Alexandre Ricard prend la direction de Pernod Ricard

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(Crédits : (c) Photo Thomson Reuters)
Le petit-fils du fondateur de Pernod Ricard prend la direction générale du groupe, et dès 2015 sa présidence. En attendant, cette fonction est assurée par Danièle Ricard, soeur de Patrick Ricard disparu à la mi-août.

Malgré la nouvelle tragique qui a frappé le groupe, aucun bouleversement notable est à prévoir du point de vue purement opérationnel. C'est en effet Pierre Pringuet qui est à la barre du paquebot Ricard depuis 2008. Et la relève est assurée pour la suite puisque c'est Alexandre Ricard, le petit-fils du fondateur Paul Ricard, qui sera appelé aux responsabilités d'ici 2015, date à laquelle Pierre Pringuet aura atteint la limite d'âge statutaire pour les fonctions de Directeur Général. En attendant, Danièle Ricard, la s?ur du défunt sera à la présidence du groupe.

Hasard (malheureux) du calendrier, le numéro deux mondial des vins et spiritueux rend des comptes au marché quelques jours après le décès de Patrick Ricard. Les affaires du groupe ont bien tourné sur l'exercice écoulé. Pernod Ricard a ainsi dégagé pour l'exercice un résultat opérationnel courant en croissance organique de 9% à 2,114 milliards d'euros, en ligne avec les attentes des analystes qui tablaient pour leur part sur 2,11 milliards de profit opérationnel courant. Le chiffre d'affaires annuel du groupe s'est établi à 8,215 milliards, en hausse de 7%, ce qui matérialise une marge opérationnelle de 25,7%, en progression de 75 points de base.

L'Asie « le principal moteur de la croissance »

Derrière cette croissance des ventes du groupe, des disparités sont bien présentes entre les différentes régions du monde dans lesquelles il opère. L'Asie « le principal moteur de la croissance » de Pernod Ricard a vu ses ventes s'apprécier de 15% sur la période. L'Europe de l'Est n'est pas en reste. Les affaires de Pernod dans la zone ont progressé de 16%. Les marchés matures, l'Europe et tout particulièrement les pays du sud du vieux continent, donnent du fil à retordre à Pernod Ricard. Les facturations baissent de 13% en Italie et en Grèce, de 4% en Espagne. En France, le repli est modeste, les ventes se sont contractées de e 1%, en raison de la baisse de consommation des spiritueux après la hausse des droits d'accise (+14% en moyenne) au 1er janvier 2012 impactant particulièrement la catégorie anis. Malgré cette hausse, certaines marques ont affiché de bonnes performances, la vodka Absolut et le rhum Havana club ont vu leurs ventes progresser de 13%.

Mais les incertitudes économiques actuelles, n'entachent pas la confiance de Pernod Ricard «quant à [sa] capacité à délivrer une solide croissance également sur cette année ». Le groupe peut compter d'une part sur le fort dynamisme des pays émergents, grands adeptes de spiritueux mais aussi de ses marques premium, fortement margées. Elles représentent désormais 73% du chiffre d'affaires de Pernod, en hausse de deux points par rapport à l'exercice précédent. Conformément ses habitudes, Pernod Ricard communiquera ses objectifs de résultats pour l'exercice en cours lors de la communication du chiffre d'affaires du 1er trimestre 2012/13, le 25 octobre 2012.

La Bourse aime Pernod Ricard

Sur le front bilanciel, le désendettement de Pernod Ricard se poursuit et transparaît dans l'évolution du ratio de dette nette/ Ebitda. Il s'inscrit à 3,8 au 30 juin 2012 contre 4,4 au 30 juin 2011. Objectif largement rempli pour Pernod alors qu'il ambitionnait d'avoir « un ratio proche de 3,9 » à la fin juin 2012. Les actionnaires du groupe ne sont pas pour autant oubliés. Le spécialiste des vins et spiriteux relève de 10% son coupon au titre de 2011-2012 pour le passer à 1,58 euro. Sur le terrain boursier maintenant, les opérateurs aiment Pernod Ricard. Et pas qu'à moitié. Ils apprécient la résistance du groupe face à un environnement économique des plus complexes. Et ce caractère défensif du dossier se ressent dans sa valorisation. Une résistance qui a un prix, Pernod Ricard se paie à savoir près de 3,6 fois son chiffre d'affaires estimé pour 2013 ou encore près de 17 fois son résultat net attendu pour l'exercice qui vient tout juste de démarrer. Avec la tempête qui avait sévi sur les marchés l'été dernier, le titre Pernod Ricard était retombé jusqu'à 56 euros en septembre dernier pour ensuite rebondir et reprendre plus de 58% depuis cet accident de parcours. Depuis la fin du mois de juin, l'action est parvenue à casser le seuil des 80 euros et tutoie désormais les 90 euros. Un beau parcours boursier d'un dossier qui fait honneur à son statut de valeur défensive.

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Commentaires
a écrit le 30/08/2012 à 16:32 :
Avec quelle légitimité ?
a écrit le 30/08/2012 à 16:18 :
Même dans l'apéro, il vaut mieux être bien né !

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