ENQUÊTE. Les illuminations de Philippe de Villiers
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Philippe de Villiers lors d'une manifestation contre l'avortement à Paris, le 19 janvier 2025.
LTD/ Serge Tenani/Hans Lucas via AFP
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Philippe de Villiers lors d'une manifestation contre l'avortement à Paris, le 19 janvier 2025.
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On les imagine phosphorer devant le Bal des Oiseaux Fantômes. Au lendemain des élections européennes de 2024, Jean-Paul Garraud, fraîchement reconduit à la tête de la délégation du Rassemblement national à Strasbourg, a eu une idée. Il se voyait emmener son groupe au Puy du Fou pour des sessions de « team-building ». Le projet est resté lettre morte, « trop compliqué à organiser », justifie un eurodéputé RN, avant toutefois de confesser : « Je ne sais pas pourquoi ça a capoté. »
Le président du mouvement, Jordan Bardella, était-il modérément séduit par la perspective de s’afficher dans le fief de Philippe de Villiers ? Toujours est-il que, seize mois plus tard, le leader frontiste n’était pas ravi de voir le nom du Vendéen faire irruption à l’Assemblée nationale. Son « manifeste » a fait suffisamment de raffut depuis la rentrée pour que cela se produise. Il s’agissait en fait — comme l'a révélé Le Monde — d’une pétition bricolée par les équipes du Journal du Dimanche pour quémander à Emmanuel Macron un référendum sur notre politique migratoire. Qu’importe si ça ne fait pas très sérieux.
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Trompetée par les médias du groupe Bolloré, l’initiative soi-disant villiériste a recueilli près de 2 millions de signatures, impossibles à authentifier. Au Palais-Bourbon, l’Union des droites pour la République (UDR), petit parti d’’Éric Ciotti allié à Marine Le Pen, a donc brandi ce « succès exceptionnel » du vicomte pour légitimer son propre appel à référendum sur l’immigration, vieille antienne de l’extrême droite.