américain Man Ray tourna là son premier film… Bref, on s’amusait follement dans ce lieu phare du bouillonnement intellectuel de l’entre-deux-guerres.

📍 47, montée Noailles (Hyères).
☎️ Tél. : 04 98 08 01 98. ℹ️ villanoailles.com
🎟️ Visite guidée 10 euros.

Mathilde Giard

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