Chercheurs et entreprises (AXA, Maif, BMW, Blablacar, La Poste...) se sont regroupés pour créer une Alliance de plus de 60 membres. L'objectif : réduire les émissions carbone de la route, indispensable pour atteindre la neutralité carbone en 2050. Les premières annonces concrètes devraient venir d'ici la fin du printemps. Mais les fondateurs regrettent les coupes budgétaires de Bercy qui pourraient freiner les projets.Du pragmatisme, pas de l'idéologie. C'est ce qu'a répété François Gemenne, chercheur, membre du Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC) et à la tête d'une
méga Alliance pour décarboner la route. À ses côtés,
l'économiste Patrice Geoffron et Géraud Guibert, président du centre de réflexion la Fabrique écologique étaient réunis à l'Academie du Climat pour la première conférence de presse, après l'annonce de la création de cette Alliance en décembre dernier.
L'objectif de ce consortium :
« baisser les émissions de gaz à effet de serre (GES) de la route, ce sera notre seul marqueur d'échec ou de réussite », a introduit François Gemenne. Pour rappel, les transports représentent à eux seuls un tiers des émissions de GES de la France dont 95% concerne le transport routier. C'est aussi le seul secteur à n'avoir pas réduit ses émissions ces dernières années.
« Si nous ne prenons pas le taureau par les cornes, jamais nous ne pourrons atteindre les objectifs de l'accord de Paris », a averti le chercheur.
Des discussions« pas uniquement centrés sur les SUV »
Cette Alliance aura 4 axes prioritaires en 2024 : une transition juste et acceptable, la décarbonation de la logistique, l'adaptation aux besoins spécifiques des territoires ruraux ainsi que la résilience aux événements climatiques extrêmes.
« Elle aura comme rôle de traiter les questions biaisées écologiquement afin d'éclairer le débat public et de mettre en œuvre de nouvelles initiatives dans certaines villes », a précisé François Gemenne, ajoutant, avec un léger sourire, que « les discussions ne tourneront pas qu'autour de la réduction des SUV ou de la vitesse dans les villes ». Ce groupement fera ainsi le relais des études et travaux menés par les associations et cabinets d'études sur la mobilité auprès des politiques.