Wall Street trébuche en 2008, le Dow Jones perd près de 34%

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A Wall Street, comme ailleurs, les professionnels de la finance vont vite vouloir oublier l'année 2008. Douze mois mouvementés durant lesquels Wall Street a vacillé et perdu ses certitudes.

Au terme de cette année 2008, le Dow Jones a perdu 33,8% de sa capitalisation. Le 1er janvier 2008, l'indice vedette de la Bourse de New York a débuté l'année avec 13.366 points au compteur. Personne n'anticipait alors un tel scénario. Les premières alertes, comme le sauvetage in extremis le 14 mars de Bear Stearns, la cinquième banque d'affaires du pays, n'ont pas vraiment éveillé les soupçons.

Pourtant, des déboires du secteur financier, englué dans la crise des subprimes, à la fraude présumée de 50 milliards de dollars de Bernard Madoff, en passant par les difficultés des constructeurs automobiles, l'explosion du chômage, l'entrée officielle des Etats-Unis en récession ou encore les baisses record des taux directeurs de la Réserve fédérale, rien n'aura été épargné à Wall Street cette année.

En début d'année, les investisseurs gardaient confiance. Certes, les indices new-yorkais reculaient mais sous l'effet de l'envolée des cours du pétrole et dans son sillage de l'inflation. A plus de 147 dollars le baril le 11 juillet, jamais l'or noir n'était monté aussi haut. Et avec cette progression vertigineuse, alimentée notamment par la demande croissante des pays émergents, les investisseurs ont commencé à s'inquiéter des répercutions sur les coûts des entreprises et sur leurs marges.

La hausse des prix a atteint elle aussi des sommets. En juillet, elle s'établit à 5,6% en rythme annuel outre-Atlantique. Loin, très loin de l'objectif de 2% fixé par la Réserve fédérale. Alors que les premiers signes de ralentissement de la croissance se manifestaient, le spectre de la stagflation a alors fait son retour au premier plan.

Durant l'été, la décrue des cours du pétrole et de l'inflation a permis à Wall Street de mettre un terme temporaire à la tendance baissière observée depuis le début de l'année, malgré de nouveaux indices avant-coureurs, comme les mesures de soutiens nécessaires à la survie de Freddie Mac et Fannie Mae, les deux principaux établissements de refinancement hypothécaire américain. Le 1er septembre, le Dow Jones était tombé à 11.543 points, en baisse de près de 14% sur les huit premiers mois de l'année. Mais le pire était encore à venir.

La vraie glissade a commencé le dimanche 14 septembre. Lehman Brothers, la quatrième banque d'affaires de Wall Street, est alors contrainte à se placer sous la protection du Chapitre 11 de la loi américaine sur les faillites. Le même jour, son homologue Merrill Lynch accepte de se faire racheter par Bank of America pour éviter de connaître le même sort. La réaction est immédiate sur les marchés: le Dow Jones cède 4,42% le 15 septembre.

Le lendemain, c'est un autre symbole de la finance américaine qui menace de sombrer: American International Group (AIG). L'ancien premier assureur mondial ne doit alors sa survie qu'à une nationalisation humiliante. En échange de 79,9% du capital du groupe, la Fed lui prête jusqu'à 85 milliards de dollars. Le 17 septembre, Wall Street rechute et le Dow Jones perd à nouveau 4,06%.

La volatilité atteint des sommets

Les marchés, sonnés, attendent la réaction de l'administration américaine. Le secrétaire au Trésor, Henry Paulson, prépare un plan de sauvetage des banques. Les discussions sont ardues avec la majorité démocrate du Congrès mais débouchent finalement sur un accord : 700 milliards de dollars sont débloqués pour débarrasser les banques de leurs actifs toxiques.

Mais le 29 septembre, le projet de loi est rejeté à la Chambre des représentants, replongeant les investisseurs dans une période de grande incertitude. Les places américaines plongent. Le Dow Jones perd 6,98%, enregistrant sa plus forte chute historique en termes de points, avec 778 points perdus. Et la longue descente aux enfers ne s'arrête pas là. Octobre est un véritable cauchemar. De 10.851 points au début du mois, le Dow tombe jusqu'à 8.175 points le 27.

Un octobre noir boursier auquel vient s'ajouter une longue série de tristes records des indicateurs de conjoncture. La croissance ralentit, la consommation est en berne, le chômage explose, l'immobilier s'enfonce dans la crise, les plans sociaux se multiplient, les avertissements sur résultats aussi. Le 9 octobre, un vent de panique souffle sur les marchés américains et le Dow Jones abandonne 7,33%, son plus fort recul depuis octobre 1987. L'indice vedette tombe sous le seuil des 9.000 points pour la première fois depuis juin 2003. Presque un an jour pour jour après son record historique à 14.093 points.

Signe de la perte de repères des marchés, la volatilité atteint des sommets, avec des mouvements spectaculaires à la baisse comme à la hausse pendant la dernière demi-heure de cotation. Les réactions à l'actualité sont amplifiées. Ainsi le 13 octobre, le Dow Jones s'envole de 11,08%, dans l'espoir d'un très vaste plan de recapitalisation des banques américaines, à l'image des initiatives britanniques et européennes. La plus forte hausse depuis 1933 et un record en termes de points gagnés sur une séance.

Le repli des indices américains se poursuit en novembre. Le 20, le Dow Jones touche son plus bas niveau de l'année après un énième plongeon de 5,56%. A 7.552 points, la chute dépasse alors les 43% depuis le 1er janvier. Et l'officialisation de l'entrée en récession de l'économie américaine n'arrange rien: le 1er décembre, Wall Street rechute de 7,70%, dernière claque de l'année.

Car les marchés se sont légèrement repris en décembre, malgré les difficultés grandissantes des constructeurs automobiles américains qui obligent la Maison Blanche à passer outre la décision du Congrès pour éviter une faillite certainement dévastatrice pour une industrie déjà au ralenti. La politique d'assouplissement monétaire n'est pas étrangère à cette accalmie. La Réserve fédérale n'a pas tergiversé et abaissé ses taux à leur plus bas niveau historique, en se fixant une fourchette de 0% à 0,25% pour son principal taux directeur.

Wall Street espère maintenant tourner la page de sa pire année depuis la crise des années 30. Les premiers mois de 2009 s?annoncent encore difficiles pour l?économie américaine, avant une reprise attendue au mieux pour le second semestre. En attendant, Barack Obama prendra ses fonctions le 20 janvier prochain, mettant fin à huit ans de présidence de George Bush, et pourra mettre en oeuvre le vaste plan de relance annoncé le mois dernier et dont les modalités ne sont pas encore connues.

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Commentaires
a écrit le 09/10/2009 à 13:41 :
rien

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