Mario Draghi dira-t-il jeudi des mots forts ou une action de la BCE ?

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Mario Draghi, président de la Banque centrale européenne
Mario Draghi, président de la Banque centrale européenne (Crédits : reuters.com)
eudi prochain, lors de sa réunion mensuelle de politique monétaire, la Banque centrale européenne rendra sa décision sur ses taux en début d'après-midi avant la conférence de presse toujours très attendue de son président Mario Draghi. Elle en profitera pour dévoiler ses nouvelles perspectives économiques.

"La réunion jeudi de la BCE est indéniablement l'événement marquant de la rentrée et on peut penser que les attentes sont beaucoup trop fortes". C'est ce que déclare Christopher Dembik, économiste chez Saxo Banque. La pression est en effet grande sur l'institution monétaire qui se trouve face à un risque déflationniste et une croissance économique à l'arrêt en zone euro. Jeudi prochain, lors de sa réunion mensuelle de politique monétaire, la Banque centrale européenne rendra sa décision sur ses taux en début d'après-midi avant la conférence de presse toujours très attendue de son président Mario Draghi. Elle en profitera pour dévoiler ses nouvelles perspectives économiques.

Zone euro en ébullition

Mais la Banque centrale européenne devrait opter pour des mots forts plutôt qu'une nouvelle action afin de tenter d'apaiser une zone euro en ébullition. La plupart des analystes n'attendent en effet aucune décision nouvelle de l'institution monétaire de Francfort, jeudi. "Il nous semble plus probable que la BCE retienne son geste et, comme souvent par le passé, tente d'influencer les attentes du marché avec un choix de mots plus directs", estime Michael Schubert, économiste de la banque allemande Commerzbank.

Après des propos très remarqués du chef de la BCE la semaine dernière, "cela sent le nouveau moment Draghi", renchérit Johannes Gareis, de Natixis, en référence aux quelques mots prononcés ("whatever it takes") par le banquier central en 2012 au plus fort de la crise des dettes souveraines, qui, de l'avis général, avaient sauvé l'euro.

A nouveau, la situation dans l'union monétaire est critique. Croissance atone, chômage élevé, inflation au plus bas, crises politiques et débats qui tournent en rond sur la politique économique sont les ingrédients du cocktail de cet été.

Soutenir de la croissance

Beaucoup considèrent qu'un nouveau pas en avant de la BCE n'est plus qu'une affaire de temps, après le discours de Mario Draghi la semaine passée aux Etats-Unis, qui a mis les marchés en ébullition. Celui-ci s'est publiquement inquiété d'un "déclin significatif" des anticipations d'inflation à moyen terme et dit "prêt à ajuster davantage" sa politique monétaire en utilisant "tous les moyens disponibles requis". Il a en outre appelé de ses voeux un ajustement des politiques budgétaires pour soutenir la croissance, avec une insistance nouvelle pour lui.

Ces propos, dont certains dépassaient le cadre du manuscrit de son discours, ont été vus comme annonciateurs de nouvelles interventions, par exemple un programme de rachats massifs d'actifs (Quantitative easing ou "QE") sur le modèle de la Réserve fédérale américaine. Jennifer McKeown, du cabinet Capital Economics, juge que le dernier obstacle à la mise en oeuvre d'un tel programme "est désormais levé". Pour les économistes de Commerzbank, sa probabilité est maintenant de 60%.

Abaissement du principal taux directeur à 0,15%

Mais selon Johannes Gareis, "la BCE devrait rester attentiste, au moins jusqu'à la fin de l'année, car elle veut évaluer la portée du paquet de mesures qu'elle a annoncé" au début de l'été. Parmi elles, l'abaissement du principal taux directeur à 0,15%, son plus bas niveau historique, et une enveloppe de 1.000 milliards d'euros de prêts ciblés et à très long terme (TLTRO), dont le premier sera accordé courant septembre, destinés à dynamiser le crédit.

Pour Gilles Moec, chef économiste chez Deutsche Bank, il pourrait toutefois "être assez dangereux pour la banque centrale" de ne pas agir ce mois-ci après avoir suscité de nouvelles attentes et sur fond d'activité économique au point mort.

"Je suis inquiet", a affirmé en fin de semaine à propos de la conjoncture européenne Ewald Nowotny, qui représente l'Autriche au conseil des gouverneurs de la BCE.

Au deuxième trimestre, la croissance a stagné dans la région, en raison notamment d'un passage à vide de l'Allemagne, tandis que l'inflation est encore descendue en août, à 0,3% sur un an, concrétisant les craintes de déflation - une baisse des prix généralisée à même de plomber encore plus l'économie.

Prévisions de croissance revues à la baisse?

Et les derniers indicateurs publiés pour le début du troisième trimestre n'annoncent aucun redémarrage à court terme, sur fond de vives crises géopolitiques, et notamment d'un conflit qui s'exacerbe en Ukraine. Ewald Nowotny a laissé entendre que les prévisions de croissance pour la zone euro de la BCE, qui seront actualisées jeudi comme tous les trimestres avec celles d'inflation, pourraient être revues en baisse.

Le soutien de la BCE est d'autant plus important pour les marchés qu'ils vont devoir apprendre à se passer progressivement de l'aide de la Réserve fédérale américaine (Fed).

Cette dernière va mettre un terme à son programme de rachat d'actifs en octobre, avant de réfléchir à une remontée de ses taux, qui marquerait un resserrement de sa politique monétaire si favorable aux marchés, une échéance prévue mi-2015 en cas d'amélioration notable de l'économie.

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Commentaires
a écrit le 01/09/2014 à 15:21 :
Il n'est pas permis de rêver. Draghi est magicien du verbe et la sur-interprétation de certains bute au mur des actes. Angela et Wolfgang lui ont remonté les bretelles et ils ont verrouillé les instances de Bruxelles.
a écrit le 31/08/2014 à 19:11 :
Il faut soit dévaluer l'Euro de 20% pou redonner de la compétitivité à nos entreprise. Rappel: au lancement de l'euro c'était 1 dollar pour euro .
Soit on revient au Franc!
Réponse de le 01/09/2014 à 15:23 :
Cela fait 1/3 de dévaluation du dollar en une dizaine d'années.
a écrit le 31/08/2014 à 14:58 :
Nous serons bien déçu car le principe de "mondialisation" mène l'idéologie en cours et tout tourne autour de
Réponse de le 31/08/2014 à 22:06 :
de..... TINA sans doute!?
a écrit le 31/08/2014 à 14:25 :
l europe doit instaurez une vrais democratie parlementaire par le vote a la majorite?, relance les grand travaux europeens,? relance l augmentation des revenues des menages? augmente la tva des produits exporte,? baisse l euros fort,? QUITER L OTANT POUR REDENIR INDEPANDENT DE LA PRETION AMERICAINE?/// JE VOIE BIEN L EUROPE LIBRE NEUTRE ET INDEPANDANTE/// COMME LA SUISSE???

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